‹ Essai de phonétique généraleChapitre 13 sur 47 · CD QQ · texte numérisé non relu

CD QQ

UVULAIRBS

PROFONDBS

AMT^RIEDRBS

POSTBRIEURSS

MtolAMBS

▲NTtaiEURBS

BT CHUINTAMTES

DORSALBS

if

ft?

SB

GO

ULBIO-DENTALBS

LABULBS

CO

Ay ant de quitter la phon6tique de la tonality du phoneme, nous devons dire quelques mots : 1" des phonemes consonnantiques d6tonnants du Eeshua, 2^ des phonemes avulsifs, 3^ des notations adoptees dans notre tableau ci-dessus.

1* DBS PHONEMES d6T0NNANT8.

Nous n'avons pas compris dans notre classement d6taill6 des phonemes, mais seulement dans notre tableau, des phonemes sp6ciaux qui ne sont pas encore bien classes, dont la nature n'est pas parfaitement connue. et que nous r6v6le r6tude du Eeshua. Nous croyons, du reste, que bien d'autres phonemes, ou nuances de phonemes, nous seront r6v6l6s par des langues inconnues ou encore mal connues.

Nous avons appel6 au point de vue physiologique de la production plosiveSy et au point de vue acoustique momentanies des phonemes qui se produisent par la fermeture suivie d'ouverture de certains organes. Ce terme est g6n6rique et s6pare toute une classe de deux autres, des fricatives et des vibrantes. Mais les plosives peuvent, 1* ou se former par un contact de percussion f suivi de s6paration, ce sont les plosives proprement dites, ou par un contact de succion, de frottement de surface k surface, ce sont les avulstves. II pent se former aussi par un contact de percussion suivi non d'une simple separation volontaire d'organe k organe, mais d'une separation forc6e par renergie du courant d'air, d'une veritable detonation.

Parmi beaucoup de phonemes sp^ciaux dont la valeur est incertaine, le Keshua possede une d^tonnante labiale p, une d^tonnante dentale t, une gutlurale g, une palatale c» tch, une glottale k, lesquelles sont exprim^es ordinairement par une barre au milieu de la lettre. II ne faut pas les confondre avec les aspir^es que possdde cette mdme langue.

De plus le Keshua possede IV uvulaire, simple et aspir6.

Mais ce qui lui est caractdristique, ce sont les d^tonnantes. Voyons comment elles sont d^crites par M. Pacheco-Zegarra.

P (Utonante gutturals. — o Ce signe, dit-il, repr^sente un son guttural, extrdmement fort que Ton obtient en comprimant rinterieur du gosier et en Touvrant ensuite comme k regret par la force de Taspiralion. Ce son est semblable au bruit d'une

vessie qui delate quand on veut y iatroduire plus d'air qu'elle n'en peut contenir : qara, chauve,

2* ditonarUe palatale. — « Ce sigue repr^sente ud son beaucoup plus fort que le pr^cddent ; on le produit en coUant la langue au palais et contre les dents, et en poussant Fair avec force ; tchavay, trdne,

3* detonante dentale. — (c Le mot ttanta^ dit M. Pacheco, signifiant pain se prononce en faisant claquer avec force la langue contre les dents,

4* (Utonante labiale. — « Dans ppacha, lieu, la premidre syllabe se prononce en serrant les Idvres et en les ouvrant ensuite au moyen de Fair de la voix ; cela se d6montre viva voce et ne peut s'enseigner autrement » et ailleurs : « ce mot se prononce en ouvrant les 16vres avec force au moyen de I'air ».

5* detonante glottale. — « Ce signe, dit-il, repr6sente un son beaucoup plus fort que celui du jota, tel qu'on I'entend souvent dans des bouches espagnoles avec un son excessivement guttural et rude.

La plupart de ces descriptions indiquent d'une mani^re 6vidente qu'il s'agit d'un son v6ritablement d6tonnant, c'est-i-dire dans lequel I'air comprim6 cause lui-m6me I'ouverture des organes qu'il 6carte de force par son passage, tandis que dans la plosive proprement dite ce sont les deux organes en contact qui opdrent d'eux-mdmes cette ouverture.

D'autres langues de I'Amgrique renferment ces phonemes, par exemple le Dacotah qui possMe aussi les d^tonantes gutturale ou v^laire, palatale, dentale et labiale. Lepsius les y d6crit ainsi : pronounced with a strong pressure of the organs, followed by a sudden expulsion of the breath, »

C'est k tort que Lepsius assimile tons ces phonemes aux phonemes emphatique des S6mites,et transporte toujours k la glotte le bruit explosif qui se produit ; ce bruit est beaucoup plus fort ; en outre, il se ne passe pas en ce lieu, mais k Torgane mSme d'articulation.

Ces phonemes d^tonnants peuvent dtre aspires, conmie les ordinaires. lis donnent k la langue Keshua une phjrsionomie toute particuli^re, et cr6ent avec les diverses s6ries de v6laires, une gamme v^laire d'autant plus riche que cette d6tonation

se confond facilement avec la prononciation 6nergique des gutturales.

Nous n'avons pas voulu les comprendre dans notre classement g6n6ral, parce que leur caract^re n'est pas encore bien certain.

£• Des sons avulsifs.

Avant de terminer notre 6tude relative aux phonemes nous

• devons revenir sur une classe que nous avons 6t6 oblige de

' ndgliger dans notre synthase, celle des sons avulsifs ou cla-

quements de la langue Nama. Nous devons aussi justifier le

mode de transcription que nous proposons.

P Le claquement dentai, le plus usit^, se produit en passant le bout de la langue contre les dents incisives de la m&choire sup6rieure.(VoirM.Schils, ks races jaunesdeFAfriqtteAustnile)^ la bouche 6tant ferm6e, et Ton retire ensuite la bouche avec Vitesse en mdme temps qu'on ouvre la bouche.

2** Le claquement pcUaial s'obtient ainsi : on pousse le bout de la langue qu'on a le soin d'aplatir le plus possible contre les gencives \k ot commence le palais, et Ton retire ensuite la langue, comme pour le premier click.

Sf" Le claquement cerSrcd se fait entendre quand on applique la langue arrondie en haut contre le votlte du palais, en proc^dant ensuite comme pour les autres.

4<' et ff. Le claquement guttural ou lateral s'obtient ainsi ; on couvre de la langue bien aplatie toute la surface du palais, et on produit le son aussi profonddment que possible dans la gorge. Les Burop6ens le produisent en pressant la langue contre les dents de c6t6. En r6alit6 cela forme un click diflKrent, le lateral, tandis que Tautre est guttural.

Ge sont les seuls clicks des Namas, les Bushmen y ajoutent plusieurs autres.

C^" Un deuxieme claquentent gutii0^al qui se prononce plus profond^ment dans la gorge.

7" Un claquement sptro-dental 9 qui se produit en inspirant Fair entre les dents un pen ^cart^es.

8"" Un claquement labial qui se produit par un mouvement rapide de la langue a la mani^re d'un artiste qui joue de la flate.

Parmi les nombreux modes de transcriptions proposes, le plus en usage est celui qui traduit les clicks par une ou deux barres verticales, avec ou sans points. Le dental est I , le lateral II, le palatal j , le c^r^bral I . Ce syst^me a Tavantage de ne rien pr6juger sur la nature encore un peu ind^termin^e de certains clicks ; il a Tinconv^nient de ne rien repr^senter.

Nous proposons de les transcrire par des lettres grecques correspondant au lieu ou ils se prononcent, ou dans Timpression par la lettre romaine renvers^e.

Ainsi le click dental serait rendu par r, le c^r^bral par r, conform^ment k I'habitude de marquer les phonemes c^r^braux par un point souscrit a la lettre. Le guttural serait repr^sent^ par X et le guttural plus profond par x, le lateral par A, le labial par TT, le spiro-dental par 9 ; le palatal par K lettre qui repr^sente en grec le plus approximativement les palatales qui manquent.

On aurait ainsi la s^rie des lettres grecques: r,r,x, x, i,7r, 6, C qui donneraient chacune le rappel exact du lieu de claquement.

Quelle est maintenant la classification, au moins provisoire, de ces claquements ; le r, le r, le 9, appartiennent aux dentales, le X et Je X aux gutturales, le Z aux palatales, le n aux labiales. La nature de A est difficile k determiner, c*est probablement une dentale lat^rale, et on peut, au moins provisoirement, Tassimiler a 17/ du reste, il est peu usit^.

Ajoutons cependant que le veritable lieu des avulsives est mal connu, que nous prenous pour exacte la denomination donn6e actuellement k chaque avulsive et que c*est sur elle que nous basons notre mode de transcription.

3" Mode de transcription.

Nous avons donn^ le tableau de la classification des articulations consonnantiques, des voyelles, et des semi-voyelles. Nous y suivons la transcription de Lepsius, cependant avec quelques modifications que nous devons expliquer, en outre de celle des avulsives dont Texplication precede.

Transcription des voyeUes et senu-voyelles.

Quand une voyelle est tant6t en fonction vocalique, tant6t en fonction consonnantique, comme Ti et Xu^ nous y ajoutons

un o souscrit quand la fonction est moins ordinaire ; f et u s ecriront done i et u, tandis que^ et w s'dcriront | et ^ / nous ajoutons ainsi au systeme de Lepsius et nous adoptons celui de Brugman.

IJy devient alors disponible, nous nous en servons pour exprimer \y sombre russe.

Nous marquons IV muet par un e souscrit non plus d*un petit rond, mais d*un z^ro allonge exprimant Tannulation.

Les voyelles orales-nasales, ou sons nasaux frangais, s'exprimeront par un accent circonflexe, signe frequent en typographic.

L*anuswara par un n au-dessus de la ligne, ainsi o^.

Les semi-voyelles r, /, n se distinguent des consonnes r, /, n ainsi : f, X h.

Nous transcrirons VaiepA par ^ ou A.

Transcription des articulations consonnantiques .

Nous transcrivons le hamzah par une barre horizontale pr6c^dant la voyelle, Vh aspir^e par h, ou par hh, suivant qu'elle est plus ou moins forte lorsqu*elle est d^doubl^e comme en Arabe.

Dans les phonemes qui se trouvent dans differentes colonnes, par exemple IV, nous les num^rotons en partant de Tordre ou lis se pr^sentent le plus fr^quemment. Ainsi IV le plus commun est le denial postdentcU, nous Texprimons sans num^ro ou avec le num^ro 1 sous-entendu ; de 1^ nous passons a Talv^olaire avec le n« 2, au c^r^bral avec le n*» 3, etc. ; les dentales nous donnent ainsi 5 num^ros en passant non d*une place k la place voisine, mais du phoneme le plus commun au moins commun. L'r ne semble pas avoir d*interdentale, nous lui r^servons cependant un n"^ 4, et nous passons des dentales aux palatales ou nous trouvons deux r auxquels nous dounons les n«» 6 et 7, de la au vdlaire ou nous r6servons au m6me phoneme, mdme la ou il fait d^faut, les n"** 8, 9, 10 ; nous passons aux glottales oil nous trouvons Totiw, r glottal avec le n* 11. Enfin vient IV labial inusit^ avec le n"" 12.

Nous transcrivons Y hamzah par une petite barre horizontale ; ainsi —^, signifie akph hamz^.

Nous transcrivons Yn uvulaire qui est une plosive, mais qui se confond avec les voyelies m, 9, ijg^ par un signe d'accent ajoutd k cette lettre ainsi : n\

Nous ajoutoDS pour les phonemes tr^s usit^s k la transcription par numdrotage celle par un autre signe convenable.

Cest ainsi que pour distinguer les v^laires et mdme les palatales, nous nous servons de k, g ainsi k^ A*, >&*, et gr, ^, g' ; nous marquons aussi la vdlaire profonde par q^ Tant^rieure par k, la palatale par c.

Nous distinguons toutes les palatales non chuintantes par un petit i au-dessus et a c6td du phoneme, .par k\ g\ xS ^t les chuintantes par le signe v, }^ a, ^, |, r> \, n> si heureusement trouv6 par T^criture tchdque.

Nous rejetons partout le signe h de Texpression des fricatives.

Enfin pour la knis non sonore, nous admettons I'annulation de la sonority par une petite barre verticale sous la lettre, ainsi S[.

En outre pour la transcription des langues ou toutes les lettres ne se prononcent pas, nous voudrions que ces lettres fussent souscrites d'un petit z^ro.

Nous conservons le point souscrit pour les c^r^brales, et la barre horizontale souscrite pour les alv^olaires.

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