‹ Essai de phonétique avec son application à l'étude des idiomes AfricainsChapitre 31 sur 56 · Redoublement ^'K · texte numérisé non relu

Redoublement ^'K

I. — Le redoublement peut se produire naturellement par exagération de Tefiort, qui prolonge une consonne intervocalique au point de la scinder par un temps de pose. Le besoin d'insister sur la syllabe principale du mot, et la tendance à Temphase sont la cause la plus ordinaire du phénomène :

swahili basi et bassi « assez » ;

espagnol peseta, devenu en arabe oranais bessJt.

"La. consonne intervocalique se composant de trois temps^ arrivée, tenue, détente, on comprend que la prolongation de rintervalle entre l'arrivée et la détente rende le premier et le troisième temps assez indépendants, pour que le premier se renforce et obtienne la valeur d'une consonne impîosive, tandis que le troisième prend le caractère d'une consonne explosive^ Si de aha où le b est à la fois implosif et explosif, nous faisons abba, nous obtenons un groupe bb qui a cela de commun avec

(i) V. Ronsselot, Les Modifie, phonèt, du lang.<, 84- 86. — Rosapelly, Mém, de la Soc, de linguistique^ t. x. — P. Passy, Ckangem. phonét,,. 73-73, n^ 164 ; loi, n« aaS. — V. Henry, Gr, c, de Cangl, et de ValUm,y 71, II, a, — A. Darmesteter, Gr, hisf., du fr., 107, n» 66.

le groupe st de ista par exemple, que la première consonne de Tun et Tautre groupe est implosive, tandis que la seconde est explosive.

II. — Mais la cause la plus ordinaire du redoublement est la rencontre, soit entre les deux membres d'un mot composé ou d'un groupe syntactique, soit entre deux syllabes accidentellement rapprochées par la chute d'un ou de plusieurs phonèmes, soit même entre deux syllabes primitivement contiguës :

I* tantôt de deux consonnes absolument semblables : lat. ad'duco « j'amène >;

3* tantôt de deux consonnes distinctes, mais ayant fini par s'assimiler complètement :

a) Les deux consonnes sont-elles articulées dans la même région, deux labiales, deux dentales, etc., dont Tune est sourde et Tautre est sonore, le bruit implosif de la première étant moins entendu que le bruit explosif de la seconde, la parenté des deux consonnes est cause qu'on ne distingue pas assez la première, et qu'on a tôt fait de la confondre avec la seconde. C'est ainsi que le lat. ad-irahere a donné le portugais at-trahir,

b) Les deux consonnes appartiennent-elles à deux ordres différents ou à deux classes distinctes^ l'une étant dentale et l'autre palatale, ou Tune étant nasale et l'autre vibrante, une évolution semblable à celle du cas précédent est encore ici possible. La première consonne, moins bien perçue que la seconde, devient de moins en moins nette, perdant peu à peu tous les caractères qui la distinguaient de la seconde, jusqu'à ce qu'enfin elle lui ait été complètement assimilée. C'est ainsi que le lat. primitif in-liiteraîis est devenu il-liiteralis, fr. illeiiré. De Henri le breton a fait Herry, l'angl. Harry.

Le ganda dit bbiîi deux, ssaiu trois, itano cinq^ pour fnbili, nsaiUf niano.

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