SECTION DIXIÈME
Action du phonème sur la quantité.
Cette action existe dans un seul cas, lorsque le son d'une voyelle ou d'une consonne vient à être supprimé ; alors il se reflète sur la voyelle contingue ; c'est ce qu'on appelle la compensation.
En Sanscrit, par exemple, durmanas fait au nominatif sing. masc. durmanas pour durmanas-s , le deuxième s étant le signe du nominatif; à l'accus. plur. des thèmes masculins en a la flexion an est pour : ans, à la suite de la chute du s final ; pUar, père, fait au nomin. sing. pitâ pour pitars.
En Français, 1'^ final du pluriel ne se prononce pas, à moins que le mot suivant ne commence par une voyelle, mais comme compensation on allonge la voyelle qui précède Ys : heau^ bmux.
Nous ne citerons pas d'autres exemples, ce phénomène étant, très connu et précédemment décrit,
Remarquons que la chute de la voyelle ne se compense pas seulement par un allongement de là voyelle précédente, mais aussi par son renforcement ; par exemple, en Sanscrit, la finale a^ devient au devant les consonnes sonores ; Vs tombe d'abord et Va se renforce en : au. Mais ce renforcement est contestable comme effet direct ; la chute de 1'^ aura amené d'abord l'allongement de l'a, puis cet allongement aura déterminé le renforcement, par l'action de la quantité sur le phonème. En Français la quantité change la polarité du son ; en Sanscrit, elle en a changé aussi la forme.
N'oublions pas que son, accent et quantité agissent et réagissent à chaque instant les uns sur les autres.