‹ Essai de phonétique généraleChapitre 26 sur 47 · CHAPITRE TROISlfiME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISlfiME

D&>&USSEMBNT BT MORT DBS PHON&MBS.

Aprds avoir dtudidles transformations dephondmes soit ascendantes, soit descendantes, soit rdciproques ou latdrales, il nous reste k dtudier la destruction du phondme.

La destruction d*un phoneme est le tenne dernier de son aflFaiblissement. En 6tudiant Taffaiblissement progressif nous allons par 1^ mdme 6tudier la destruction et ses causes.

Gomme Taffaiblissement, la destruction est tantdt et le plus souvent le r6sultat de Taction des phonemes voisins, ce que nous ^tudierons dans la partie suivante^ tantdt celui de Taction de ces facteurs ext6rieurs, le temps, le lieu, la race, surtout le temps ; tant6t enfin semble spontan6e.

II faut ranger dans Teffet d'action d'autres phonemes ceuz de Taction de phonemes absents de la phrase ou du mot, mais presents dans la langue et se produisant par la force de Tanalogie ; pourtant cette cause se mdle souvent 4 celle de Taction directe d'usure par le temps.

C*est ainsi que Vu grec lorsqu'il se pronon^ait d6jA ii devint peu k peu i k cause de la plus grande frequence du son i, a cause de sa ressemblance avec le son ii, par consequent de Tanalogie phon6tique, mais aussi la conversion d' il en i est une usure, Yi etant plus iaible que Tu, et toutes les langues suivant ce processus descendant.

Mais avant de devenir i, Vu grec 6tait pass6 d'abord du son u au son ii ; ce premier mouvement est dtl ^ Taction seule da temps ; il est un pur afiaiblissement d*u ; ici Tanalogie n'est pas intervenue.

Un exemple de remarquable disparition du son, c'est celui du X germanique qu'on ne retrouve plus en Anglais que graphiquement, qui s'y 6crit gh, et alors soit est muet, soit se prononce f. Ex. laugh, rough, light, fight. Avant de s'6teindre, comme dans ces deux derniers exemples, il s'est d'abord converti en h. C'est par ¥h que toutes les articulations disparaissent, comme toutes les voyelles par Ye muet. La conversion en /'n'est aussi qu'un pas vers Teffacement. dependant on pent dire qu'il y a eu deux voies suivies, une fois le x r^duit en A, la conversion en la fricative labiale /'et Textinction.

De mSme TaUemand a perdu le 6.

Uu japonais 6tait probablement un ii, puis a disparu.

Quelquefois une lettre ne disparatt pas totalement d'une langue, mais bien de telle ou telle position dans cette langue, par exemple de la position d'initiale. C'est ainsi que le p de llndo-Europ^en est tomb^ partout k Tinitiale dans toute une

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