‹ Essai de physiologie générale ... précédées d'une introduction et d'une lettre addressée à M. le Dr. Claude BernardChapitre 2 sur 4 · AU BUREAU DE LA GAZETTE MÉDICALE · texte numérisé non relu

AU BUREAU DE LA GAZETTE MÉDICALE

Rue Olianoiiieeee, j%? 19.

A I. LB r CLADDli BERNARD

y«F«»« DS X/iXIABBMnB DIS ■CISHCSS, STG.

Pahiy le 10 jaiiTitr 1861.

MONSmUB ET TRÈS-SAYAirr CONFRÈRE,

Il y a vingt-cinq ansquej*ai lu devant T Académie dessciences les recherches comprises dans TEssai de physiologie GÉNÉRALE dont je publie aujourd'hui la troisième édition. En vous adressant cet ouvrage, et en l'accompagnant de cette lettre d*envoi, je ne veux ni ne puis me prévaloir de votre approbation à l'endroit des doctrines que j'y professe. Quoique je me sentisse très-honoré de cette approbation, je n'ai jusqu'ici aucun motif de m'en faire un titre pour rehausser la valeur de cet écrit. Le but que je me propose par cette lettre est, au contraire, de chercher à vous faire partager des idées qui n'ont pas été très-remarquées jusqu'ici^ et de leur assurer, en conquérant si c'est possible votre patronage , le succès qui leur a manqué lorsque je les ai émises pour la première fois.

Lorsque j'ai lu il y a vingt-cinq ans ce travail devant r Académie, j'étais candidat pour une place vacante dans la section de médecine et de chirurgie. Je ne fais aucune difficulté de le reconnaître ! cette circonstance n*a

pas été étraqçère ^P* P^WicatiPP,

Un physiologiste de grand renom, M. Magendie voulant, disait-il, imprimer à la section de médecine et de chirurgie de TÂcodémie un cachet plus physiologique, n'avait pas laissé ignorer son dessein d*écarter les praticiens, pour donner la préférence à ceux qui s'étaient renfermés dans rétu49 ç^clusiyQ 49 la phyjjÎQlog^i^, et de la physiologie expérimentale particulièrement. Quelque fut mon respect pour un honime qui fivait dès longtemps justifié ses préférences par une carrière vouée, non sans éclat, au culte de rexpérimepta,tion, je crus devoir protester contre celte exclusion ; et, à Tappui de cette protestation, je publiai mon Essai de phvsiolocu oénérài^e.

Dans cet essai, en efi*et, je m'efforçais de prouver qiie Tanatomie pathologique, la physiologie patholpgiqoe, la pathologie et la thérapeutique qui, aux yeuif, du plus grand nombre, ont une sorte d'autonomie propre et convergait à un but autre que celui de la physiologie, sont, au contraire, des application^ et des compléments utiles si ce n'est indiq^^isables de e^ttQ dernière ; en un met, j'ai voulu montrer les liens qui rattacbient ces différentes partie^ de la sqience à un mèmç but, faire voir leur unité et solidarité dans la recherche des lois du corps vivant.

vu

C'était, comme oa le voit» rélangissetaent du cadi*e de robserTatioR physicrfc^i^ne^ regrandUsement de la mè* tkode que votre célèbre devancier avait Bystématiqudment réduite à rexpérimMtatîon pure^ et pure de tout com» merce avec ht pratique^ lia thèse n'eut aucun suecès. Non* seulement Mi Magendie fit placer en tète de la liste un physiologiste de son école^ mais il en fit exclure ceux qui ne lui offraient pas des gages suffisants de physlologisme exclusif. Bien que j'eusse eu Thonneur d'être porté quelques années auparavant sur une liste de présentation en tète de laqudle se trouvait M. Andral^ je fus cette fois écarté comme n'étant pas asselE physiologiste. J'en fus donc pour Bies frais de protestation et de démonstration. Je vous confesserai même qu'un illustre physicien, qui m'a honoré de son amitié^ M. Biot, me gourmanda quelque peu d'avoir voulu» à mcm âge (j'étais jeune alors), régenter la science et les savants : mais il ajouta que quand j'aurais passé la soixantaine j'aurais plus de droit de parler et plus de chance d'être écouté. Je n'ai pas besoin de vous dire que ta condition fixée par l'illustro physi* cien pour le succès de ma seconde tentative n'est que trop bien remplie* J'entreprends donc, auprès du disciple de Magendie, la démonstration qui a si complètement échoué auprès du maître.

Ce n'est pas seulement, vous voudrez bien le remarquer, monsieur et très-savent confrère, avec les arguments de ma première publication, que je réitère cette

Page 1