‹ Essai de phonétique dynamique ou historique comparéeChapitre 31 sur 49 · SECTION SEPTIÈME · texte numérisé non relu

SECTION SEPTIÈME

Action de la quantité sur l'accent.

Cette action est très importante.

Nous avons dit qu'en thèse Taccent devait reculer le plus possible, toutes les fois qu'une perturbation ne venait pas entraver cette règle.

Or, c'est la quantité qui exerce l'action perturbatrice, surtout dans deux langues : le Grec et le Latin, principalement dans cette dernière.

En Grec sous l'influence de la quantité laccent se limite aux trois dernières syllabes du mot ; et si la dernière syllabe est longue, aux deux dernières syllabes ; on n'y peut avoir que des oxytons, des paroxytons et des proparoxytons ; quand la dernière syllabe est longue, l'accent du proparoxyton se déplace et vient sur la pénultième.

Ce cantonnement de V accent a eu lieu sous Yinf/uence croissante de la quantité ; autrefois l'accent en était indépendant, et pouvait reculer au-delà de la troisième syllabe ; TriTrero) a précédé TTiTiTM ; ai>î0e(7ta a précédé : a?.)î08t«.

En Latin l'influence de la quantité est bien plus grande ; elle détermine absolument l'accent , tout le monde connaît cette règle que l'accent est paroxyton si la pénultième est longue, proparoxyton, si la pénultième est brève, et ne recule jamais au-delà. Autrefois cependant en Latin comme en Grec l'accent avait été libre, et reculait le plus possible, ce qui l'amenait sur la racine.

La nouvelle place donnée à l'accent latin par la quantité a contribué puissamment à la formation de la langue française qu'elle a profondément différenciée, en affaiblissant souvent des voyelles radicales non-accentuées, et en donnant au contraire du relief à des affixes accentués.

En outre de cette action directe de la quantité sur l'accent, qui tend à faire quitter à celui-ci sa place, il faut signaler ici la réaction de la quantité sur l'accent dont nous avons parlé. Lorsque l'accent à fini par rendre longue la voyelle brève, celle-ci fait bientôt prédominer sa quantité sur l'accent, si bien que l'accent meurt et ne se manifeste plus que par la quantité même ; c'est ce qui a lieu en français.

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