Epenthèse, prosthèse, pangage
Vépcnthese t ixiiAnsn^^ intercalation est l'insertioa d*un ^n parasite, Tojelle ou consonne» à l'inténear d'une s\'llab? :
fr. tendre dn lat. iemernm ;
swahili siiima deTangl. steamer (stîmccr) € vapeur ».
Si ooe addition semblable se fait au commencement d*nn mot, elle est appelée prosthêse (::pÔ9089iç, apposition^ :
îr. défectneux escandale pour scandale.
Si elle apparaît à la fin d*an mot, elle prend le nom de paragoge (rapaYi«Y7l, allongement} :
swahili Mikaili de Tar. Mikail^ Michel ».
Ces trois catégories de sons, dits euphoniques ^ reconnaissent les mêmes causes. Nous les étudierons donc en même temps, en consacrant un premier article aux voyelles et un second aux consonnes.
§ 1. — Parasitisme de voyelle.
Le cas le plus général et le plus commun est celui de rinsertion d'une voyelle, tantôt pour séparer deux con-
sonnes (i), tantôt, comme dans les idiomes qui veulent tous leurs mots terminés par une voyelle, après une consonne finale (3), tantôt encore devant une consonne initiale.
La voyelle employée pour cet usage est généralement la voyelle neutre^ ou Tune des voyelles neutres de la langue intéressée. Toutefois^ la tendance soit à Tassimilation, soit à la dissimilation, peut aussi introduire une voyelle tout autre :
swahili asikari de Tar. ashar c soldat »;
angL handicraft c métier > pour hani-crafi ;
lat. singulariSy poctilumy frigiduSy humérus^ pour stnglaris^ poc-lum, frig'dus^ hum-rus ;
fr. esprit du lat. spiritum,
§ 2. — Parasitisme de consonne.
1° Il y a un premier cas, qui fait remplir à la consonne le même rôle qu'à la voyelle de liaison, c'est Tinsertion d'une consonne parasite, soit entre deux voyelles ou devant une voyelle initiale pour combler ou éviter un hiatus, soit pour servir de transition entre une voyelle et une consonne, une consonne et une voyelle, soit pour servir d'appui à une consonne finale, plus rarement pour appuyer une consonne initiale.
a) Entre deux voyelles, ou devant une voyelle initiale, rien de plus fréquent que l'intrusion d'une semi-voyelle y, w^ iv (3), de l'aspirée hy d'une liquide / ou r, d'une nasale n ou m, d'une explosive^, d'une spirante u, s ;
swahili kii-alça ou ku-waiça € laisser 7> ;
» â'mbe « mangue » à Zanzibar = yëmbe à Amou ;
(i) Ce genre d'épenthèse est appelé parfois anaptyxe^ et la voyelle insérée est dite voyelle anaptytique ou voyelle de liaison.
(2) Par exemple dans les mots d'introduction étrangère.
(3) On a appelé préiotation (gr. iota) l'insertion d'un^ initial.
swahili huyu « celui-ci », pour uu ;
» ku-^nda ou kw-ênJa ou ku-nênda « aller » =
kU'gënda du zigua ; » fûngua OMfûngula < ouvre » ; » i»kiAo(7 ou makoho ou makolo c expectoration »; xosa nasetulwini ^ et au ciel »^ pour n^ ezulwini ; mpongwé o-iônda c tu aimes >, et om-aiônda € tu aimas » : (7- « tu > devant une consonne, devenant om- devant une voyelle ; fr. vas-y, donnes-en ; fr. du xn* siècle pouoir —^ fr. du xv« siècle pouvoir.
Il y a une observation à faire au sujet du^. On ne peut toujours être certain que cette consonne se soit développée immédiatement, attendu que le w produit facilement devant lui un g qui, par la suite, arrive parfois à supplanter sa génératrice, comme dans le fr. guerre du germanique werra, V. Labialisation. — Nous avons vu aussi que certaines consonnes suivies de y peuvent aboutir finalement à ^, V. Pàlatalisation.
En présence de certains cas de prosthèse consonnantique évidemment dus à Tanalogie, comme va[$)-y^ donne{5)-en sur le modèle de crois-y, finis-en ^ on est en droit de se demander s'il ne faut pas soupçonner cette même cause dans la production d'autres prosthèses attribuées jusqulci à rhypothèse trop facile de la simple euphonie.
b) Entre une voyelle et une consonne le plus souvent sonore, explosive ou continue, c'est la nasale ;i ou m (i), ou la vibrante r ou /, ou la dentale d ou /, qui s'interpose pour faire la transition.
Rien de plus fréquent, dans les radicaux du groupe bantou, que l'insertion d'une nasale, surtout après i, ou e (pour /). Tantôt ce sont deux doublets, qui nous montrent
(i) m devant uns labiale, n devant une dentale ou une palatale.
jusqu*à révidence la facilité avec laquelle on nasalise ainsi une consonne :
swahili ézt ou ënzi€ puissance »;
zigua kukata et kuhsânta « couper > ; € mbwakoko et mbwa-k^ônko « chien sauvage » ; à rapprocher des exemples du même procédé en gr : TuiCTco c je frappe », Tii[i.itavov « tambour ».
Tantôt et plus souvent encore c'est Texemple d*un radical commun à plusieurs langues, paraissant ici avec une consonne simple, ailleurs avec la même consonne nasalisée, comme le mot c personne » mufu dans certains idiomes, muntu dans d'autres, pluriel baiu chez les uns, bàntu chez les autres.
Avec la vibrante, nous trouvons Tallem. horporal en face du fr. caporal.
Entre une consonne explosive ou continue et une voyelle, on intercale quelquefois une vibrante / ou r, plus rarement la dentale J ou / :
gandaAfi/ru^ntf «sortir» ^kufuma des langues voisines;
fr. perdrix du lat. perdicem ;
» chanvre » cannahem ;
» enclume » incudinem;
esp. esirella du lat, sfel/a; » hum il de » humilem ;
angl. chroniclc de chronique ;
gr. iCTÔXe[jLo;, tutô/.iç, doublets de T:6A6[i.oç, zoXtç « ville ».
Les dialectes du zulu^ du tchwana et du ronga, se distinguent de la plupart des idiomes de la famille bantoue, par l'insertion d'une / en certains cas après / ou d. Les groupes //, dly ont ensuite atteint dans plusieurs cas une étape plus avancée çl^ que les grammairiens locaux écrivent hl.
bila, dial. du ronga, kudla « manger » = kuda du ronga, {kudya en séna, sagara, nyika, zigua, etc.);
tchwana, dial. thlaping, goi^lahuna « mâcher » = kuiafuna du swahili ; i^lano « cinq > = hlano (çlano) du zulu = ianu du swahili ; leit^lo c œil > = ilehlo [ileçlo) du tébélé = dyito du swahili du nord [dyiiça dans les dialectes du sud) ;
suto, thlaping et ronga tîala « faim > = ind<lala du zulu = ndala du makondé = fi^aa du swahili du nord [ndjaa dans le swahili du sud) ;
f j A la finale, après une consonne nasale, on ajoute parfois l'explosive sonore de même ordre, b après m^ d après n :
angl. Sound cson >, lat. sonum ; » thumb € pouce », lat. ium~ere « être enflé », sanscrit ium-ra c gros, fort >.
J^ Il ne semble pas que Ton soit très porté à introduire une consonne prosthétique devant la consonne initiale d'un mot.
Ce qu'on peut observer en ce genre, c'est plutôt la nasalisation de la première consonne d'une racine, cas fréquent dans les langues à préfixation :
swahili godya et son doublet ngodya c attends ».
Un cas analogue est celui de l'insertion du premier élément d'une mi-occlusive devant les consonnes $, ^,ç^j\ ce qui donne is, dz, iç, dj\
En dehors de là, l'analogie et le défaut d'audition peuvent encore, dans les langues qui afiectionnent tel ou tel groupe consonnantique, ajouter à l'initiale d'un radical telle articulation constituant le premier élément d'un groupe familier :
A rapprocher le tchwana, dial. thlaping, lîadi ^ éclair avec tonnerre » formé, sur le modèle de mots comme tlou « éléphant », de l'ar. r'ad « foudre » introduit sous la forme radi en swahili et dans plusieurs autres langues.
ao Le second cas est encore très général dans l'histoire
\ — aij —
I des langues. C'est l'insertion d'une consonne de liaison au
' milieu d'un groupe de consonnes, communément b dans
mr^ ml; p dans mi^ ms; d, dans nj^ nr, nl^ nz, If, zr; t dans sr^ ns, nç; s dans bh, ii :
fr. cendre du lat. cinerem ► cinrem;
» gendre du lat. generum — •- genrum ;
> moîdre — -#> moudre du lat. mol ère ^ moire;
» je viendrai futur de venir ;
> chambre àxi lat. caméra ^camra ;
» combler du lat. cumulare *- cumlare;
» ^5/r^ ► efre du lat. essere ^--^ esre Cpour ^S5^yl(i);
lat. sumé' « je prends », sumpsi « j'ai pris », sumpius
« pris » ; » /^n/(7 et son doublet tempio c je tente » ; » ab devient abs devant les mots commençant par k : absque « sans », abscondo « je cache », absiineo « je m'abstiens » (2) ; angl. stream « ruisseau » de Tipdo-europ. srow-nos
» courant » (3) ; swahili, dial. gunya et d'Amou, n^rimi « langues» (pour nrimi = nlimi) du sing. u-limi^ a donné ndimi dans les dialectes du sud ; nama n^rafu « viande faisandée », n^rafu (pour nrafu = nlafu) de ku-lala « reposer » (4) ; suto uanisiea c tu m'abandonnes » (pour U'a-n-siea), du V. go-siea « abandonner » ; uaniçapa « tu me frappes » (pour u-a-n-çapa)^ du \,go-çapa « frapper »; oantoma
(i) A, Darmesteter^ Gr. A«/. du fr.^ iio-iii. (1) M. Bréal et A. BaiUy, Dict. étym. lat., i,
(3) V. Henry. Gr. c. de Vangl. êideValUm,, 117, i*.
(4) Ce qui prouve encore l'origine épenthëtique du</ en swahili, c'est que les lettrés des dialectes du nord (gunya et Amou) l'omettent dans leurs transcriptions : ils écrivent et croient prononcer nrimi, nrafuy et font entendre sans en avoir conscience la prononciation n^rimi, n^rafuy pendant que leurs collègues du sud orthografient déjà avec d ces mêmes mots et tous les semblables, ndimi^ ndafu.
€ il me mord » (pour o-a-n-loma) du v. go-loma;
uani^ata < tu me veux » (pour u-a-n-raid) du v.
go-rëia ;
zulu inisuku (pour in-sukn), pluriel de u-suku « jour »;
bangi ntsdnga c barbe » (pour n-sànga), pluriel de lo-
sdnga ; malgache an-isaha « à la campagne », pour an -saha
[an pour ani); » mandrê « entendre », pour manre ; » manJ{âk* c mesurer par empau », pour
On voit par les exemples cire, ndimi, ndafu, o-anioma, uani<aiay que la consonne adventice peut se maintenir après la chute de Tune ou l'autre de ses génératrices. Dans ^trey à défaut de monuments écrits, rallongement compensatoire de la voyelle initiale c attesterait encore la présence ancienne de la consonne aujourd'hui effacée.
Il n^ * rien de plus commun dans les langues bantoues, que rinsertion de la dentale / ou ^ dans les groupes de n ~4- consonne. Remarque intéressante à faire, c*est que parfois Vn elle-même est déjà parasite, appelée par la voyelle d'un affixe. De toutes les voyelles, c'est Vt qui a au plus haut degré cette force attractive pour fi : V. plus loin. Rem. III, les exemples tirés du nyandjya et du nyungwé. Ve exerce souvent la même action, surtout lorsqu'il est substitué à un i en qualité d'affixe.
Aux épen thèses interconsonnantiques étudiées icî^ il faut encore ajouter celles qui se produisent au cours de l'évolution des consonnes labialisées (V. p. 136-138) et palatalisées (V^. p. 143-148).
Remarque I. — La production de la plupart des consonnes épenthétiques trouve son explication très simple dans ce fait, que les organes, pour passer de la position de la première consonne à celle de la seconde, prennent
— aij —
la position intermédiaire qui est celle du son parasite. Pour peu que ce mouvement transitoire se prolonge, la consonne épenthétique devient indépendante.
REMARauE 11. — Il peut arriver qu'une consonne parasite prenne la place d'une consonne tombée. Le cas est surtout fréquent entre deux voyelles, et il n'est pas rare devant une voyelle initiale. Ce serait s'abuser singulièrement et faire fausse route que d*attribuer au développement de la consonne qui a précédé la genèse de cette nouvelle consonne^ qui va évoluer ou qui a déjà évolué pour son propre compte. En français, par exemple, il ne faudrait pas prendre le v moderne des mots pouvoir, parvis, comme issu du d des formes gallo-romanes /(7^^/>, paredis (lat. paradisum\ oubliant les intermédiaires pou-oir, pare-is du v« siècle.
REMARauE III. — Un autre cas qui peut aussi donner lieu à bien des méprises, c'est celui d'une consonne épen« thétique, qui survit à la chute de l'une ou Tautre des deux consonnes entre lesquelles elle a pris naissance, comme le d des exemples précités ndimi, ndafu, pour nrimi^ nrafu. De semblables substitutions sont très fréquentes dans les langues bantoues, où nd remonte très souvent à
w;ç, à nr ou ni > nr par l'intermédiaire w'f, n^r (i),
etc., etc.
Voici un spécimen de Tune des difficultés que peut sus«* citer ce genre de phénomène. Dans quelques langues ban<toues, on rencontre des noms à radical commençant par une des consonnes 5 ou ^ précédée au singulier de la den« taie épenthétique, / devant 5, d devant i, et cela sans
(i) A rapprocher de faits en apparence identiques dus à la labiali^ sation ou à la palatalisation d^une consonne, avec apparition d^un b ou d^an^ dans le premier cas, d^un d ou d^un /dans le second, par exemple mb pour mw par ^intermédiaire mbw^ nd pour ny par IMntermédiaire ndy^ etc. V» p. 136, 14a.
aucune apparence d*une n antécédente, ces mots faisant partie d'une classe qui a presque généralement perda dans ces mêmes idiomes le préfixe du singulier conservé ailleurs sous Tune des formes, /'-, //-, r/-, Ji-, dyi-^ dit- : nyandjya tsaj^a c joue », pi. ma-saya ;
> isiku € jour », pi. masiku ;
» isukuj pi. masukuy c fruit de Tarbre » m-suku ;
» tsâmba c feuille », pi. ma-sàmba ;
» d^ira c œuf », pi. ma-^ira ;
nyungwé (tète) d^ai^ œuf», pi. ma-^ai ;
» tsimbe c charbon », pi. ma-simbe.
Ce qui frappe dans les exemples précités, c'est la non apparition de la consonne parasite après le préfixe ma. Pourquoi cela? La présence de Vi dans Tancien préfixe singulier des mots précédents et sa grande affinité pour T/f, qu'il développe si facilement à côté de lui, nous autorise à faire les reconstitutions i-nsaya^ i-nsikuy ùnsuku^ insamba, i'fiiira^ i-n{ai, i-nsimbe. Si maintenant nous nous reportons à ce qui a été dit ci-dessus, a» p. 213, du développement fréquent d'une dentale épenthétique au milieu du groupe de /{ -h consonne, nous concevons facilement une seconde étape i-nisaya^ i-ntsiku, i-nisuku, i-ntsâmba, t-nJ^ira^ i-nd^ai, i-nisimba^ puis une troisième isaya^ isiku, tsukut isâmba, d{ira^ d^ai, tsimba, par la chute de la nasale qui a pu tomber en même temps que le préfixe ou après lui. — Au pluriel, le préfixe /'- est remplacé par le préfixe ma'f qui ne donne pas à la nasale n l'occasion de se développer avec sa dentale d'appui. Rien d'étonnant donc que la dentale épenthétique / ou </ ne figure pas dans les dialectes, qui ont conservé la conscience de la cause qui Ta fait naître : de là, dans ces dialectes, les pluriels ma-saya^ ma-siku, etc., mentionnés plus haut. Mais par contre cette même dentale / ou </ a pu être conservée par les dialectes qui ont perdu cette notion, et qui ont traité^ comme lettre radicale le /ou le (i ajouté à leur insu : de là
les pluriels ma-tsaya, ma-tsthuy etc., que nous rencontrons effectivement en plusieurs endroits.
La facilité avec laquelle n épenthétique tombe, dans les langues bantoues, après avoir produit une nouvelle épenthèse devant elle, s'explique par ce fait qui a été signalé à propos de la Nasalisation des consonnes, p. 79-76, à savoir que la nasale devant consonne tend à s*abréger de plus en plus, au point de perdre son indépendance et de se fondre dans le groupe primitif avec le second élément, qui devient consonne nasalisée, nd^ ni passant respectivement à ""*/, "'/. A ce moment, une oreille inexpérimentée a déjà de la peine à entendre n -\- d^ om n -\- L\\ suffit d'un degré de plus pour qu'il ne reste plus rien de la nasale. L'épenthèse du i ou du /, que sa présence a causée, persiste néanmoins pour attester qu'elle-même était présente à une époque antérieure.
Remarque IV. -— D'une manière générale on peut dire que, partout où un affîxe avec la voyelle / (ou son remplaçant e) a été présent dans une langue bantoue, on peut s'attendre à quelque changement phonétique dû à une n parasite, qu'un tel affixe tendait à développer entre lui et la consonne avec laquelle il était en contact.
Le mpongwé nous présente des exemples variés de ce phénomène dans ses infinitifs, où nous voyons toutes les consonnes initiales, sauf m et w, altérées du fait d'un ancien préfixe / dont on ne retrouve plus la présence que dans certains archaïsmes (1), mais qui a été mieux conservé
(i) Le préfixe /- n^a été intégralement préservé que dans un cas, à savoir devant Pinfinitif employé substantivement, pour lequel il remplit Toffice de préfixe nominal : i-dyônga « le boire >, i-noka « le mentir >. II a aussi laissé sa trace dans plusieurs contractions. V. p. 220. — Du fait de l'action tantôt perturbatrice^ tantôt conservatrice du préfixe de rinfinitif sur la consonne initiale du verbe, celui-ci se présente en mpongwé sous deux formes, dont Tune apparaît à l'infinitif et Tautre à l'impératif, à la deuxième personne du singulier, dont aucun préfixe n'a altéré la première radicale.
— ai^ —
dans les langues voisines, kombe (/), banoko (i), fan {e ou œ^ selon les dialectes). On trouvera ci-après plusieurs de ces exemples.
Les phénomènes divers, que la nasale n (ou m pour n devant labiale) est capable de produire, quelle que soit son origine, se trouvant consignés sous des titres différents au cours de cet ouvrage, il y a avantage à en faire ici une récapitulation sommaire avec renvois :
1® Assimilation variée de la consonne à la nasale» V. p. 196.
yao ànganile (pour a-n-kanile)^ il m'a refusé, du verbe kU'kana nier.
3° Chute imminente et souvent réelle de la consonne^ lorsque l'n arrive à développer devant celle-ci une consonne épenthétique prête à prendre sa place. V. p. 214-21^. Le yao, dans un même verbe ku-wona « voir :^, nous montre la menace de substitjtion d'un b 2lxl w dans amhweni « il m'a vu » (pour a-n-weni), substitution qui s'est ensuite réalisée dans un second cas kumbona « me voir » (pour ku-n-wona, par les intermédiaires
ku-m-wona ► ku-m-bwona),
mpongwé baga « apporter :» (pour i-itaga ^ i-nwaga
i-tnwaga ► i-mhwaga], en opposition avec les
formes en w du même verbe, impératif waga « apporte », passé awagi; dena « pleurer » (pour i-lena
»• i-nlena p-i-ndlena), à côté de lena « pleure »,
passé aient ; dyàndya « travailler » (pour i-yàndya > i'ïiyànâya — ^ i-ndyàndya], en regard de l'impératif ^i^wi^tf et du passé ayàndyi, 30 Fusion intime de la nasale avec sa consonne d'appui qui devient nasalisée, ng ^-^ ^g, V. p. ^y^6,
40 Préservation de la consonne initiale du radical, avec ou sans la chute de la nasale antécédente. V. p. 127.
mpongwé toma « envoyer » (pour i^ioma — •• i-ntomayj en opposition avec les formes altérées en r de Vimpé*
ratif roma « envoie » et des autres temps personnels non formés avec Tinfinitif.
luba de Touest m-pite [m pour n « je ») « que je passe », de ku'fita « passer » que le luba de Test à conservé sous la forme archaïque ku-pîia des langues orientales^ swahili, yao^ sena, etc.
^o Aspiration de la consonne initiale du radical, souvent avec évanouissement de la nasale. V. p. 131. xosa ink^omOs vache ; nmp^ efnmlo , souffle, âme; nyanéka m-p^opile protège-moi, de ku-popila protéger ; » n-i^ume envoie-moi, de o ku-iuma envoyer ; » n-k^ohe lave-moi, de o ku-koha laver.
6** Assourdissement de la sonore en contact avec la nasale médio-sourde, qui tombe le plus souvent. V. p. 194. mpongwé suma « descendre » pour i-iuma^-^'^ i-n^uma), impératif ;{Mi9fj, passé a^umi; çava « maudire » (pour i-java — > i-njava)^ impératif j'ava^ passé ajavi ; kâmba « parler » (pour i-gâmba #• i-ngàmba)^ impératif gamba, passé agâmbi ; fala « quitter » (pour i'Vala — #► i-nvala)^ impératif vala^ passé avali ; makua inope bœuf (pour tnômbe).
L'évolution du v Ta parfois conduit jusqu'à l'explosive sourde p, sans doute après un intermédiaire/ :
mpongwé pânga « faire » (pour i-vàinga — ► t'nvânga)^
en regard de l'impératif vànga, du passé avângi, 7^ Métathèse de nasalisation, se manifestant par l'application à la consonne d'une syllabe antécédente de l'un des phénomènes mentionnés ci-dessus. V.plus loin p. 293»