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qui est le bémol de Va tandis que Yao, à anglais est le dièse de Yo ; e devient ée fermé, o devient ô, au; Yeu de neuf devient Y eu de œufs.
Mais les sons qui sont à l'extrémité de la croix vocalique peuvent-ils se bémoliser sous l'influence de la quantité ; ûe est-il distinct du même son bref? où long dans jcme est-il distinct qualitativement de où bref dans coù ? Quid de Yi de lif vis-à-Tis de Yi de mie ? Même alors il y a une différence qualitative et le son est bémolisé. Sans doute û, u, i sont à des extrémités de la croix vocalique, mais il n'en tiennent que l'extrémité pratique et normale, non idéale, ils peuvent donc descendre un peu au-dessous de leur son normal, seulement la différence est pour eux moins accentuée.
L'influence de la quantité sur le son se fait sentir plus vivement encore en anglais qu'en français, et c'est le moment d'étudier le vocalisme anglais si curieux.
En Anglais, toutes les voyelles ont, au moins, deux sons absolument distincts.
L'a se prononce a ou ^ ; Ye se prononce e o\xi\ Yi se prononce i ou ai ; l'o se prononce o ou â, ao ; Yu se prononce eu ou iou = eoù = aoù ; suivant que la voyelle est brève ou longue.
D'où cette série
son bref a e i o eu 6 son long e i ai ao iou.
La longueur ou la brièveté de la voyelle se détermine d'ailleurs par la position ; la voyelle terminant la syllabe est longue ; la voyelle suivie dans la même syllabe d'une consonne est brève.
Ainsi en Anglais la quantité change complètement la prononciation de la voyelle ; elle ne la modifie pas d'un demi-ton comme en français, mais d'un ton entier.
Comment s'opère ce changement ?
Au moyen d'une diphthongaison, au moins en général.
a devient à ^ ea\i devient ai ; o devient ao ; u devient iu ==^ eu ^=^ au\ e devient i = ea contracté.
Ces diphthongaisons se font avec la voyelle supérieure sur la croix vocalique ; elles ont donc pour résultat non de baisser la tonalité comme en français, mais de la hausser. Une seule
exception existe pour Ya qui se diphthongue avec une voyelle inférieure et dont le ton semble blaisser, mais ce n'est qu'une apparence, à est en réalité plus ouvert que a, et d'ailleurs a ne trouve pas de voyelle plus haute qu'elle sur la croix vocalique.
Pourquoi l'Anglais opère-t-il par diphthongaison de manière à hausser le ton, tandis que le français opère sans diphthongaison et baisse le ton ?
Parce que la prononciation euphonique d'une voyelle, résultat nécessaire de son allongement dans les langues où l'impression du quantitatif s'est affaiblie, peut se faire en laissant la voix suivre sa perte naturelle et baisser, ou bien en réagissant contre cette pente, et dans ce but en l'élevant au commencement au-dessus du point exact de la voyelle, pour la laisser finir sur ce point exact en vertu de la tendance A baisser. Ce second procédé force à attaquer d'abord une voyelle supérieure, d'où la diphthongaison avec cette dernière, diphthongaison non voulue directement, mais résultat de l'effort pour relever la voix.
C'est ainsi que la voyelle longue finit en français au-dessous de son ton normal, et commence en anglais au-dessus de ce ton.
Cet effet de la quantité dans l'anglais de même que l'effet de l'accent de même sens que nous avons signalé plus haut dans les langues romanes et plusieurs néo-germaniques semblerait par analogie donner raison à l'ancienne théorie aujourd'hui abandonnée du guna que nous avons combattue nous-même.
L'introduction de l'a en Sanscrit, de l'e et de Yo dans la branche européenne, s'expliquerait ainsi, parce qu'elle ne serait plus artificielle. L'accent consisterait à porter un phonème au-dessus de son intonation normale pour le laisser retourner à la fin à cette intonation ; i accentué devrait donc se prononcer ai ou ei, oi, c'est-à-dire commencer par une intonation au-dessus de lui-même, ce qui entraîne, mais indirectement seulement et par voie de conséquence, la diphthongaison. De môme u accentué exigerait un effort initial donnant au, ou bien eu. En conséquence la forme primitive serait e, ù et non e = ai, = au.
Mais l'introduction de Y a dans les thèmes purement conson-
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nantiques comme p, t ne se trouverait pas ainsi expliquée. On pourrait dire cependant que cet a n'a que la couleur de ïe muet nécessaire pour prononcer le mot.