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QUATRIfiME CLASSE.
Gatmms de Fensend^le des phonemes.
AprSs avoir 6tabli s^par^jo^ent la gamme des vojelles* des voyelles-consonnes, des consonnes, nous devons indiquer celle des phonemes, ces distinctions ^cart6es.
Nous la construisons ainsi, en partant de ce principe que, sous la loi du temps ou du moindre effort, comme nous I'^tablirons dans la phon^tique dynamique, les consonnes perdent d'abord de leur force, puis se liqu^fient en voyelles.
auulswes plosives plosives plosives tenues
tenues sonores aspirees fricatives 6 7 8 9
fricatives semi- voyeUes e tnuet sonores voyelles ou schewa.
2**** 'Passage d'umb qammb a l autrb.
Le passage d*une gamme k Tautre a ^t^ d^crit tres bien par Hubscbmann, pages 136 et suivantes de son : Systeme des voyelles indo-germaniques ,
Les voyelles qui servent de transition sont surtout celles issues des nasales et des vibrantes.
C'est ainsi que la racine ghend, au degr6 nul devint ghnd, d'oii d^riva le Gxec x^^ l on passe ainsi de la gamme en ^ jt la
gamme ea a. Puis de Taoriste e/a^ov d^riva par Finsertion d'an ^le present x^^^^* lo parfait laxeofda.
De mdme le grec irevO passe de la gamme en ^ 4 la gamme en Mu, par le degr^ nul figH a iraO.
De mdme la racine gel, bel de |3eXo«, ^X)7,devient en a dans
jSaXXo, ^Xov.
Le germanique/nr, faran vient d'une racine/^, degrd nul de racine per,
D*uu autre c6t^, de la gamme en e on passe k la gamme en 6, ce qui arrive souvent en Lithuanien. L'indo-germanique ses difr est devenu sazdur^ puis le Sanscrit sedur^ Tindo-germanique sesdmin est devenu sednten^ puis le gothique setum auquel avait dtl correspondre en Sanscrit sddtna pour sedimdt. Ainsi s'est formd le parfait en ^ des racines de gamme en e. C'est ainsi encore quon trouve une racine m^qu'a form6 finio^^ yjeHofxai, mass, vieux allemand mo/a, Tirlandais ro niidar, armdnien mit^ et une racine med qui a formd fA^^o, nwdus, modius goth.
On passe aussi de la gamme en a jt la gamme en e par un plus court chemin, par la contraction de Ve radical avec IV de Taugment et du redoublement, par exemple dans les racines ed^ manger, es^ dtre, ei^ aller ; ainsi Tindo-germanique e-^-es je mangeai, devint ecla.
On passe de la gamme en e dans la gamme en o. En voici des exemples : xXe^, nuaCkwfeL^ xX(t>^ ; oxetrrofjiai, oxoireo), tnua^ ; fepo), fopo^, fcjp ; dejULO, dofAO^, dedfjia.
Enfin de la gamme en e on semble passer dans une gamme en I ou en z; ; par exemple dans 7reXa(d, itCha^an ; 7reravvu|uit, irtrvY^i^fy mais ce n*est qu'une apparence, les semi-voyelles i, u, et les voyelles i et u qui en sont issues ne ferment pas de gammes vocaliques et ne disparaissent point comme des voyelles. Nous avons vu cependant qu'elles ferment des gammes semi-vocaliques ; et nous verrons que dans le systdme de M. Regnault, elles sont susceptibles de tomber comme les autres voyelles.
On passe de la gamme en a ^ la gamme en e par la contraction d*e avec Xa initial comme dans egi de ago ; on y passe aussi par un autre interm6diaire, par IV et 17 ; par exemple apow, aporpov ; apxew, arceo ; yXa^w, glaber pen vent se rapporter k des radicaux r, rkglr qui supposent des radicaux pleins
^» ^f^f g^' Quelquefois on trouve la gamme en e dans une langue Europ^enne et la gamme en a dans une autre langue Europ^nne, sans qu'on apergoive un interm^diaire, par exempie dans le grec aaro vis-4-vis du gothique visan^ dans le latin numere vis-^-vis du grec /xcvna, dans le grec yajxeo yis-^-vis du lithuanien ^^wfM, dans le latin aper vis-drvis de Fallemand eber. Ce passage d'une gamme a I'autre, surlout au moyen des semi^-voyelles liqu^fiteb puis se solidifiant de nouveau, est tr^ curieux ;c'est un agent de perturbation des regies linguistiques, mais aussi un agent tr&s puissant de la formation des langues. C'est la voyelU irraHomiette qui est alors Viniermddiaire. Supposons une racine en er, elle se r^uit en ir, puis dans certaines langues Yr se solidifie de nouveau et appelle alors une voyelle irrationnelle a, et nous voil& passes de la gamme en e dans la gamme en a.
3"* Transposition d'dnb gammb sur l'autrb.
II s'agit ici aussi bien des gammes consonnantiques que des gammes vocaliques.
Oe qui importe dans ces diff^rentes gammes, comme dans les gammes musicales, c*est cU conaerver les proportions bien plus que de conserver les sons eux-mimes. C'est ainsi qu*en musique on transpose un chant, de mani^re que peut-Stre le nouveau ne conserve k la m^me place aucune des notes de Tancien, sans que la m^Iodie soit chang^e.
Nous citerons comme un exemple frappant de cette transposition la loi de substOuHon des langues germaniques que nous expliquerons plus loin dans la partie pratique. Toutes les consonnes Isoldes sent chang^es, et pourtant chaque mot garde sa place respective et sa physionomie. On a simplement pass^ d*une gamme k Tautre, et transpose chaque phoneme. Si le gothique dit brinnan et I'ancien haut allemand prnman, le gothique dit galeiks et le haut allemand kiltk ; si Tanglais dit tame^ le allemand dit zahm pour ^ahm, Lidde de la lautverschieburg est absolument fausse, comme nous le d^montrerons ; tous les changements se sont /ails en mime Hemps, de mdme que la mutation de chaque note se fait en mSme temps dans la transposition musicale.
C'est pr^cisdment cette substitution r6guli6re, cette transposition, qui prouve d'une mani^re matdrielle Texistence des gammes phon^tiques.
SECTION DEUXifiME.
D6yiATI0N OU CIRCUIT DBS PHON^MBS.
Dans la gradation ci-dessus les phonemes montent ou descendant sur la ct*oix consonnantique, dans la mSme branche, ou dans celles qui sont le prolongement Tune de Tautre. Cette gradation est done une veritable gamme.
Dans la deviation ou circuit un phoneme passe de Tune des branches de la croix vocalique k I'autre en conservant la mdme hauteur relative. C'est ainsi que i'o devient o, que r& devient a, que Vu devient u, lY sombre devient / .
Nous verrons dans la phon^tique dynamique quelles sont les causes qui am^nent ce changement ; nous ne nous occupons ici que de son potentiel.
La transformation des phonemes se fait ici lateraUfnent.
En phon^tique dynamique elle s*appelle tantdt Vhartnonie vocalique^ tantdt la, per ip/umle^ tandis que la gradation vocalique ci-dessus d^crite s*appelle Yapaphanie,
U ne s'agit plus ici, pour continuer notre comparaison avec la musique, de gammes^ mais Saccord et par consequent de Hmbre.