Classement des phonimes suivant leur mode de production
Les mSmes phonemes identiques quant k leur lieu de production et k leur lieu de rdsonnance peuvent diflP^rer suivant la maniire dont Us sarticulent^ et cela est vrai de tons phonemes, excepts des voyelles qui s'articulent seulement dans la glotte et uniform^ment. Quels sont les modes de production ? lis sont au nombre de quatre ; mais avant de les d^crire il faut dire in abstractor et d'une manifire gdndrale, en tout lieu de production, quelle est la distribution des r61es entre les organes qui produisent le phoneme.
Un phoneme pent 6tre produit par un seul organe ; il pent 6tre produit, au contraire, par Yaction commune de deux organes, et alors de ces deux organes Tun joue un rdle acti/et I'autre un rdlepassif. Dans le premier cas lorsque le phoneme est produit par un seul organe, un autre cependant pent servir de simple point dappui.
Des exemples feront mieux palper cetle th^orie. Dans le phoneme t, la langue joue le r61e actif, les dents ou leurs alveoles ne jouent qu'un r61e passif et cependant tons les deux concourent au bruit qui r^sulte de yocclusion, Dans le phoneme i, rinverse a lieu, c est le palais qui joue le r61e d organe actif, cest la racine de la langue qui joue le r61e d'organe passif, le lieu a change, et il y a eu interversion de r61e.
Dans le phoneme p une modification se produit, deux organes, les deux l^vres, concourent encore a la formation, etcomme aucune des deux n est plus agile ni vive que Tautre, on pent dire que chacun des deux organes joue a la fois un rdle actif et un rdle passif. II en est de mdme dans la production de la voyelle ; les deux levres de la glotte jouent un r61e 6gal. Enfin dans la palatale, soit de lordre k\ g\ soit mdme de Tordre tch, dj, la langue et le palais au point median des deux jouent chacun un r61e ^gal.
Dans le phoneme s, et les autres fricatifs, les deux organes, la langue et la votlte du palais, y compris les alveoles et les arcades dentaires agissent encore, mais sans arriver au contact au point milieu ou le bruit est produit ; ils compriment Fair enle faisant passer au milieu par une fente ^troite, ou se ddchargent sur les bords, suivant que le phoneme est mddian ou lat6ral ; c'est de la compression de Pair que r^sulte le phoneme.
Dans le phondme r et les vibrants, le m^canisme de production est autre. Lepsi us, apres avoir d6crit les plosives et les fricatives, d^crit ainsi les vibrantes : The sounds r and I participate of both qualities, being continuous, and at the same time formed by a contact which is vibrating in r and partial in I. En consequence, il classe les vibrantes comme interm^diaires entre les plosives et les fricatives et les appelle ancipites.
1° ISorgane actif et Xorgane passif se joignent et se disjoignent alternativement et incessamment pendant la dur^e du phoneme.
M. G. de Meyer d^crit de plus pr6s le m^canisme des vibrantes ou iremblantes dans les termes suivants : « S'il existe, dit-il dans son ouvrage sur les organes de la parole^ p. 184, en face Tune de Tautre deux parties de parois assez rapproch^es pour se toucher et que la surface du contact soit ^tendue, le courant d'air aura k se frayer un passage. II pent arriver, au contraire, que I'une des deux surfaces plac^es en contact ou toutes les deux n*offrent que peu d^^tendue et que la partie de parois qui les porteprenn^ en s'avan^aht^ Tintgri^drla'flgTire (Tunelevre iiTendroit m^me qui correspond k I'etroite surface du contact. En pareil cas, Tair pressd centre la fermeture s arrSte derri^re cet obstacle jusqu'd ce qu'il soit en ^tat d'exercer sur lobstacle en forme de l^vre ou de clapet une pression qui triomphe de la fermeture ; Tair s'6chappe alors par la fente. Aussit6t aprds, le clapet revient rapidement k sa place primitive en vertu de sa propre elasticity et garde cette disposition jusqu*& ce que la tension de Tair arrdte devienne de nouveau assez forte pour surmonter lobstacle ; ces efforts alternatifs continuent k se reproduire k de courtes intervalles de temps. Si ces bruits d'arrSts se r^pdtent k des intervalles tr^s courts, de mani^re k ce que les vibrations de la Iqfljjft/ormant arrdt s'ex^cutent en tr6s grand norabre dans Tunite de temps, les conditions n6cessaires pour la production du son propre^nent dit se trouvent remplies, comme il arrive par exemple, pour les cordes vocales, » Nous ajouterons : autrement il n'y a qu'un tremblement, ou simple bruit de vibration.
Cette description exacte nous donne la veritable nature de IV, et aussi de 17 qui ne diff^re de Vr qu'en ce que la vibration est dans un sens difi'erent, et en ce que la ddcharge de I'air se
fait sur les cdtds de la langue. La vibrante peut dtre un bruit ou un son ; c'est un son quand les oscillations sont assez rapides, et cela ne se realise qu^au lieu des cordes vocales, et mdme pas toujours, car mdme les cordes vocales peuvent ne pas vibrer assez rapidement, alors il n y a qu'un simple bruits Yr glottal, ou din, Dans la bouche, lieu de production, ce n est jamais qu'un bruit, mais si les oscillations ^taient plus rapides, ce serait un son, une voyeUe ; les vibrantes touchent done en ce sens de pres aux vojelles, leur mode de production est le mSme.
Mais en quoi IV et par consequent 17, diflf^re-t-il des plosives et des fricatives ? Au fond dans tous ces phonemes, il y a contact. Dans les plosives le contact est median, et Tocclusion complete jusqu'4 la decharge de Tair qui suit la cessation de ce contact ; dans les fricatives, il y a contact de chaque cdt^, ce n'est qu'au milieu qu'il n'a pas lieu et que passe lair que ce passage dtroitcomprime; dans la vibrante le contact a encore lieu, mais d'une autre fagon : il est alternatif et sans cesse interrompu. On peut comparer son m^canisme k celui de la roue dentine de Savart qui produit le son ; k chaque instant une nouvelle dent vient frapper Fobjet sonore qui revient sur luimSme k chaque fois et il en r^sulte un bruit ou un son selon la rapidity des tours de la roue dent^e ; on peut le comparer aussi aux effets produits par les interruptions incessantes du courant en electricity.
En ce sens, la vibrante, comme le dit Lepsius, tient le milieu entre la plosive et la fricative, dont Tune existe par le contact, I'autre par I'absence de contact au milieu ; ici il y a alternativement contact et non contact.
Cependant pour 17, la vibration etant en largeur au lieu d'etre en longueur, transversale au lieu d'etre longitudinale, le point de contact reste flx^ a son extrdmite, mais aussi ce point de contact doit 6tre consider^ non comme le point de vibration, mais comme un simple point d'appui.
Dans un autre sens la vibrante est plus eioign6e de la plosive que la fricative, parce que c est sur la langue seule, organe actif que se produisent les mouvements alternatifs, et que cette langue semble op6rer elle-m6me par son propre jeu, en ne prenant quun simple point d'appui sur les dents ou le palais.
Au point de vue historique, IV tient le milieu entre le t et r^, car il se convertit facilement en chacun des deux, sans qu'ii soit oblige de passer par Tinterm^diaire de Tautre.
Comment IV et H peuvent 6tre tant6t une voyelie, tant6t une demi-voyeile, tantdt une articulation consonnantique , nous I'avons expliqu^ plus haut.
LV* peut dtre roul4 ou non rouU^ nous consid^rons IV roul4 comme consonnantique, IV non roul6 de bird comme demivocalique ; quant a IV voyelie c'est celui de hutten^ = buttr,
D'autre part, les c6t^s de la langue qui ferment contact peuvent se resserrer tellement qu'ils laissent une tr^s petite ouverture dans laquelle peuvent s'accomplir les vibrations alternatives qui constituent IV ; il se fait alors un melange de vibration et de frottement qui constitue IV spirant. II en est de m6me de 17 ; mais ce cas se confond avec celui que nous ddcrirons de IV et de 17 palataux.
Si la glotte dans certaines conditions, si la langue toujours ne peuvent produire parleurs vibrations un son proprement dit, c'est que leurs vibrations ne sont pas alors assez rapides, et si elles ne sont pas assez rapides, c*est qu'on ne donne pas k I'organe une tension suffisante.
Les I6vres aussi produisent leur r, c'est-a-dire la vibration insuffisante pour produire un son proprement dit.
II en est de mfime de la luette, et de IV uvulaire.
Cette ressemblance entre les vibrantes et les voyelles semble 4fts gir E loigner les vibrantes des plosives et des fricatives et leur donner une part entre les fricatives et les voyelles.
2*» Vorgane actifei Vorgane passif op^rent en se rapprochant seulement.
C est ce qui a lieu dans les articulations appeldes continues au point de vue acoustique, fricatives au point de vue de la production : s, 6, sh, x, A et Vaspiration glottale.
d^"" Vorgane actif ei Vorgane passif se joignent un instant seulement ; tantdt c'est • la langue qui vient frapper les dents ou le palais ; tant6t inversement, cest le palatum molle qui frappe la partie post^rieure de la langue ; tantdt une levre de la bouche frappe Fautre, tant6t une levre de la glotte opere fermeture enti^re avec Tautre, tant6t enfin la langue et le palais aussi actifs Tun que Fautre se frappent r^ciproquement en leur
milieu ; ainsi naissent les articulations appel^es au point de vue acoustique mopaentan6es, et au point de vue de la production explosives : p, t, ft.
4° Les deux organes se joignent, mais restent joints en se d^plagant ; il s'opere un mouveraent de frottement suivi d'une separation bruyante ; ce frottement se fait tant6t entre deux 16vres, tant6t entre la langue et le palatum molle ou le palatum durum. II constitue les avulsives ou claquements du Nama. Ordinairement ce phoneme se produit sans souffle d'expiration, ou sur le souffle d'inspiration.
Tels sont les divers modes d'articulations. Tons les phonemes qui s*articulent de la mSme manidre, quel que soit leur lieu de production, sont dits homogdnes, tandis que ceux qui ont le mdme lieu, mais des modes diffferents, sont dit homorganes. II y a une grande affinity, ainsi que le d^montre la phon^tique dynamique, entre tons les phonemes homogdnes ; toutes les fricatives en s'attdnuant deviennent ft, la fricative glottale ; en outre, on passe tres facilement de % dur k x doux,
de celui-ci k s puis k s, puis k s, puis i 9 et enfin a f. D'un autre c6te, il y a une grande affinite entre les homorganes, et Ton passe souvent de t ks etkr.Ae d k I.
4® Classement des phondmes en directs et latirav^.
Les phonemes se produisant au mSrae lieu et par le mfime moyen, n*6tant tons les deux que de simples bruits, ou tou& les deux avec son concomitant, peuvent cependant ne pas 6tre identiques. II faut distinguer si la decharge du bruit se fait directement au milieu du canal oral ou bien lat4ralemenl et sur les c6tis de celui-ci. En un mot les articulations sont directes ou UUerales,
LV est une articulation directe ; la vibration se fait au milieu de la langue et longitudinalement, et cette vibration faite, le courant d'air reprend sa course directe. L7, au contraire, est une articulation qui se fait bien encore au milieu de la langue, mais transversalement au lieu de se faire longitudinalement, et la vibration faite, le courant d'air se decharge de chaque c6t6.
De mdme 1*^ et mSme Vs est une articulation qui se fait par
resserrement entre la langue et les alveoles ou le palais, Vs c^r^bral de la meme raaniere, mais vers le milieu du palais. L'^, le sh se fait a la m6me place, mais diff^re en ce que Tair d expiration au lieu de s'^chapper par le milieu de la bouche s'^chappe par les deux cot^s ; c est encore un phoneme lateral.
De meme le ^ et le / cerebral se forment le premier sur les dents, le second sur le milieu du palais par contact. Le tch, surtout avec sa prononciation italienne, se fait de la m6me mani^re, mais le phoneme s^^crase, pour ainsi dire, sur le palais, la d^charge de Fair un instant retenu s*opere sur les deux c6t6s de la langue.
Enfin les avulsives ont aussi peut-6tre leur avulsion lat^rale.
5** Classement des phonemes cTaprds leur degri,
Un phoneme unique pent ^tre a diflferents degrds, et quoique ces degr^s soient des nuances, leur observation est de la plus haute importance.
Un phoneme pent ^tre k son degrd moyen, aii degr6 renforc4 ou emphatique, ou au degr^ attenui ou amoindri. Nous n avons pas a nous occuper du degre simple ; disons pourtant qu'il correspond, en g^n^ral, k la tenue de la glotte dans son etat normal avant, pendant et apr^s larticulation, sauf la faculty qu'elle conserve demettre un son concomitant pour rendre I'articulation sonore.
jremt DgGRfis DU PHONEME RENFORG^.
a) VO YELLES .
Les voyelles peuvent trouver plusieurs degr^s de renforcement .
Y' degri. Avant de prononcer la voyelle, on ferme la glotte, et dans le mouvement du r^sonnateur on reporte plus en arri^re le point ou la modification du resonnateur se fait ; il en r^sulte ce qu'on nomme la guUuralisation des voyelles. Dans cette gutturalisation les sons qui sont sur la ligne de a, e, i sont reportes sur la ligne de «, o, w ; en d'autres termes si le son de la voyelle est e, il se rapproche de To, s'il est i il se rapproche de I'w.
La voyelle devient ainsi emphatique^ nous allons voir tout- A-rheure qu'il existe aussi une consonne emphatique ; ce qui est remarquable, c'est que la consonne emphatique rend presque toujours A son emphatique la voyelle qui suit.
Les langues s^mitiques mettent surtout ce processus en Evidence ; ainsi en Arabe, la consonne simple t veut apr^s elle la voyelle a^ ; la consonne emphatique th veut aprds elle la voyelle a^, d'ou te d'un c6t^ et to de Tautre.
2® degr4, Le deuxieme degr^ de renforcement de la voyelle est son aspiration, et cette aspiration vient de la mise en train de remission du son ; si les cordes vocalea sent mises d'abord dans la position n^cessaire pour articuler Vh, puis, qu'on fasse passer le souffle et qu'on continue le rapprochement des cordes vocales jusqu'a ^mission de la voyelle, la voyelle est aspir^e.
La voyelle renforcde ou premier degr6 est done gutturalisie^ au second de§r^ elle est aspiree.
La gutturalisation est facilit^e par le concours des Idvres qui s'avancent et arrondissent pour ainsi dire la voyelle.
b) ARTICULATIONS.
1®"^ degr^ de renforcement,
L'articulation devient emphatiqv£ ; pour cela, avant remission du phoneme, on ferme compl6tement les cordes vocales, et le souffle les ouvre pendant que le phoneme commence a I'articuler. On obtient ainsi Tarticulation emphatique.
De plus comme pour Ja voyelle emphatique le lieu de r6sonnance, ici le lieu d'articulation se trouve recule plus en arri6re.
Enfin, comme nous Tavons dit, Tarticulation emphatique rend la voyelle qui suit emphatique, elle aussi. Get effet est tres remarquable dans les langues S^mitiques. Chaque articulation s'y trouve suivie, k d^faut de semi-voyelle, du bruit indistinct dont nous avons parl^, bruit indistinct qui en se prolongeant et en s'accompagnaut d'une vibration faible des cordes vocales devient la voyelle indistincte g dont nous allons traitor tout-A- I'heure. Cette voyelle indistincte possede une tendance k se pr^ciser et a devenir soit a, soit e, soit o ; elle devient rarement a pur, mais bien e si larticulation pr^c^dente est simple, si cette articulation est emphatique.
En Arabe presque toutes les articulations ont leur doublet^ Tun moyen, Tautre emphatique, A cdtS du ta simple le tha emphatique (et non aspir6) ; a c6te du ca/le qaf; k c6t6 du sin le sad ; k cdt6 du dhal le dad ; k cdt^ du zcf le ;^:a^
Non seulement par le jeu de I'articulation simple ou emphatique la se trouve osciller entre e et o, mais la voyelle i conserve le son I pur, ou prend le son iu, la voyelle u conserve le soao pur, ou devient o, m.
Certaines autres articulations arabes ne sont pas susceptibles de la distinction entre le degre simple et le degr6 emphatique, elles n'ont que le degr6 simple, ce sont les labiales, les liquides qui conservent apr6s elles la voyelle indistincte ; d'autre c6t6 les gutturales, aspir6es comme nous aliens le voir tout-A- Theure, prennent naturellement et par definition mdme le degr6 aspire, et ils imposent aprds eux la voyelle a, quand mdme ils seraient suivis d'une semi-voyelle d'une nature diff6rente. Bien plus ils imposent Va avant eux, aussi dans le mdme cas, ou Tintercalent entre eux et la voyelle pr6cedente.
2* degr4 de renforcement.
L'articulation devient aspir^e ; cela tient encore k un mouvement initial de la glotte, avant d'articuler on fait passer le souffle par la glotte dans la position de celle-ci n^cessaire pour produire \h, et en mSme temps on articule dans la bouche au point de production du bruit. De \k ces aspir^es (qu il faut ne pas confondre avec les fricatives, quoiqu'elles y conduisent, comme nous venous de le voir, par Evolution) si nombreuses en Sanscrit qui en possede une collection presque complete : pA, hh, th, dh, th, dh, chy djh, kh, gh.
2^^^. Degr^s du phoneme att^nuS.
a) VOYELLES.
L'attdnuation des voyelles se fait aussi k deux degris.
V^ degre, — Toutes les voyelles s'^crasent et s'assourdissent, on retr6cit d'une mani^re g6n6rale la capacit6 de la bouche, on ferme davantage les Idvres, on parle pour ainsi dire en dedans k la mani^re des« Anglais. C*est en effet, en anglais surtout
qu'il faut etudier ce vocalisme sp6cial. Dans les finales en al, el, ily oly les voyelles a^ e, i, o ont presque le meme son, un son ^crasd presque identique a celui de Te muet, II est vrai qu'on pent ici supprioier les voyelles a, e, i et consid^rer VI comme voyelle. Mais c'est grSce k cet assourdissement pr^alable que les voyelles a, e, o, u se sont d^truites peu k peu et que 17 a pu devenir syllabique. Lepsius a marqu6 ces voyelles assourdies ainsi : a, |, i, o, m, en les soulignant d'une annulation .
2* degre. — Les voyelles ainsi assourdies mais qui conservaient encore leur timbre propre viennent a le perdre, et deviennent uniform6ment la voyelle indistincte, le schewa, Ve muet.
II est impossible de comprendre toute Timportance Unguis tique de Ve muet. II a deux p^riodes historiques d'efflorescence ; Tune est bien connue, c'est celle qui coincide a T^poque des langues deriv^es. Les voyelles claires du gothique sont dans les desinences devenues uniformement des e muets, et toute I'attitude de la langue en a dt6 chang6e ; de mfime les voyelles claires du latin sont devenues des e muets en frangais toutes les foisqu'ellesn'ont pas ^t^ conserv^es par Taccent tonique. De la k la chute de la voyelle il n'y a qu'un pas, et en eflfet on viL disparaitre souvent Ve muet et un moment de silence, une pause le remplacer.
Sous quelle action la voyelle claire devient-elle voyelle sourde, puis e muet ? Sous Tinfluence de Taccent. L'accent qui est sur une syllabe tend k renforcer la voyelle de cette syllabe, a dteindre toutes les autres.
L'autre p6riode est moins connue ; elle est ant6rieure au ddveloppement de la langue. Les langues sdmitiques n'ont en rdalit6 que des consonnes et des semi-voyelles ; les semivoyellesy, w se condensent facilement et deviennent consonnes, ou elles appellent sur elles-memes les voyelles similaires : i et u. Mais on ne voit encore apparaitre ni Va, ni Ve, ni To, ni les sons inter m^diai res. Lorsque trop d'articulations se suivent pour qu'elles puissent s'appuyer Tune sur l'autre, on prolouge le bruit final de Tune d'elles. Nous savons que ce bruit final est un bruit indistinct d'explosion ou d'expiration qui en se prolongeant et aide par le mouvement des cordes vocales devient la voyelle indistincte, le schewa mobile, Ve muet. Telle
— Blest encore la prononciation de Tarabe vulgaire qui sur ce point a conserve I'etat archaique.
Mais plus tard, lorsque la voyelle 6tait accentu^e, elle se renforgait et de e muet devenait e clair ; quand I'articulation prdc^dente 6tait emphatique comme nous I'avons vu, elle devenait ; quand cette articulation ^tait aspir^e, elle devenait a ; dou la gamme e, a, o. Ve muet est done la matrice de toutes les voyelles, excepts de IV et de Yu qui sont provenus de la condensation des semi-voyelles y et u?, ou de Taffaiblissement de Ye et do Vo.
En Sanscrit toutes les articulations, k d^faut de signes particuliers de voyelles, font entendre apres elles un son vocalique qu'on est convenu de prononcer a, qu'en Bengali on prononce a, et qui n'6tait probablement, comme en Arabe, que la voyelle indistincte, 1'^ muet.
Nous venons de dire que Yi et Yu hrefs sont quelquefois n^s de I'affaiblissement de Ye et de Yo ; en effet, au lieu de devenir f , Ye est souvent devenu e, puis t, puis |\ puis e muet,
Y a-t-il plusieurs sortes dV muet ? Oui ; et cela devient Evident si nous consultons I'hisloire : les voyelles deviennent sourdes, dans la ligne a-o-u, ou bien dans la ligue a-e-i^ en prenant les deux moyennes on pent obtenir d'un c6t^ le chemin I et d'autre c6t6 le chemin o ; nous savons que ces deux chemins conduisent k Ye muet ; on aura done Ye muet provenu de Ye (|) et celui provenu de Yq («) ; le Russe les distingue soigneusement dans Yier doux et Yier dur d^riv^s le premier de Yi du slavon, le second de Yu de la mdme langue.
b) ARTICULATIONS.
L'attdnuation des articulations se fait aussi k plusieurs degr^s et m6me de mani6re diflferente suivant la nature de I'articulation .
Y les plosives .
Si la plosive est sonore, elle se change en aspir^e, par exemple h devient 6A, puis en fricative, par exemple », puis, en semi-voyelle soit w, soit h.
Nous verrons que h est le sol commun ou viennent se perdre les articulations, comme Ye muet ou schewa est le sol commun ou viennent se perdre les voyelles.
Si la plosive est muette, on a i parcourir un degr6 de plus, p devient b, puis bh^ puis v, puis to ou h.
Si la plosive muette est aspir^e, ph devient bh^ puis bh devient t?, puis v, m7, ou h.
Z" les continues.
Si la continue est sonore, elle se change en simple voyelle par la perte du bruit fricatif. C*est ainsi que v devient w, que g doux de liebig devient t/, que z devient i voyelle dans les langues qui connaissent ce son, et dans les autres w^y,h u.
La continue t^nue se change unif or moment en Taspir^e A, ou elle le fait par une interm^diaire apr^s avoir pass6 par la continue sonore ; ainsi/ devient soit v puis w ou h, soit tout de suite h ; de la mdme maniere 6 devient h ; k plus forte raison X devient aussi h ; s devient h.
3° les vibrantes.
LV et n perdent aussi le bruit, et se convertissent en semivoyelles, puis en voyelles buccales, puis en voyelles glottales, a, 0, e muet.
Les articulations ne se rdduisent pas seulement par la perte du bruit mais d une maniere plus directe encore par un proc6d6 special qui est \inverse du proc4d4 ernphatique ci-dessus d6crit.
Dans Tarticulation ordinaire la glotte reste grande ouverte, dans la renforc6e au deuxi^me degr^ elle se contracte de maniere a produire Taspiration, dans celle renforc^e au premier degrd elle se ferme pr^alablement pour s'ouvrir en pronongant le phoneme, dans le phondme tronque elle se ferme avant que le phoneme soit termini.
Ici la glotte se ferme avant, pendant et apr^s la prononciation du phoneme ; il en rdsulte la i^nue propreme^it dite telle qu'on la rencontre dans TOssete et le G^orgien, d'oii les degrds de t&nu£s : l"* t4nue absolue, 2"" t^nue ordinaire^ 3^ ernphatique^ 4® aspirde.
C) VOYBLLES ARTICUl6bS.
Suivant qu'elles sont voyelles ou articulations, il faut les comprendre dans une des classes qui pr^c^dent.
Cependant il faut ajouter qu*elles se r^duisent en passant du r61e d'articulation k celui de voyelles, par exemple Vy en i. Une noqvelle reduction est celle qui les fait devenir de simples sons de transition, sons dont nous expliquerons plus tard la j
nature et Torigine venues de la composition de la syllabe. .
Tels sont les divers degrds des phonemes.
6^ Classement des phon&mes suivant leur intigriti.
Le phoneme, de quelque degr^ qu'il soit, pent dtre plus ou moins complet. Le phoneme est complet s'il atteint son plein d^veloppement, s'il se prononce jusqu'^ sa fin ; il est incomplet si cette prononciation est tronqu^e; il est, au contraire, plus que pcti'fait si sa prononciation laisse comme un ^cho, seprolonge partiellement au del& du point ou il est compl^tement form6.
Nous ne parlerons pas ici des phonemes qui peuvent se trouver atrophias, ^court^s par la rencontre d*un autre phoneme dans la mdme syllabe, et qui pour ce motif ne sont que gliss^s, au lieu d'dtre prononc^s, mais de ceux qui sont tronqu^s ou prolong^s en dehors de toute rencontre avec d*autres. Les organes ne restent pas dans la position requise tout le temps ndcessaire pour la formation enti6re, ou, au contraire, y persistent plus longtemps. Voici le m^canisme de ce double processus.
En pronongant le t, par exemple, les cordes de la glotte peuvent rester tout le temps dans leur position dlndiffSrence, aussitdt Texplosion faite, le souffle s'^chappe sans former de nouveaux bruits. Le phoneme finit doucement, mit leisem Absatz^ comme disent les phon^tistes allemands.
En pronouQant le t, aussitdt aprds Tarticulation occlusive, on ferme la glotte, et pour faire I'explosion on souldve le larynx, ce qui comprime Fair rest^ dans la bouche, mais sans y ajouter un nouveau courant d'air ; il en r^sulte un bruit brusque et comme interrompu. Un tel phon6me est tr6s fr^ quent dans les langues SamoySdes ; on le trouve aussi en G^orgien, en Kunama ; cette disposition est appel^e mit fes^ tern Absatz.
Enfin une troisi^me disposition est der gehauchte Absatz. Elle a lieu si la compression du courant d'air ne cesse pas immddiatement avec Texplosion de Tarticulation, mais lui survit ; 11 en r^sulte une prolongation consistant en un bruit de souffle, et une aspiration t -{- h, p-^-h.
Ces trois dispositions s*appliquent k tous les sons et mdme aux voyelles. Dans le leise Absatz, Texpiration cesse lorsque les cordes vocales gardent encore leur position ; dans le feste Absatz, pendant que les cordes vibrent encore, on les ferme brusquement, de sorte que la voyelle est tronqu^e ; dans le gehauchter Absatz lorsque les cordes vocales se sont d^tendues, I'expiration continue encore ; c'est le visarga Sanscrit.
Dans le fester Absatz finissant le phoneme, s'il s'agit d*une voyelle, il faut observer qu'acoustiquement le son est relev6 dans la prononciation, et dans la croix vocalique se rapproche plus du centre de la croix, de VA.
7® Classement des phonies dapHs leur intensity.
Les phonemes se distinguent encore entre eux par leur degr^ AHiitensiti, Quelquefois cetle intensity depend de Taccent, et nous Tdtudierons en exposant Taccent d'intensit^ ; mais quelquefois la variation d'intensitd est ind^pendante de laccent. Quels sont les degr^s d'intensite ?
II y a d abord deux degr6s bien marques, par exemple ceux du t et du rf, du p et du ft, du k et du g. Nous avons vu que le d est le < + une voyelle glottale concomitante, que le b est le p 4- cette voyelle. Cependant il y a une autre diflRSrence dans un autre ordre d'id^es entre le t et le d, le p et le ft ; c'est que le d est moins intense que le t, et le b moins intense que le jo, et mSme dans certaines langues il n y a pas d'autres differences entre ces phonemes. Plusieurs dialectes de la Suisse ne connaissent pas de sonores, n*ont que les t^nues, et pourtant ils possedent le t et le d, le p et le 6, c'est qu'il reste entre ces phonemes Tautre difference, la difference d'intensite. L'un de ces phonemes prend le nom de fortis et I'autre celui de lenis.
II existe un troisieme degre ou le phoneme devient plus energique^ et ce degre est souvent employe dans les langues fin-
noises, il s*exprime par le redoublement de la ieltre : pp, it, kk, et suivant des regies precises, rarticulation monte et descend ces degr^s d'6nergie pp, p, b ; tt, t, d ; kk, A, g,
Ce ne sont pas seulement les articulations qui sont susceptibles de cette gradation, mais aussi les voyelles, et Ton peut trouver dans le vocalisme anglais trds nuanc^, par exemple, plusieurs sons pour chaque voyelle ; la est a, ou bien ^, ou a, o; Ve se prononce e ou i ; Vi se prononce i, ou at, ou e ; Vu se prononce eu ou iou. II est vrai que la quantity agit ici sur le son, mais il faut que ces nuances de son pr^xistent, pour que la quantity puisse les employer.
8^ Classement des phonemes suivant les diver ses voice employees.
L'ensemble des phonemes, ou autrement la voix elle-mdme, peut prendre au point de vue acoustique, mais aussi d'abord k celui de remission, des caracl6res parliculiet*s qui diffi^rencient la voix haute^ la voix de tete ou de fizusset, et la voix basse ou clandestine. Voici en quoi consistent ces differences.
Dans la voix haute de poitrine les cordes vocales se touchent par leurs bords et le souffle d'expiration les ^carte, les fait vibrer, puis ils reviennent k leur position premiere ; le muscle qui les fait mouvoir se contracte et en fait une masse solide et 6lastique.
Dans la voix^ de tSte le muscle ne se contracte point, les cordes vocales se touchent, mais non dans leur partie ant^ rieure ; les cordes vocales vibrent toutes, mais pas comme une seule masse ; il n'j a qu'^largissement ou r^tr^cissemenl de la fissure ant^rieure.
Dans la voix basse ou clandestine la glotte n*est point non plus compl^tement ferm^e, la force de Texpiration est att^nu^e de sorte qu elle ne peut plus que frotter le bord des cordes vocales et y faire naitre des bruits de frottement. Ces bruits simulent les sons.
9^ Classenient des phondmes d!aprds leur lieu de production.
Enfin les phonemes se divisent d*aprds le lieu ou ils se produisent. Ce lieu peut dtre indiqu6 soit sur la hauteur, soit sur
la largeur, soit sur la longueur du canal vocal ; dans le premier cas, cette determination ^quivaut k la distinction que nous avons faite entre les diff(^rents modes de production du phoneme puisque la production par contact s'opdre plus haut que celle des fricatives, etc. ; dans le deuxi^me cas, cela rentre dans la distinction ddj& faite entre le phoneme median et le phoneme lateral ; reste la division suivant le lieu ou les phonemes se produisent dans la longueur du canal vocal.
Au point de vue de la place que chaque phondme occupe sur la longueur du canal vocal, il faut noter d*abord que les phonemes ont un triple lieu, celui de leur prononciation^ celui de leur r^sonnancey celui de leur expiration, ces derniers ^tant toigours en avant du premier. Dans chaque Zteu de risonnance il y a i observer : V Vensemble du lieu de r6sonnance, 2® la forme diverse que prend cet ensemble, et le point particulier ou cette forme se modifie.
Les trois lietix de prononciation des phonemes sont : V la glotte et le larynx, 2^ la houche, 3* les Idvres.
Les trois lieux d'eoopiratton sont : P la houche, 2^ le nex^ 3^ la bouche et le nez d la fois.
Les trois lieux de resonnance sont : V la houche ou une partie de la bouche ant^rieure au lieu de production, 2* le nez^ 3" le nez et la houche, 4** le nez et une partie de la bouche.
Nous ne mentionnons plus ici les lieux de production du courant d'air ; il y en a deux : I'' les poumons dans I'expiration, 2^ les l^vres dans Tinspiration.
1<> Lieux de prononciation.
La glotte.
La glotte est seule k produire des voyelles, mais elle produit aussi des articulations.
a) voyelle glottale.
La voyelle k son lieu de production est une ; on ne pent I'appeler ni a, ni t, ni e, ni u, c*est simplement la voyelle; cependant comme Ti, Tu, Yn n'existent que par une modifica-
tioD du r^sonnateur, on peut appeler la voyelle glottale A ou e muet.
La production se fait par la vibration des cordes glottales.
Nous allons voir qu'en passant dans le r^sonnateur YA se divise en plusieurs classes : 1^ la classe nasale, 2"" la classe buccale^ S^ la classe bucco-nasale, 4^ la classe linguale^ et que chacune de ces classes suivant la forme que prend le r^sonnateur contient plusieurs sons distincts.
b) articulations glottales.
II existe P une articulation de vibration^ 1> glottal ou din arabe, 2® trois de frottement, Tune accompagnant remission de la voyelle, Valeph non hamz^, Tautre plus6nergique, Yh aspir4 ou esprit rude^ I'autre plus ^nergique encore au moyen de la fermeture de T^piglotte, Yhe des Arabes ; 3** un de plosion, Yhamza ou Y esprit doux ou fester einsatz et aussatz^ 4** peutdtre un d!avulsion.
c) semi-voyelles .
Y a-t-il des semi-voyelles glottales ?
De mSme que sur les l^vres la semi-voyelle w correspond A la voyelle w, que dans la bouche la semi-voyelle y correspond k la voyelle i, de mfime dans le larynx la semi-voyelle aleph correspond k la voyelle a ; on a ainsi les trois semi-voyelles des Semites : waw, yod et aleph correspondant aux voyelles : dommah^ kesre el fat hah.
Get aleph est le souffle trds doux qui accompagne la production de chaque voyelle ; c'est ce souffle qui, quand le courant d'air n'est pas assez fort pour faire vibrer les cordes vocales passant par la mdme position, donne la voix clandestine.
De cette semi-voyelle aleph qui est la plupart du temps sonore, puisqu*elle se mdle le plus souvent au son de la voyelle on passe k Tarticulation non sonore et consonnantique de Yh^ de mSme que de Yy on passe au ch doux.
Dans notre ^tude sur les divisions de la linguistique, nous avions attribu6 cette quality de semi-voyelle glottale k Yh ; nous modifions cette opinion, c'est k Y aleph qu*il faut altribuer cette quality.
En vain objectera-t-oh que Yaleph, comme Vh, prend dans la bouche la position d*i et d'u, aussi bien que celle d*a. Cela est vrai, mais c*est au point de production qu'il faut Texaminer et non au point de rfeonnance, toute voyelle au sortir du larynx est un A ; la semi-voyelle aleph au sortir du larynx ne pent correspondre qu'A YA.
La Bouche.
Dans la bouche se trouve un organe actif et un organe passif dont chacun est tant6t superieur, et tant6t infiSrieur k I'autre ; quelquefois aussi Torgane sup6rieur et Torgane inftrieur agissent tous les deux activement et c'est au milieu de la voAte palatale que cette situation mixte se produit, d*ou les groupes des vilaires oil le palais joue le r6le actif, des dentales oil c'est la langue, au contraire, qui joue ce rdle, et des palatales oil palais et langue agissent activement en leur milieu.
1^°^ GrOUPE DBS vftLAIRBS.
A. Articulations.
Le lieu de ces articulations s*^tend depuis et y compris le voile du palais jusqu'i Textr^mitd Am palatum molle.
EUes comprennent : P une articulation de vibration, celui du ^ (kha) arabe dont la sonore est le ghain, c'est k la fois le palatum molle et la luette qui vibrent ; ce bruit pent dtre ou t^nu, ou sonore, comme toutes les autres articulations que nous aliens d^crire, cest-^-dire accompagn^ ou non de la vibration des cordes vocales.
2^ Trois articulations fricatives, qui sont : 1° le x* *• c'est le ch allemand prononc^ au fond du palais et prds de la luette, il touche de pr6s celui que nous venons de ddcrire comme articulation de vibration, il correspond au q des plosives ; 2? le X^ ou ch allemand dur. Ces phonemes sont ainsi compt^s k partir du plus frequent. Ces deux articulations peuvent 6tre sonores ou non sonores ; les sonores sont y\ y*.
Une derni^re / qui a le son du g allemand de liebig est tr^s remarquable ; mais elle appartient a I'ordre des palatales ci-apr6s, c est elle qui sert de transition entre les articulations palatales et la semi-voyelle ou voyelle articul^e y que nous
d6crirons un peu plus loin ; ces deux phonemes sont si voisins qu*on les confond presque toujours ; cependant ils sout distincts, et la prononciation de j dans jahr n'est pas exactement la mdme que celle du g de liebig ;
line autre particularity de ce phoneme, c'est qu'il tend k devenir lat^raly nous avons donn^ Texplication de ce terme.
Arrivfe au y*, x^ (ioh^ liebig), nous nous trouvons au sommet du palais, entre le palatum durum et le palatum molle ; nous sommes arriv6 aux palatales, mais n'anticipons pas.
3® Trois articulations plosives dont deux correspondent aux fricatives ci-dessous, savoir : P g ou A* lequel est le qaf h^breu, arabe et arm^nien, prononc^ au fond du palais, tout pr^s de la luette ; 11 est ordinairement accompagn^ des voyelles w et ; 2** k\ c'est le k ordinaire, suivi le plus souvent de la voyelle a et qui touche k k^ on k suivi des voyelles e ou f, lequel A6g6n6re en Sanscrit si souvent en la consonne tch et que nous allons trouver tout-^-rheure parmi les palatales. Ils correspondent k x\ X*-
En dehors de ces phoudmes plosifs se trouve le phoneme plosif uvulaire paralldle k la vibrante uvulaire du ^ arabe. II existe dans les mots allemands schatten, et Tanglais muttony en r^alit^ schattn, muttn\ Tarticulation n n'existe pas dans ces mots ; en ef et ce que Vn a de consonnantique c*est son implosion et son explosion buccales ; or, il n*a pas d*implosion, puisqu'il se sert de Timplosion du t, de I'/qui prdcddent sans la renouveler ; n'ayant pas d*implosion, il ne pent non plus avoir d*explosion, puisque la seconde suppose la premiere. Vn est done purement vocalique, mais il ne peut s'ecouler par le nez comme les voyelles ordinaires et comme les nasales ordinaires pour lesquels le voile du palais a 6t6 pr6c6demment abaiss6 ; au contraire, ici ce voile a dtl 6tre soulev6 et fermer rentr6e du nez, pour pouvoir prononcer le ^ ; le n refluant vers le nez trouve done un obstacle, le voile du palais. Il faut qu'il Tficarte, et il en r6sulte une plosion. C'est cette plosion qui forme la plosion uvulaire o\x plosion velaire, Ce phoneme, nous I'appellerons la plosive uvulaire ; beaucoup d'auteurs, Sievers entre autres,.rappellent v6laire, ce qui entralne une confusion et n^cessite de conserver I'appeUation impropre de gutturale aux v6laires.
Les A\ A*, ont leurs sonores correspondantes : p', ^.
U faut remarquer ici soigneusement la correspondance entre les voyelles et les articulations. K^ ou g, et g^ correspondant a w, et s'6crivant tr^s souvent qu, ku ; A* et g^, correspondent k a ; nous saurons bientdt que A' et g^ correspondent k i.
4* Une articulation avulsive. C'est un des clicks ou claquements du nama qui porte le nom de click guttural.
B. Semi'Voyelle ou voyelle articuUe.
La semi-voyelle de cet ordre est Yaleph, correspond k la voyelle : A, semi-voyelle qui en perdant la sonorit6 devient A, et rejoint la fricative x*- Quant a la semi-voyelle loaw^ elle a aussi un rapport 6troit avec q, A* et X*, mais au point de vue de la solidarit6 de leurs mouvements. Autrement w r6pond plus directement, comme nous le verrons, aux labiales.
Certains phon6tistes ne distinguent A* de A*, (7, qu'en disant que q est A' labialis6. Nous croyons qu'il n'y a pas addition hyst6rog6ne ou rencontre fortuite de la voyelle u, mais un son simple prononc6 an fond de la gorge et dont I'articulation est solidaire de celle des levres.
2^ Groups des dentalbs
ou des articulations dans lesguelles la partie anterieure du palais, les dents et leurs alveoles sont les organes passifs^ et la
langue I'organe actif.
A. Articulations,
Le lieu de prononciation s'6tend on ce qui concerne Torgane sup6rieur et passif depuis le palatum durum jusqu'aux dents inf6rieures ; en ce qui concerne I'organe actif la langue, il n'a d'autres limites que la possibility.
Mais il faut divisor ici, en ce qui concerne I'organe actif, la langue, ces articulations en deux groupes : P celles ou la langue agit dans toute son 6tendue et sur les points correspondant du palais, le phoneme est alors dorsal, il est peu usit6, 2" celles oil la langue n'agit que par son extr6mit6, et alors elle pent se porter librement soit sur les dents, soit entre les dents, soit sur les alv6oles, soit en se recourbant en arri^re jusque sur le
milieu du palais ; le phoneme ast alors coronaL Dans le premier cas la langue affecte la forme convexe en dessus, dans le second elle est plus ou moins concave.
Nous commencerons par le syst^me coronaL
a) systdme coronal.
Les articulations coronales comprennent :
!• les phonemes vibrants. Ces phonemes sont IV et 17.
LV et 17 que nous retrouverons encore parmi les semi-voyelles et parmi les voyelles sont aussi certainement des articulations consonnantiques .
LV est, comme nous I'avons vu, a plusieurs degr6s ; k partir du moment oil il est pass6 de la voyelle et de la semi-voyelle k I'articulation consonnantique, il devient d'abord un r non route, puis un r roul4 de plus en plus fort, a mesure que la langue s'attache de plus en plus 6nergiquement aux dents ou au palais. Comme les phonemes fricatifs et plosifs auxquels il correspond, les differentes sortes d^ et de ^ IV pent etre dirig6 vers les dents, les alv6oles, ou le palais, et emprunter les diverses modications que nous exposerons en d6tail a propos de Ys et du <. Il y a done dans un sens.un r dental, un r alv6olaire et un r c6r6bral, dans un autre sens, un r non roul6 et un r roul6.
L7 n'est pas une dentale plosive, quoiqu'elle s'appuie sur les alv6oles, elle n'a \k qu'un arrSt intermittent comme celui de IV*. Ce phoneme qui de vocalique et de semi-vocalique devient aussi articulation consonnantique diffi^re de IV en ce que ses vibrations, au lieu d'etre bngitudinales, sont iransversales , et en ce que r6coulement de lair se fait de chaque c6t6, d'oii c'est un phoneme lat&ral.
Nous d^signons le phoneme vibrant de la bouche comme celui de mdme nature non vocalique de la glotte sous le nom Aephon&me tremblant,
L7, comme IV, peut avoir des vibrations plus ou moins fortes, les unes sont aux autres comme celles de IV roul^ sont k celles de IV non roul4. D'un autre c6te, suivant sa direction, de mdme que IV, 17 peut etre dental, alv^olaire ou c6r6bral.
L7 et IV sont ordinaireraent sonores, c'est-^-dire accompagn^s d'une vibration vocalique de la glotte, mais ils peuvent
Stre aussi non sonores ; 17 barr^ polonais dont la veritable nature est mal connue peut n*Stre qu un / non sonore.
2** Les phonemes fricatifs. Ces phonemes sent nombreux. lis sont : 1° interdentaux, 2' dentaux^ 3" alv4olaires^ 4** c^rihraux.
Le phoneme fricatif intendental est le 6, ou th anglais, lequel a pour sonore correspondante le (J, ou i doux. II se forme en passant la langue entre les dents.
Le phoneme fricatif dental est Vs, lequel a pour sonore le Zf il se forme derri^re les dents.
Le phoneme fricatif alviolaire est le s emphatique des Semites dans lesquels les bords do la langue s'appuient sur les molaires, et le bout de la langue seul sert au resserrement du courant d*air. II a pour sonore ;;. Ce phoneme s'accompagne d*une fermeture prdalable de la glotte.
Le ^hon^me fricatif cerebral est le si 5 Sanscrit. II se forme en dirigeant la langue vers le milieu du palais ; un pas de plus on arrive aux gutturales, au ch doux allemand.
On pourrait designer tons ces phonemes fricatifs par s\ s*» s )' s eii z,Z)Z|Z«
De mSme que IV dans les dentales vibrantes-tremblantes a pour phoneme lateral 17, de mdme les diffdrents s ont un phoneme lateral le 1^ ou sh,
Ce phoneme se forme un peu plus loin que la fricative cdrdbrale dont elle difi^re peu. L*<$coulement de Fair se fait de chaque c6t6 de la langue. Mais cet i appartient aux palatales que nous aliens ddcrire.
3® Les phondmes plosifs, Ces phonemes reproduisent les mfimes divisions. lis sont : 1» interdentaux, 2** dentaux^ 3** alv4olaires, 4° c^r^bratcx. On peut tons les exprimer par t, si non sonores, par d, si sonores ; de \k t\ <*, ^^ t\ et d\ d*, cP et d*.
Les phonemes plosifs ont leur phondme lateral, ce phoneme lateral est tch, et si sonore, dj\ II se forme au-del4 de la place c6r6brale, c'est-A-dire de celle du t*, d^. Ce phoneme n est point
le compost de ^ -f* ^^> ^^ ^ -^J * ^'^^^ ^^ phoneme unique qui est aux dentales plosives, ce que sh, ^, ;, sont aux dentales fricatives, mais il appartient au domaine des palatales que nous ddcrirons plus loin.
4® Les phondmes^ avulsifs, II n'y en a qu'un ; c*est le click
dental, se formant par succion et inspiration. Ce phoneme avulsif direct a aussi pour correspondant un avtdsif lateral , Telles sont les articulations coronales ,
h) systdme dorsal.
Dans le systdme dorsal, la langue se d^ploie dans toute sa longueur, et son extr6mit6 vient toucher les dents inf^Srieures ; le contact des plosives se fait par le rapprochement du milieu de la laugue et de la partie antdrieure du palais.
U y a dans ie systeme dorsal, comme dans le syst^me coronal, des vibrantes, des fricatives et des plosives, cependant la vibrante semble n'y 6tre que latdrale ; nous pouvons designer ces sons par T, «*, z^, t^, cP, chacun en effet, VP compris, pent y etre sonore ou non sonore.
Ces sons sont usit^s chez les Slaves.
Le systeme dorsal est g^n^ral chez les v^laires palatales ; au contraire, il forme exception chez les dentales ou le systeme coronal domine.
B. Semi-voyelle.
Y a-t-il des semi-voyelles correspondant aux dentales ? II serait trop hardi prison tement de rfeoudre cette question. Peut-6tre le sz du Mandarin, le f de I'lndo-Europ^en sont-ils cette semi-voyelle dont la voyelle serait \y sombre russe et k d6faut, Tf , par exemple ; on ne pent faire que des conjectures.
3° GrOUPE DBS PALATALES
oil la langue et le palais en leur milieu concourent 4galement et activement d la production du phoneme.
A. Articulations.
C'est ce groupe que les grammairiens nomment palatal, par opposition k celui des phonemes k, g etc. qu'ils appellent improprement guttural, car le fond du palais n*est pas le gosier. Nous leur conservons ce nom.
II faut remarquer que ces palatales servent de transition ; leur articulation est dorsale, comme celle des v6laires ci-
dessus ddcrites, mais leur tonality ressemble k celle des dentales dont lis ont le sifSement ; puis elles sent situ^es exactement entre les deux domaines.
Les palatales sont k deux degr6s : P les palatales post6rieures, 2* les palatales ant6rieures.
Nous avons d6ja relev6 une division semblable chez les vdlaires.
a) palatales postirieures.
Elles touchent aux v6laires avec lesquelles elles se confondent souvent sous le nom de giUturales. Elles empruntent m6me leurs lettres, et se ddsignent par x'» A^, ou par x* **.
Elles comprennent 1« et 2^ des fricatives et des plosives : x'l 7' ; k\ g\
3° des vibrantes mouill6es ; c'est le son de I'italien gl^ de I'espagnol II et aussi de IV mouill6, de Tr des Slaves.
4® des nasales mouill6es ; le gn fran^ais.
Le son i est mdl6 k toutes ces palatales.
b) palatales arUdrieures .
Ce sont les chuintantes.
Les chuintantes sont toutes lat6rales et comprennent :
1" des plosives : tch et dj.
2' des fricatives : sh etj frangais.
Nous ajouterons que le tch comme le dj ont deux prononciations, Tune labialis6e et plus large, Tautre non labialis6e et plus resserr6e ; une troisieme plus 6troite encore et se rapprochant de la palatale post6rieure est celle de 1'^ polonais.
3' des vibrantes mouill6es ; ici confusion avec la classe pr6c^dente.
4* des nasales mouill6es ; aussi confusion avec I'autre classe.
B. Semt-voyelles ou voy elles articvUes.
La semi-voyelle de la voyelle f est y, or y se rattache 6troitement aux palatales du groupe post6rieur. La semi-voyelle y touclie a -f soit au g de liebig, tcllement que beaucoup de phon6tistes ne Ten distinguent pas.
II faut remarquer en ce qui concerne les phonemes palataux : !• leur extrdme affinit6 pour la voyelle t puisqu'ils se convertissent en i par rinterm6diaire de Vy, 2"^ le caract^re lateral du second groupe, de celui des chuintantes, S"" la combinaison avec i dans le second groupe apr^s Tunion 6troite avec lui dans le premier, 4" la position interm6diaire entre les v6laires et les dentales, laquelle permet aux phonemes chuintants de servir de phonemes lat6raux aussi bien aux dentales qu'aux v6laires.
Les ii:yRES.
Le troisi^me lieu de production des phonemes c'est le prolongement labial, Lk encore il faut distinguer entre les articiUations et les semi-
voyelles.
A. Artictdatians.
Les labiales comprennent des vtbrantes^ des firicatives^ des plosives et des avulsives.
Les vibrantes consistent dans un r labial inusit^ ; il n'y a point d7 labial.
Les fricatives se subdivisent en deux classes, les labiales proprement dites et les labto-dentales.
Les fricatives labiales sont w nan sonore et w sonore ; peut- 6tre faut-il compter aussi w et ib.
Les fricatives Idbio-dentales sont /"non sonore et v sonore.
Les plosives labiales sont : p et &.
Enfin il existe une avulsive labiate,
B. Semi-voyeUes .
Les semi-voyelles sont to et tb correspondant aux voyelles u et ii.
On remarquera que, de mSme que Yy se confond presque avec le 7^, de m6me ici le w articulation se confond tout-A-faitgraphiquement et k peu pr^s phon6tiquement avec le w semi-voyelle.
Interm^diairbs entre les glottales, les v^laires palatalbs, les dentales et les labules.
Nous venons de dire que les palatales forment une transition entre les dentales et les v6laires.
Les uvulaires forment transition entre les glot tales et les v^ires.
Enfin entre les dentales et les labiales il y a deux points de transition, Tun du c6t6 des labiales, Tautre du c6t6 des dentales.
Du c6t6 des labiales ce sont les labia dentales : /, r.
Du c6t6 des dentales ce sont les interdentales, 6, (J, et mfime une lingico-labiale inusit6e.
Tels sont les lieux de production des phonemes.
2*» Lebux d'bxpiration.
Les trois lieux d'expiration soit la bouche^ le nez, la bouche et le nez k la fois.
a) voyelles.
Les voyelles se divisent quant k leur lieu d'expiration en : P voyelles k expiration orale^ ce sont les voyelles ordinaires, 2« voyelles k eccpiration k la fois nasaie et orale ; ce sont les voyelles du frangais an, in, on, un, compl6t6es par la gamme enti^re qui existe en Portugais , S* voyelles k eccpiration nasaie ; ce sont ce que nous appelons les consonnes nasales^ lesquelles sont en r6alit6 des voyelles, deviennent des semivoyelles quand elles comportent une implosion, et des consonnes, quand elles comportent k la fois une implosion, et une explosion.
Ce point est important et il faut s'y arrfiter un instant. Une grande incertitude existe sur la v6ritable nature des nasales, et elle n'est pas encore r6solue. D'abord les nasales 6taient consid6r6es comme des consonnes pures et simples ; les n6o-grammairiens ont ensuite d6couvert et les grammairiens indiens I'avaient soup5onn6 avant eux, mais en se posant au point de vue syllabique, que les nasales font tant6t fonction de voyelles, tantdt fonction de consonnes^ d'ou la th^orie, parfaitement vraie d'ailleurs, des nasales sonnantes. Puis on alia plus loin, et les plion6tistes physiologistes compt^rent les nasales au rang des voyelles seules. La v6rit6 est que les nasales sont tantdt des voyelles, tantdt des semi-voy elles , tantdt des articulations consonnantiques si bien ^loign^es des voyelles qu*elles peuvent devenir des articulations non sonores.
II arrive ici ce qui est arrive pour I'i, Yy le / et le y^ dont nous avons observe la progression. De mdme nous avons n, puis n semi-voyelle, puis n consonne sonore, puis n consonne t^nue. C'est exactemenl la mdme marche. Nous sommes seulement ici k un autre point de passage des voyelles aux consonnes.
Au point de vue non de Texpiration, mais de la r^sonnance, du timbre, nous verrons qu'il faudra distinguer entre Yrrt, Tn, et le r^g ; mais au point de vue de Texpiration c*est la mdme chose.
Les voyelles de r^sonnance r, ou de r^sonnance I peuvent aussi comme les voyelles simples avoir leur expiration par les Uvres ou par le nez.
' A cdt6 de cette expiration alternative de Tarticulation par les Idvres ou par le nez, nous croyons qu'il faut placer pour certaines articulations, pour IV, pour I'n, une d6charge imm6diate, qui se fait dans I'endroit mdme oi!i la prononciation se produit.Dans IV la vibration se fait avant la reaction en arridre et Tair se ddcharge k chaque mouvement ; dans 17 une premiere d^charge du courant se fail sur les cdtds de la langue et sur place.
b) semi-voyelles.
Les trois semi-voyelles : aleph^ yod et waw sont susceptibles, comme les voyelles correspondantes, d'avoir leur expiration non plus, il est vrai, par les I6vres et le nez k la fois ; ce processus n'est accords qu'aux voyelles, mais par les l^vres ou par le nez.
II y a done un yod nasals comme un waw nasal ; Yaleph nasal est imperceptible.
c) articulations.
Les articulations ne peuvent avoir d'expiration k la fois par les I6vres et par le nez, mais elles peuvent avoir Tune ou ^ Tautre.
La labiale plosive dans I'expiration nasale forme Ym ; la dentale dans cette mSme expiration forme Tn, si dentale pure, IW, Tn*, ^n^ I'w*, IV dans les autres cas ; la palatale forme le gn de agneau ; la gutturale, le ng de lang.
Les fricatives n*ont pas d'expiration nasale puisque Tair n'est pas SLTv6t6 et va du cdt^ des I^vres, et n'est pas refoul^ vers le
canal nasal, cependant en resserrant le canal suffisamment, on pourrait les nasaliser, on a bien Yy nasal.
Les vibrantes ont-elles une expiration nasale? A la rigueur ; parce que la colonne d'air n*est pas pouss^e en avant ici comme pour les fricatives, mais rejet^ pour ainsi dire sur place ou de chaque cdt^ de la langue, de sorte qu on pent facileofient repousser tout-^-fait Fair du c6t6 des fosses nasales.
3"" LifiUX DB R^SONNANGE.
Cette 6tude est surtout importante en ce qui concerne les vo3^elles qu*elle diff(^rencie profond^ment. Commen^ons cependant par les articulations consonnantiques.
a) articulations.
Les articulations ont g^n^ralement leur r^sonnateur en avant d elles-mdmes, mais elles Tout en arri^re lorsqu'elles sont nasalis^es.
Le r^sonnateur d'un 6, d un p, ce sont les Idvres, d'un ^ d'un rf, les Idvres et les dents, d'un d et d'un t cdr^braux, toute la partie de la bouche qui est en avant, d'un g, la bouche enti6re.
II en est de la vibrante et de la fricative comme de la plosive.
Mais si le phondme est nasalise, le r^sonnateur est plac^ en arridre et comprend une partie de la bouche et le nez tout entier, dans I'm la bouche enti^re post^rieure aux Idvres et le nez, dans Tn la bouche entiSre post^rieure aux dents ou au point m^dio-palatal, si le phoneme est c^r^bral, et le nez ; dans I'np, la partie de la bouche post^rieure au point ou le palais et la langue se joignent et le nez, enfin dans le phoneme uvulaire plosif le nez seulement.
Mais est-il exact de dire que Tarticulation n'a que ce seul r^sonnateur plac^ en arri^re ou en avant suivant qu* 11 j a ou qu'il n'y a pas de nasalisation ? Je crois qu'il faut dire, quoique cela n'ait jamais 6t6 dit, que dans le cas d'articulation sonore, ilse joint une r^sonnance glottale au moment ou I'articulation se fait et ou les cordes vocales se tendent ; c'est cependant une opinion que nous ne faisons que proposer.
Nous avons ^nonc^ plus haut, qu'a la dilTi^rence de ce qui se produit pour les voyelles, le lieu de r^sonnance est pour les articulations consonnantiques solidaire du lieu de production. Cette affirmation est trop absolue. Sans doute cette solidarity existe bien pour le lieu de risonnance, c*est-4-dire pour son ^tendue, mais non pour la forme du r^sonnateur. Cette forme peut 6tre vari^e pour les consonnes comme pour les voyelles, quoique dans des limites plus restreintes, ailleurs qu*au lieu mSme de production.
C est ainsi que les consonnes buccales peuvent dtre ou non ldbialis4es. Un exemple frappant de labialisation, c'est celui du ch frangais^ sh anglais ; il peut dtre prononc^, et il Test en frangais en projetant les l^vres en avant, ce qui amplifie le rdsonnateur ; au contraireen anglais cette amplification n'existe pas, et Teffet accoustique n'est plus le m4me. Le q est aussi une y^laire labialis^e.
b) semi'Voyelles.
Les semi-voyelles de la classe y, w, aleph^ ou de la classe n, m, n^, ou de la classe r, Z, ont les mSmes lieux de r^sonnance que les voyelles dont ils sont la cristallisation et la concretion.
Quant au nombre et k la nature exacte de ces semi-voyelles, nous aliens traitor k Tinstant de ce sujet important, en traitant des voyelles elles-mdmes.
c) voyelles.
Au sortir du larynx la voyelle est une, ni a, ni e, ni u ; ce serait e mtiet^ mais en r^alit^ c est simplement la voyelle.
Nous avons vu comment elle est modifi^e par ses divers lieux d'expiration, et qu'i ce titre en supposant qu'elle ne TeAt pas 6t6 en chemin par un r^sonnateur, elle s'appellerait encore suivant le lieu d'expiration : voydle orale^ voyelle orale-nasale et voyelle nasaie.
Mais elle se modifie aussi suivant 1^ le lieu du risonnaleur^ Z" le mouvement du risonnateur^ 3^ la forme, la longueur et la largeur du r4sonnateur.
V le lieu du risonnateur.
Ce lieu peut £tre ou le nez seul, ou le nez plus une partie plus ou moins grande de la bouche, ou le nez et la bouche k la fois ; tout ce qui a 6t6 dit du lieu d'expiration peut se r^p^ter ici.
2® le mouvement du risonnateur.
Le r^sonnateur n*est pas toujours immobile pendant le passage du son ; il peut se mouvoir k son extr^mit^ de mani^re k faire des trilles sur le courant d'air qui passe. Le r4sonnateur moule le son ; le moule peut Stre mobile et produire des oscillations. C'est ce qui arrive pour les vibrantes r et /, consid6r^es alors comme moulant le son, ne produisant pas de bruit, et modifiant seulement la voyelle.
3® En fin la forme, la longueur et la largeur du risonnateur ; ces variations causent par les varidt^s du r^sonnateur les diverses sortes de voyelles pures .
Les trois voyelles principales a, i, u dependent de trois facteurs : P le resserrement entre la langue et le palais ou leur ^cartement, 2" le resserrement des Idvres ou leur prolongement en avant, S"" le haussement ou le baissement du larynx.
On peut tenir le larj^nx k une hauteur moyenne, de mdme la langue et les Idvres, on a Va ; si on laisse tomber le tout k position du repos, inerte, on a Ve muet, le schewa.
On peut tenir le larynx plus 6\eY6, monter toute la langue vers le palais, resserrer les l^vres ; de ce resserrement g^n^ral de tout le r^sonnateur nait Yi,
On peut tenir le larynx plus abaiss^, 6carter sur le devant la langue du palais, prolonger les Idvres en avant, de cette augmentation du r^sonnateur natt le phoneme u.
On peut croiser ces mouvements, clever toute la langue vers le palais et prolonger en avant les l6vres ; le r^sonnateur se trouve r6tr6ci sur un point, augments sur un autre, on a alors le phoneme ii ; ou bien eloigner la langue du palais, mais en mdme temps resserrer les levres ; ce mouvement est I'inverse du precedent, on a alors la voyelle y sombre ou russe.
Voil^ quatre formes bien diff6rentes qu'affecte le r6sonnateur ; Va ou Ye muet, suivant les cas, est la position moyenne.
D'ou la croix vocalique repr6sentant graphiquement les diverses positions extremes et la moyenne centrale du r6sonnateur.
y russe
-a ouf-
Mais entre ces positions se trouvent des positions moyennes ; entre Ya et I'u, par exemple, se trouve To, oil les 16vres sont moins projet6es, la langue moins rapproch6e du palais, le larynx moins baiss6 que dans w, mais plus que dans a.
De meme entre i et a se trouve e.
De mfime entre a et ii la voyelle 6 ; entre y et a, Ye sombre des Yakutes, d'ou la croix plus complete.
y russe
-e sombre
Entre ces interm6diaires viennent s'en placer d'autres, entre Ya et To, Y& de I'anglais wall et du Su6dois ; entre Yo et I'w, I'd du mot frangais Qaide ; entre Ya et Te, I'a allemand ; entre Ye et Ti, Te frangais de ne^.
Entre I'd et I'm, se place I'd du mot franjais csufs oppos6 k celui S!ceuf\ entre I'a et I'a, I'a tres bref de fai^ hat.
Sur la ligne de Yy sombre les interm6diaires sont moins connus.
D oil la croix vocalique plus complete.
y russe
-jb sombre
ee
abref
Mais toutes ces voyelles sont des voyelles plus ou moins claires ; nous avons vu qu'elles peuvent toutes s*assourdir sous la loi du moindre effort. Cet assourdissement se marque bien par UQ ziro sous la lettre, et on pent ^tudier ses progr^s dans le vocalisme anglais sur les syllabes non accentu^s.
On a ainsi la croix vocalique suivante assourdie.
Puis ces voyelles assourdies viennent k se confondre, et on a le tableau suivant qui se r^duit k Ve schewa ou muet.
e mtiet
muet muet muet
emuet
On arrive k la voyelle indistincte, qui seule se prononce dans la position de repos du r^sonnateur et qui a 6\jk probablement le point de depart et la matrice de toutes les autres. Nous avons d6jk expliqu6 cette th^orie k propos des articulations.
Toute articulation, en effet, est suivie de cet e muet plus ou moins prononc6.
Par cet e muet les voyelles touchent done encore aux articulations productives de simple bruit.
C*est ainsi que pen k peu s'est moul4e la voyelle et qu elle s'est differenciee.
II est facile maintenant A'entrevoir la giniration des phonemes ; cette th^orie qui nous est personnelle, qui est bardie, si elle est v^rifi^e, est tr^s importante.
Au commencement, il n'y a que des articulations consonnantiques, probablement des claqtiements , des avulsives, ces phonemes fossiles que nous trouvons chez les Namas seuls.
Puis naissent les diverses explosives ; ce qui prouve que les explosives et les explosives fortes seules onl exists d'abord c*est que beaucoup de langues ne contiennent qu*elles ; on pourrait citer comme exemple le Chinois qui a peu de sonores . et peu de fricatives ; le langage s adoucissant on passe des plosives aux fricatives point directement mais, comme nous le verrons plus loin, par Tinterm^diaire de Taspiration ; ou des plosives aux vibrantes ; le tout oui ou non nasalise.
On ne poss^de encore que des consonnes, mais on atteint les voyelles par les semi-voyelles qui se trouvent sur un grand nombre de points ; dans un sens, par I'y, I'u, Valeph et peut-dtre d'autres que nous aliens chercher tout k Theure, dans un autre sens par 17 et IV, dans un autre par Tm, n, ng.
Nous avons vu en detail les semi-voyelles des deux derniers sens et souvent elles ont amen^ aux voyelles nasales et vibrdes ; voyons seulement ici la g^n^ration des semi-voyelles et des voyelles ordinaires.
La voyelle indistincte, le schewa^ est n^ du prolongement du bruit explosif des articulations, renforc^ par les cordes vocales.
Les voyelles claires sent n^es de cette voyelle indistincte qui par la variation du r^sonnateur a pris les diff^rents timbres ci-dessus, mais elles sont n6es aussi des articulations ellesmSmes par rinterm6diaire des semi-voyelles.
Mais quelles sont toutes les semi-voyelles f Les langues S^mitiques vont nous Tapprendre, et la comparaison de I'alphabet S^mitique avec le ndtre nous sera ici d'un puissant secours.
Les Semites ont trois semi-voyelles r&pondant incontestablement a des voyelles ; ce sont : cUeph k a, yod a t, et waw a u ; YcUeph repr6sente le bruit qui accompagne le son a ; de mdme ' yod et tcaw, celui qui accompagne i et u, d'abord le bruit s'est mA6 de son, puis on a pass^ au son pur.
Mais trois autres semi-voyelles^ aujourd*hui simples aspirations, ont d'abord 6t6 des voyelles mdmes, ou plus exactement des matrices de voyelles. Ce sont ain qui correspond ko.he qui correspond k e, et m6me heth qui correspond k e ; les lettres
qui les repr^sentent correspondent aux grecques : o, c, yi. Actuellement ces phonemes sont devenus le J" IV glottal, le 2" Yh glottal, le 3® le x* explosive de q.
Aujourd'hui ces phonemes : ain, ?ie, heth sont de purs bruits, des articulations glottales, et ces articulations non-seulement ne sont pas des voyelles, mais ne semblent avoir aucun rapport avecles voyelles o, e, S, pas plus, du reste, qu'aleph avec a. Cependant aleph comme a se forme dans la glotte ; T^cart entre a'in, he, heth d'une part, et o, e, S d'autre part est plus grand ; les premiers sont des bruits form6s dans la glotte et s'y diff<$renciant, les seconds sont des sons aussi formes dans la glotte, mais ne s'y diff^renciant pas, se dijflPi^renciant seulement dans le r6sonnateur, dans la bouche.
Comment se fait-il done que ain, he, heth aient 6t6 les voyelles a, e, Sf
C'est qu'en eflfet elles n'ont jamais ^t6 exactement ces voyelles, mais qu*elles en ont 6t6 le v^hicule, voici comment.
La syllabe est Vuniti naturelle antirieure au phondme, beaucoup d'^critures primitives nous le prouvent, r6gyptienne, la chinoise, la japonaise, ce n'est que plus tard qu'elles deviennent ab6c^daires. La prononciation se fait par syllabes.
Dans cette constitution syllabique, certains bruits ont de Vafj^niti pour certains sons, et certains sons pour certains bruits, ils s*accompagnent d*ordinaire. Nous en avons encore des exemples en frangais 06 la voyelle u accompagne ordinairement le q ; ce qui n'a plus lieu aujourd'hui que sporadiquement avait lieu alors par masse. Ceci nous amSne k ^tudier les afflnit4s riciproques des bruits et des sons.
II y a bien une premiere affinity venant de ce que les deux ont leur point de production ou leur point d*appui au mdme endroit. C'est ainsi que la semi-voyelle y et Farticulation x* ©t la voyelle i ont leur point d'articulation ou d*appui au mdme lieu.
Mais une autre affinity tr^s sensible aussi c*est celle qui existe entre deux phonemes de lieux respectivement ^loign^s, mais dont la prononciation est solidaire. Dans I'exemple cidessus cit6 qu, qu'est-ce qui explique la reunion si fr6quente de ces deux phonemes ? C'est une certaine solidarity des mouvements de prononciation. Pour prononcer I'w en dehors du
moavement des I^vres en avant, il y a rascension de la partie post^rieure de la langue vers le fond du palais de mani^re k augmenter la capacity du rdsonnateur et la depression du larynx. Tons ces mouvements se trouvent aussi dans la prononciation du q, seulement cette prononciation aboutit au fond du palais au lieu d'aboutir sur les ISvres. Pour le g, k profond, le larynx s'abaisse, les iSvres se prolongent en avant, la partie postdrieure de la langue touche le fond du palais.
Abordons main tenant I'affinite de Vain pour To, de Valeph pour Ta, de V?ie pour e, et mSme, quoique ce point soit moins clair, de Vheth pour S.
Vo se forme com me Tu, seulement le prolongement labial est moins accentu^, le larynx est un peu relev^, la partie post6rieure de la langue touche moins le palais et moins en arridre, c'est Yu attdnu6. Mais les dispositions n^cessaires pour le prononcer sent les mSmes que pour IV glottal, le ain. En outre, accoustiquement de mdme que les consonnes p, t, etc. font entendre un e muet presqua forc^ment, de mSme le ain ne pent se prononcer sans un son creux qui est un o. II y a affinity de solidarity de prononciation et affinity accoustique.
Valeph et Ya se ferment au mSme endroit et on pent le dire ensemble, puisque le bruit tres leger de souffle de YaXeph accompagne la voyelle a sa sortie du larynx. Ici existe le premier genre d'affinit^. D'ailleurs Ya est la plus simple des voyelles ; elle est la reunion de toutes les voyelles, comme le hlano la reunion de toutes les couleurs ; Valeph, de son c6t6, est le plus leger des souffles.
Uhe et Ye se ressemblent par la solidarity des mouvements de prononciation. Quand on prononce Ye, le souffle qui accompagne la voyell^ doit passer au larynx avec plus d'effort que pour Ya, il se compose de Yesprit rude au lieu de Yesprit doux, dihe au lieu d'aleph.
Vhet et IV ont la m6me affinit6, Yhei se forme non plus dans le larynx mais au fond du gosier pres de la luette ; TeflFort d'aspiration ne commence plus que dans la bouche, et non dans le larynx.
Telle est notre th6orie ; du reste, qu'on explique ou qu'on n'explique pas ces affinit6s, elles existent certainement, puisque dans la d6g6n6rescence alphab6tique Yaleph est graphiquement devenu un a, Yain un o, Yhe un e, Yhet, YS grec.
Un ph^non^me diif6rent, mais parall^le, s'est produit dans certaines langues ou des plosives on est pass6 aux fricatives par rinterm6diaire des plosives aspir6es, de k kx pour kh.
Du reste les langues s6mitiques n'ont originairement aucunes marques de voyelles, elles n'ont que des setm-voyelies ou des asp^aiions emportant voyelles, savoir : yod, wow, alefih, ain, he et heth, chacune repr6sentant ou supposant une voyelle. La semi-voyelle d'ailleurs ne se prononce-t-elle pas naturellement avec sa voyelle, ne disons-nous pas iy ou / tr6s souvent \k oil nous 6crivons simplement i ou simplement y? De mfime ils disaient avec leurs aspirations ha avec un aleph, iy avec un yod, zvu avec un wow, ho avec un ain, he avec un he, hi avec un heth.
J'aj outer ai que ces voyelles issues ainsi de P articulation en affiniti avec elles ne formaient avec cette articulation pour ainsi dire qu'un seul phoneme, en vertu de la constitution syllabique tr6s serr6e, qu'eUes 6taient tongues, tr^ r6sistantes, et faisaient partie de Texpression de la racine elle-mfime, non des modifications ou accidents de grammaire. Rien ne permet done de les 6liminer pour remonter k la racine premiere.
Plus tard tantdt la voyelle, ainsi n^e, tantdt I'aspiration qui lui avait donn6 naissance, disparurent. Le plus souvent, c*est la voyelle qui disparait, I'aspiration seule reste, et peut s'accompagner d6sormais de toute voyelle choisie librement ; cette voyelle de seconde couche qui vient d6sormais se superposer k I'aspiration , nous aliens en rechercher tout k I'heure la provenance. Quelquefois c'est I'inverse.
C'est ainsi que partout on commence par les consonnes, puisqu'on arrive d'un c6t6 aux semi-voy elles, d'autre c6t6 aux aspirations, et que les deux conduisent aux voyelles. Ce sont les valines qui se ferment de r6rosion des montagnes.
Telle est la g6n6ration dans les voyelles simples, nous avons vu auparavant qu'il en est de m6me des voyelles nasalise'es qui se rejoignent aux consonnes par les consonnes nasales, et des voyelles tremblees qui se rejoignent aussi aux consonnes par Tret par 1'/.
La g6n6ration des voyelles se fait done au sein des articulations consonnantiques des deux mani^res suivantes : V par les semi-voy elles .
a) aleph,yod, waw deviennent a, i, u; id devient ii.
b) fH, n, fig deviennent »^, n, ng^
c) r, / deviennent r, L
2" /flr /w aspirations glottdUs oufaticaUs.
a) a*t» devient o,
b) A« devient e,
c) A^/ devient ^.
Nous avons la s^rie des voyelles. II marque cependant I'y sombre russe. Nous conjecturons qu'il est issu du z semi-voyelle, sz ayant en Chinois un son analogue k celui de IV russe.
Les voyelles se rejoignent ainsi aux consonnes par les nasales, par les vibrantes, par les fricatives. Nous aliens voir tout-A-l'heure qu'elles s'y rejoignent aussi directement par les plosives.
En effet nous avons k 6tudier maintenant un dernier mode de g6n6ration des voyelles. Mais nous devons dire tout de suite que la voyelle ainsi n6e, 1" est hysierogene, 2** ei^ instable, S'^joue dans le langage un rdU particulier.
Lorsqu'il ne se trouvait pas une semi-voyelle ou une aspiration de nature k determiner le son de la voyelle suivante, la consonne pouvait n'dtre suivie d'aucune voyelle ou d'une voyelle ad libitum. Dans le langage rien n'est laiss6 k la volont6 individuelle. A d6faut de facteur sp6cial, la consonne ne devait 6tre suivie d'aucune voyelle, ou si les groupes de consonnes s'accumulant devenaient impronongables, on devait intercaler la voyelle indistincte^ Ye muet.
Cependant la solidarit6 des mouvements de prononciation vint faire donner k quelques plosives le privilege qui appartenaitaux semi-voyelles etaux aspirations de d6terminer la voyelle suivante. C'6tait une application du principe syllabique et une conservation de I'autonomie de la syllabe. C'est ce que les S6mites purent faire avec leurs phonemes emphatiques. Ces phonemes se trouvent parmi les dentales et les palatales et correspondent k autant de non emphatiques ; de \k une polarisation, une impulsion en sens contraire sur I'^chelle des voyelles, d'un c6t6 sur la branche a-o-u, de I'autre sur la branche a-e-i, et comme il n'y avait qu'une simple tendance on s'arrfitait aux moyennes o, e. Le bruit emphatique r6sulte de ce qu'avant de prononcer la dentale ou la palatale on ferme hermetiquemeni la glotte pour I'ouvrir en pronongant. Cette plosion de la glotte est
solidcdre du son o, u qui se forme en abaissant le larynx et en appuyant sur lui. Partout done ou apparut le phoneme emphatique, il nuanga la voyelle suivante d'^ s'il y avait une voyelle, il supposa et fit apparaltre cette voyelle 14 ou elle n'existait pas. Or I'arabe possMe un /, un d, un s, nnj, un k emphatiques.
Une grande partie des consonnes se trouvait aiusi, par la force syllabique, pourvue de voyelle.
Cependant ces voyelles manquaient encore souvent, puis au cours de r6volution, la solidarit6 syllabiqile tendait k se relAcher, chaque consonne devenait capable de supporter indistinctement toute voyelle. De mfime que I'^criture, le langage de syllabique devenait litt6ral.
En meme temps un besoin psychique 6tait n6 surtout chez certains peuples, en particulier les S6mites, celui d'exprimer par les voyelles les nuances d'id6es, les categories grammaticales, en r6servant les consonnes pour les racines.
Enfin la prononciation s'adoucissait, on ne pouvait r6unir autant de consonnes sans intervalle, chacune avait besoin d'une voyelle et d'une voyelle plus claire, plus vari6e aussi que la voyelle indistincte.
Ce fut du d6veloppement du bruit indistinct accompagnant surtout I'explosive, le dit bruit devenu par insistance et r6sonnance glottale la voyelle indistincte, Ye muet, que naquirent ces voyelles de ttouvelle serie.
Ces voyelles furent au moins d'abord toujours breves^ tandis que celles n6es des aspirations et des semi-voyelles 6taient lonr gues. Par \k mfime elles 6taient moins stables ; enfija elles se remplagaient sans changer essentiellement le sens du mot.
Elles prirent sur la voix vocalique les deux directions a-^i, et a-O'U. Il n'y avait pas de raison pour donner k telle syllabe telle direction et k telle autre telle autre direction. On laissa prendre k la m6me syllabe les deux directions k la fois et dans chaque direction s'arr^ter k tous les points. Aprte un p par exemple, ou un i, on put avoir et on eut au hasard pa, pe, pt, po, pu. Ve muet 6tait devenu plus clair et avait pris a la fois toutes les variations.
Plus tard, le choix ne fiit plus indifferent ; chacune de ces syllabes se polarisa dans un sens, ou plut6t dans une nuance de sens diff6rente. Sipahala signifia : H JU, puhila signifia : it
fut fait. Toute la grammaire s6mitique repose sur cette nouvelle couche de voyelles.
Nous appellerons ces voyelles les voyelles serviles, par opposition aux voyelles radicales dont nous avons expliqu6 la formation diff6rente. La voyelle servile apparait,disparait, change de formes suivant tous les besoins de la lexicologie et de la grammaire.
Elk a la gamme eniiere vocalique, comme la voyelle radicale, au moins dans les langues S6mitiques, car nous verrons que dans les langues indo-europ6ennes sa gamme est moins 6tendue ; mais eUe aflfecte bien plut6t les sons itUermidtaires , IV et Yo, en d6pit des signes graphiques, rarement dans la prononciation, Fa, Vi et Vu. Cependant en h6breu, non seulement la gamme est complete, mais dans la notation massor6tique, on trouve longues mdme des voyelles de cette cat6gorie.
La distinction entre les voyelles de couche radicale et celles de couche servile est bien marqu6e par r6criture S6mitique. Les premieres sont ddsign6es par de v6ritables lettres ; les secondes par des points-voyelles ou pas du tout. Les points-voyelles sont graphiquement hyst6rog6nes, comme les voyelles serviles le sont phon6tiquement.
Cette v6rit6 est bien sensible si Ton compare I'arabe litt6ral avec I'arabe vulgaire, h6ritier de I'arabe ancien.
Voici le tableau parall^le des voyelles radicales et des voyelles serviles.
Voyelles radicales semitiques — h&^ yt, ton, hS, h6, hS,
Voyelles serviles s4mitiques — e, o, plus rarement a, i, U.
Nous avons 6tudid cette th^orie dans le S^mitisme, parce que c est Ik qu'elle est plus complete et plus frappante. EUe donne, croyons-nousjaclefdu vocalismelndo-Europ^en. Etudions maintenant celui-ci qui pr^sente des divergences, mais repose sur le mSme principe.
Graphiquement le Sanscrit, en ce qui concerne les voyelles, distingue Texpression par lettres distinctes, et celle par points ou barres ajout^s, superposes ou infrapos^s aux consonnes ; il y a 14 quelque chose de tr^s analogue a la distinction graphique sdmitique en lettres et en points-voyelles. Seulement ici chacun de ces signes comprend aussi bien des longues et des brdves. On emploie des lettres distinctes quand la voyelle
est syllabique, c est-4-dire constitue k elle seule ou commence une syllabe. C'est le pendant du syst^me s^mitique oil la voyelle a une lettre spdciale quand elle apparait autonome avec une simple aspiration ou semi-voyelle pour appui.
Les voyelles sanscrites marquees par les lettres distinctes et syllabiques font partie de la racine du mot. sont syllabiques, et elles pr^sentent une gamme complete. On les retrouve en g^n^ral inalt^r^es dans les autres langues Indo-Europ^ennes : a, u, t, e, o, mais e et o sont assez rares.
Les voyelles sanscrites de la seconde sorte ne formant syllabe qu*avec la consonne sont encore fermes quand elles consistent en i et u et a long, mais sont tr^s mobiles, quand elles sont a bref ; elles deviennent dans les langues cong^n^es e et o.
Les voyelles e et o sont-elles antfirieures k la voyelle sanscrite a qui les aurait confondues, ou au contraire Va Sanscrit pr6existe-t-il aux deux autres qui en seraient la diff^renciation ? Nous n'avons pas a le discuter. Nous aliens voir que a d'un c6te, e et de I'autre, out coexists, chacun dans un groupe de langues.
Ce qui est certain, c'est que les voyelles sanscrites comme les s6mitiques se divisent en 2 groupes : 1° celui des voyelles radicales : a. e, o, t, u, 2^^ celui des voyeUes serviles a, e et o.
Les premieres sont radicales et expriment I'id^e principale, elles sont immuables ou ne se modifient que par une lente Evolution.
Les secondes sont serviles, expriment des nuances de Tid^e principale, apparaissent, disparaissent, permutent k chaque instant.
Parmi les serviles Yd est propre au Sanscrit, Ve et Vo aux langues de I'Europe.
Mais est-il bien exact de dire que le son suppose en Sanscrit k la suite de toute consonne est un a ? En Bengali c'est pr6cis6ment o ; dans les langues sEmitiques, c'est la voyelle indistincte, Ye muet. Peut-6tre est-ce en Sanscrit Ye muel SMSsi; peut-dtre, au contraire Ye muet s'est-il relevd jusqu'A Ya. Notons cependant que Ya, est une voyelle centrale, moyenne entre toutes, par consequent tres difficile a atteindre exactement ; on obtient Ya temt6 do, Ya tint6 d'e, bien plus souvent que Ya v6ritable. Ce point precis de Ya difficile k atteindre
vient nous expliquer les fluctuations des langues Europ^ennes entre Ve et To, fluctuation que nous allons observer tout-a- I'heure.
Passons k la branche Burop6enne des langues Aryaques. Nous y remarquons la persistance de Ti, de Vu, de Vi long, de Y6 long, de Yd long sanscrits, et au contraire la disparition de Va bref suppose entre toutes consonnes et son remplacement tantdt par e, tantdt par o, et ce qui est plus curieux encore, son remplacement alternatif dans le mdme mot par e et par o. C'est que la voyelle radicale est rest^e commune k toutes les langues, qu'au contraire la servile a subi toutes les variations, mais ici dans un domaine limits. L'oscillation ne se fait qu*entre Vo et Ve.
Va servile, Ye et Yo serviles ont pris comme dans le s^mitisme un r61e special, celui de distinguer les diff^rentes parties du discours, les dilf^rents temps, les nuances didoes.
rpefo, rpofri ; pendo^ pondus, rpefo, rerpof a ; XecTro, XeXocira, sterben^ starb pour stdrh^ sthrh^ storh.
Bien plus, la voyelle servile pent tomber, dtre remplac^e par un silence, et alors de cette disparition on s'empare pour faire de nouvelles difli^renciations morphologiques.
XeyTTGd, zkyttov ; ^uyc^, etpu^ov ; dspxo , edpoxov, pour edrxov ; 7rev9(o, CTraGov pour ttvOov.
Alors la semi-voyelle radicale priv^e d'une voyelle servile qui I'appuyait devient une voyelle XeyTrw, d'abord eXyrrov, puis eXcTTov.
En Sanscrit, la mSme gradation existe, mais entre le silence et Ya, puis entre a bref et a long ; point entre e et o.
Comment se fait dans la branche Europ^enne, le passage de silence k Ye, de Ye k To, car telle est la marche, et d'abord estce bien par le silence qu'on commence, ou comme le pretend r^cole des n6o-grammairiens par Ye ?
Dans un des syst^mes :
P sile7ice, Z" e, 3° o ;
Dans le 2« syst^me.
!• son de Ye ; 2* soit le silence par riduction^ soit le renforcement o par flexion.
Dans le 1®^, l"* voyelle simple : 2** giina, 3^ vriddhi.
Dans le 2«, P ^tat normal, Z" etat riduit, 3^ 4tat fUchi.
Nous discuterons plus loin ce point en detail.
Disons seulement que ni Tun, ni I'autre de ces deux syst^mes ne nous parait juste.
II nous semble impossible que Xeiir-w = en Sanscrit laip6, soit ant^rieur k XiTrw, et ^z\jyif^ ^= faugo ant6rieur k yuyw, (pvyij. Si Yo troisieme degr6 est post6rieur k Ye, Ye second degr6 doit 6tre post6rieur au premier.
D'autre c6t6 cependant les sons du langage ne s'enflent point, ne s'augmentent pas dans r6volution ; au contraire, ils tendent k se r6duire par la loi du moindre effort ; k ce titre (pevyw, conform6ment k I'avis des n6o-grammairiens, aurait pr6c6d6 eyuyov.
La v6rit6 est, que XeiTrw a 6t6 pr6c6d6 non point par eXi7r-ov, mais par eX;7r-<jv, Yi 6tant ici radical et par cons6quent semivocalique, tandis que les voyelles de la s6rie e, a, o, sont serviles et hystdrogdnes, et comme eX/tt-ov, soit une r6union de trois consonnes ne pent se prononcer facilement sans I'intervention de la voyelle indistincte, par e-X(|]j;7r-ov.
X(f);7r serait done la forme primitive, se composant : 1° de consonnes et de semi-voyelles radicales, 2® de la voyelle indistincte. Ye mtiet.
C'est \k le vMtable etat normal.
Cette voyelle indistincte a pu se supprimer en condensant la semi- voyelle j et en la convertissant en la voyelle i : e-Xiir-ov ; il y a alors etat r4duit.
Elle a pu, au contraire, prendre de la consistance, lorsqu'on insistait sur elle, lorsqu'elle recevait laccent, et alors de Ye muet passer k Ye clair (I'a 6tant r6serv6 comme voyelle radicale, et d'ailleurs ne pouvant exactement s'atteindre) dans certains mots ou passer k Yo dans certains autres. Cette double conversion 6tait le resultat de son oscillation de chaque c6t6 du point de la.
En vertu de cette oscillation, le mSme mot prit tant6t la voyelle e, tant6t la voyelle o dans les langues Europ6ennes, et la moyenne seule, la voyelle a dans la langue sanscrite.
Mais les vari4tes phonetiques sont utilis6es par la psychique et la grammaire. Des deux points extremes d'oscillation e et o, ou plutdt a tein/^ d*e et a teint4do, on fit deux degr6s, le degrd e, le degr6 o. Ce sont deux degr^s de^flexion.
La branche indienne obtint aussi deux degrds, mais tout autres, qtuintitatifs et non plus qualitati/s, le degr^ a, et le degr^ a, qui ne correspondent pas k ceux de la branche Europ^enne.
jyoix en r6alit6.
P degr^ normal — la voyelle indistincte suivie ou non de semi-voyelle ou de voyelle longue.
2** degr^ riduit — la voyelle indistincte disparait, la semivoyelle radicale devierit voyelle, la voyelle longue radicale reste seule, et forme syllabe avec la consonne pr6c6.dente ; s'il n'y a* ni semi-voyelle ni voyelle longue radicale, on passe d'une voyelle k I'autre ; Tri-Trrco de TreTow.
3* degr4s flechis :
II y en a deux :
flexion du premier degri : voyelle servile ^, n6e de e muet en europ^en.
flexion du deuLxidme degr4 : voyelle servile o, n6e aussi de e muet aussi en europ^en.
La branche indienne ne connaissant que Va et ses degr^s quantitatifs.
Exemples des voyelles longues ou semi-voyelles radicales, avec les diff6rents 6tats de la voyelle servile.
1* voyelle radicale a ; degr6 normal ea ; degr6 r6duit a ; degr6s fl6chis !• Ai, 2** oa ; stea, sta, st4a, stoa ; fcryifxi.
2" voyelle radicale o ; degr6 normal go ; degr6 r6duit, o ; degr6s fl6chis V io, 2** oo = d ; deo, do, diOs doo = d6 ; JiJcofAi.
3* semi voyelle j , degr6 normal ej ; r6duit i ; degr6s fl6chis l** ij, 2^ oj ; rejh, rik, rijk, rdjk ; ifiiiro).
4** semi-voyelle w, degr6 normal ew, degr6 r6duit u ; degr6s fl6chis V 4w, 2' ow ; bhewg, bhug, bMwg, bhdwg.
5"* semi-voyelle r ; degr6 normal er ; degr^ r6duit f ; degr6s fl6chis ; 1** 4r, 2* or ; derh, prk, derk, dork.
6" semi-voyelle n ; degr6 normal en ; degr6 r6duit 5 ; degr6s fl6chis 1» en, 2" on.
Les n6o-grammairiens regardent la voyelle servile comme principale et radicale ; au contraire la voyelle radicale comme un simple coefficient qui ne change pas le sens principal des mots. C'est \k une profonde erreur sur laquelle nous reviendrons. La v6rit6 est en sens contraire ; c'est la voyelle mobile, servile, qui ne fait que modifier le sens des mots.
Telle est la g6n6ration des voyelles, des deux sortes de voyelles si profond6ment distinctes ; le s6initisme nous a donn6 la clef de rindo-germanisme ; voil4 d^4 un r6sultat de la phon6tique compar6e.
Nous avons vu ainsi la g6n6ration non seulement des voyelles orales, mais aussi celle des voyelles nasales, et des voyelles k r6soimance vibrante. Mais quelle est celle des voyelles orales nasales, des sons an, in, on, etc. du frangais ?
Ces sons n'existent que dans certaines langues et semblent g6n6ralement hyst6rog6nes, du reste affectent telle langue et non pas telle autre de la mdme famille, par exemple le zend et pas le Sanscrit, le frangais et le portugais, pas Titalie n et Tespagnol, le polonais et pas le russe. II y a en Portugais autant de voyelles orales-nasales que de voyelles orales.
Ces voyelles sont n6es des voyelles orales par suite de la suppression d'une consonne nasale subs6quente et comme compen* sation de cette chute. Mais auparavant la nasale consonne est devenue voyelle, puis il y a eu diphthongaison et fusion comme pour Yai =z ay =S\ an = aii puis d: C'est ainsi que. cette voyelle orale-nasale s'est form6e en fran^ais ; c'est un cas de diphthongue vocalique.
DEUXiSlME CLASSE.
Phondme de transition.
Cette 6tude tr6s d6licate ne peut-6tre d6velopp6e ici. Voici en quoi elle consiste.
Lorsqu'un phoneme joint un autre phoneme dans la mfime syllabe ou dans deux syllabes contigues, il se fait, sans qu'il y ait aucune action de I'un sur I'autre, une liaison sp6ciale consistant en ce queles organes dela prononciation, le souffle d'expiration n'6tant pas interrompu, ne peuvent se porter brusquement d'un point sur un point 6loign6, avant de parcourir les phonations interm6diaires, sans s'y arrfiter, il est vrai, et sans les prononcer, mais en- les 6bauchant.
D'un autre c6t6, nous avons vu que quand les phonemes sont rapproch6s, on ne redouble pas les points qu'ils ont communs entre eux ; c'est ainsi que dans atn, I'occlusion du t sert A n qui devient ainsi la voyelle n.
II ne nous reste qu'^ 6tudier le premier de ces phonemes.
Les sons 6bauch6s interm6diaires entre deux phonemes s'appellent gleitlaute, ce que nous traduisons ^bt positions de transition. Eq proQon^ant Kta, la langue pour se porter de la position K a celle t doit parcourir toute la bouche ; de mdme dans Ks. Sous I'elfet de la puissance de Taccent, certains phonemes des sjUabes non accentu6es ne sont q}x*dbaicches^ esquiss^s. De mSme dans la conversation famili^re nous ne pronon^ons clairement que certains phonemes, ceux essentiels, nous ne faisons quesquisser les autres.