REMARQUE GÉNÉRALE
Après avoir dit ce qu'est une lettre euphonique, exposé son origine, ses causes, son mode de formation, il est bon 4e signaler celle qui ne Test pas, pour que l'on ne soit pas
«xposé à faire une confusion regrettable, en imputant à Teuphonie tout son, dont on ne trouve pas à première vue la raison syntactique.
Une lettre euphonique, qu'elle soit prosthétique, épenthétique ou paragogique, se produit toujours dans les cas semblables et de la même manière : première vérification à faire.
Si on n'a pu relever que quelques cas, il y a lieu de se demander s'ils ne peuvent être mis sur le compte de l'analogie. Mais une affirmation en ce sens ne serait légitime, qu'autant qu'on aurait découvert et signalé le point de départ de l'analogie, c'est-à-dire le mot-type sur lequel ont été modelés les autres. En français, nous formons certains noms au moyen du suffixe -ter, caissier^ cuisinier, écolier : où chercher l'origine du i intercalaire de cafetier, ferblantier, sortis respectivement de café, fer-blanc, mots qui n'ont pas àtt? Sommes-nous en présence d'un t euphonique? Non, car cafetier et ferblantier ont été formés analogiquement sur le modèle de portier (porte), laitier (lait), et autres mots qui ont un / à la fin du radical primitif. C'est encore à l'analogie que l'on doit rapporter l's intercalaire des verbes de la première conjugaison, donne-s-en^ va^s-y, etc., imitée de Ys désinentielle des verbes des trois autres conjugaisons, finis-en, viens-y, crois-y, mets-en, etc.
Un autre fait qui pourrait encore en imposer pour une lettre euphonique, c'est celui de la persistance, dans certains cas, d'une particule affixe (désinence, préfixe ou infixe), tombée si souvent partout ailleurs, qu'on est exposé à perdre de vue sa raison d'être. En mponwé par exemple, au lieu d'invoquer l'euphonie pour expliquer le changement en e de 1'^ final d'une préposition ou d'un verbe ayant pour complément immédiat un verbe à l'infinitif, on reconnaîtra la contraction avec a final d'un ancien préfixe I- pétrifié dans ce cas particulier : de là mi beVê-
— aai
"kënda^ je veux aller, est pour mi bêla i-kênda, V. encore p. 217, rem. IV.