ACTIF PASSIF
memeka porter à dos, menekwa (pour memekiwa) ;
çiimayela parler, çunayelwa (p. çtimayeîlwa);
bop^ela lier pour, .boiçelwa (p. bopeliwa) ;
iabaia prendre, tatyaiwa (p. ta bat iwa) ;
bubisa détruire, budjiswa (p. bubisiwa) ;
kiimbnla remémorer, kundjulwj (p. kumbnh'wa) ; hlabelela ch^Lnier, hl=.çi hîa1yelelwa[^.hîabeîeliwa)[2).
(i) J. Darmesteter, Gr. hist. du fr.^ 102, 4".
(3) Dans le tableau ci-dessus la disposition typographique a obligé d*omettre devant chaque infinitif le préfixe »^m-, l'équival.nt du io anglais devant les verbes [io let^ to care).
Voici maintenant un exemple non moins remarquable de métathèse de nasalisation. Nous avons vu que dans les langues bantoues, p. 214, la voyelle / d'un affixe a la plus grande tendance à développer une n entre elle et la consonne avec laquelle elle entre en contact, ou tout au moins à nasaliser cette consonne. Or, il est des cas où cette influence d'un suffixe -/ se reporte devant la consonne précédente, lorsque cette consonne est une /. Mais, comme dans ces langues le groupe m/ est peu stable, évoluant rapidement à n^l — ♦ nd — ^ d, c'est ce dernier terme d que nous constatons au lieu et place de /.
Dans le bas-kongo, dial. de San-Salvador, sala « travailler », au lieu d'avoir régulièrement pour formes dérivées sal'iîa et sal-isa^ nous oiîre à la place sad-ila « travailler pour », sad'isa « faire travailler ». C'est toujours par suite du même phénomène que ce même verbe fait au parfait nsadidi « j'si travaillé », au lieu de n-sal-ili, avec deux 1 réagissant chacun sur une / antécédente. L'analogie ayant ensuite généralisé ce suffixe -/% d'autres verbes, qui devraient avoir leur parfait en -;7/, mais qui n'ont pas / comme dernière radicale, nous présentent encore la substitution de -idi à -//i ; nsumhidi « j'ai acheté », de sumb-a « acheter ». Par contre le suffixe -ehy que certains verbes prennent au parfait, conserve son intégrité, la voyelle e ne produisant pas dans ce dialecte le même effet que 1'/ ; niôndele « j'ai aimé », de fonda « aimer ».
Mais ailleurs, en ganda par exemple, la voyelle e exerce la même influence que la voyelle / dans d'autres langues :
ku'îyâ manger, a-lidde (pour alile) il vient de
manger ;
ku'tida s'asseoir, a-tudJe (pour aUiîc) il est assis;
ku-sëmbera s'approcher, a-sëmbedde (pour asëmbeh) il
s'est approché;
— aa5 —
ku'Sa moudre, a-sedd& (pour asele) il est à
moudre ; ku'tya craindre, a-iidde (pour aiile) il craint.
Dans plusieurs langues le d introduit à la place de / est passé à /. Le fait est exceptionnel en yao, où la plupart des verbes font encore leur passé en -ile; il est presque général en subiya^ où -ite est devenu la désinence régulière du passé, pendant que la forme plus archaïque en -ile ou -ele est considérée comme une exception :
yao a-lolife il a regarde (pour a-lolilé) de ku-lola; » a-lelite il a nourri (pour a-lelile) de ku-lela ; » a-kwâte il a possédé (pour a-koete) de ku-kola ; » a-wete il s'est habillé (pour a-wele) de ku-wala ; subiya u-ikeie il s'est assis (pour u-ikele) de ku-ikala ; » U'byadiU il a semé (pour u-hyalile) de ku-byala ; » U'iaiite elle a enfanté (pour u-j^al/ie) de ku-j^ala ; subiya u^maniie il a regardé, de ku-mana ;
» u-êfndiie il est allé, de kw-ënda.
Dans la deuxième et la troisième forme du subiya, nbyadite, u\adiie, on remarquera la substitution d'un d à la première /^ d'un / à la seconde.
3° Une métathèse plus compliquée et moins commune consiste dans l'échange de deux sons passant par-dessus un ou plusieurs autres (i) :
svsrahili, dial. d'Amou, ekelèa tiens-toi en face, pour elekèa forme plus archaïque conservée par les dialectes du sud et composée des mots m-hele kaa € devant se tenir ».
swahili de Zanzibar mrauaha menthe = mnaraha à Pemba, de Tar. n'an'â ;
(i) Â côté des métathèses on pourrait citer certains procédés d'argot, qui consistent à transposer la dernière syllabe avec la première :
swahili kapa^ màngOy ngumawi^ pour paki « chat », ngoma « tambour», mawîngu < nuages >.
swahili mçakiki et son doublet mçikaki brochette de viande rôtie ;
fr. éUncellSy du lat. scintilla.
Les deux sons, en changeant de place, échangent aussi parfois quelqu'une de leurs qualités, notamment la palatalisation et Taspiration. L*abbé Rousselot cite, dans le patois de Cellefrouin, Talternance alœna et anœla « agne- 1er ».