‹ Essai de physiologie synthétiqueChapitre 61 sur 71 · Trompe · texte numérisé non relu

Trompe

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Nous voilà parvenu au terme de notre étude. Nous avons passé en revue successivement toutes les fonctions de l’organisme humain en cherchant, ainsi que nous l’avons dit dans l’introduction, à les présenter chacune sous son caractère le plus général et d’après son hut. Il n’entre pas dans notre dessein de faire de cet essai un traité de physiologie destiné à entrer en ligne avec les remarquables travaux de nos maîtres. C’est une sorte de dissertation appuyée sur les données élémentaires de la Physiologie que nous avons écrite, ce qui est tellement vrai que nous croyons beaucoup des idées énoncées dans cette étude obscure pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec les livres classiques traitant de la question,

Ces réserves faites, il nous reste à résumer de notre mieux les points les plus importants abordés dans le cours de notre exposition.

La façon particulière dont nous avons considéré les fonctions nous a amené à déterminer partout l’existence des circulations semblant suivre une loi identique. Ce terme de

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circulation ne s’applique pas exactement, en le considérant d’après son étymologie, à toutes les fonctions étudiées ; mais nous l’avons employé quand même, vu sa clarté et pour fuir à tout prix la création d’un néologisme. Nous reviendrons tout à l’heure sur ce point.

Pour l’instant, constatons que si l’on considère la Physiologie d’une façon tout à fait générale, il semble exister une montée progressive des éléments matériels constituants, une sorte de sélection qui s’exercerait dans l’intimité même de l’organisme humain.

Il existe en effet trois grands centres dans la partie active de cet organisme, centres possédant chacun ses membranes particulières d’enveloppe. Au bas, le Ventre dont les organes essentiels sont entourés immédiatement par le Péritoine et médiatement par la Peau. Au milieu la Poitrine avec la Plèvre et la Péricade comme membranes immédiates d'enveloppe et des os venant s’ajouter à la peau comme enveloppe médiate ; enfin en haut la Tête avec les méninges immédiatement contre les organes et une enveloppe entièrement osseuse médiatement. Cette analogie entre les trois membranes fines. Péritoine, Plèvres, Méninges a poussé certains auteurs allemands à chercher l’analogie des organes contenus, de là l’idée que le Cerveau est une sorte d’intestin, de même que les Poumons et autres déductions du même genre. Un docteur viennois que nous avons souvent eu occasion de citer, Jean Malfatti de Montereggio, va même plus loin. Il prétend que chacun des trois segments du corps est un œuf véritable possédant un embryon, des placentas et des conducteurs, plus des organes annexes.

Ainsi le Ventre, outre ses enveloppes, aurait comme placentas la Rate et le Foie et comme embryon l’Estomac. Les

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membres abdominaux seraient les organes dépendant directement de cet œuf ventral.

L’œuf thoracique aurait comme placentas les Poumons et, comme embryon, le Cœur ; avec les bras comme organes d’expression.

Enfin Pœuf céphalique aurait comme placentas les Yeux et les Oreilles ( « le cerveau se nourrit de lumière et d'harmonie » dit Malfatti) et comme embryon le Cerveau. On voit par ces quelques exemples qu’il faudrait aller encore bien loin pour pousser ce genre de théories aux mêmes conséquence que les doctes allemands.

Quoi qu’il en soit, cette division en trois segments semble indiquée même par la Physiologie. Ne voyons-nous pas en effet le Ventre constituer une véritable usine dans laquelle se fabrique la Matière nécessaire à l’organisme général. Une fois fabriquée, cette Matière d’abord condensée dans le Foie ou dans les ganglions lymphatiques est portée à l’étage supérieur, dans la Poitrine, par deux grands conduits la veine sus-hépatique et le canal thoracique.

Dans la Poitrine nouvelle transformation. Une partie de la matière sélectée par un procédé encore peu connu, se globulise et subit le contact et l’adjonction d’un nouvel élément : la Force, dans cet acte à la fois chimique et électrique de la Respiration. C’est alors que le liquide chargé par le Ventre d’éléments matériels réparateurs, chargé par les Poumons d’éléments dynamiques vitalisants, est refoulé dans tous les points de l’organisme où il va porter la nourriture et la chaleur avec la vie.

Cependant toutes les richesses ainsi chavirées ne sont pas toujours utilisées ; c’est alors que les appareils spéciaux de drainage entrent en action. Le surplus de matière non em-

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ployée est soigneusement recueilli à la sortie des artères par le système lymphatique et mis en réserve pour les grandes occasions.

Le surplus de force est aussi drainé peut-être directemen,t par le système sympathique, ainsi que nous serions tenté de le croire d’après la loi stricte de l’analogie, peut-être indirectement sous l’influence du cervelet, peu importe ; ce drainage a lieu, c’est là un point pour nous incontestable.

C’est alors que la Force sous l’influence de cette condensation spéciale donne naissance aux phénomènes si remarquables produits par l’action du système nerveux. Les cellules nerveuses chargées de cette force manifestent soit les phénomènes réflexes, soit les phénomènes plus compliqués de la conscience, en même temps que le système du grand sympathique, transformant cette action dynamique alternative en action dynamique continue, préside à la marche de tous les organes qui fonctionnent sans secousse et sans interruption comme les artères et tous les organes de la vie végétative. Une seule et même matière chavirée par le sang dépose la substance des cellules si diverses de l’organisme (comme, à l’origine, ia cellule embryonnaire se transforme en toutes les autres) une seule et même force diversement modifiée, diversement condensée préside à tous les phénomènes de la vie physique et à presque tous ceux de la vie psychique de l’homme. Dès 18S3 un savant modeste et encore inconnu du monde scientifique : Louis Lucas, un spiritualiste qui s’avouait disciple de ces alchimistes dont M. Berthelot restitue la philosophie naturelle, défendait dans sa « Médecine nouvelle » avec expériences à l’appui, cette idée de l’unité de la force, présidant à tous les actes physiques et psychiques de l’être humain. A ceux qui pour-

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raient croire que cette idée soit neuve, nous disons que, d’après Lucas, le premier auteur qui l’ait énoncée est tout

simplement. Hippocrate qui désignait sous le nom

d"evop|j.ov (ce qui meut) cette force unique.

Fabriquer et mettre en réserve la Matière en bas — Condenser et mettre en réserve la Force en haut, enfin répandre, par l’action des organes situés au centre, cette Matière et cette Force partout : voilà, résumées en quelques lignes, les fonctions principales des trois grands segments de l’ètre humain. Ajoutez une division supplémentaire située dans les caves (portion extra-péritonéale) pour la vidange des matériaux usés ou inutiles et pour la reproduction de l’ètre ; et vous aurez une idée complète, quoique générale, de la question.

Nous avons parlé de ce mot de circulation et de la généralité que nous lui avons attribuée dans l’étude de diverses fonctions. Revenons un peu sur cette question.

On peut consti’uire un schéma qui s’applique à la description de toutes les circulations, sauf de très légères modifications. Quand ce schéma n’aurait d’autre utilité que d’amuser l’esprit tout en soulageant la mémoire, nous ne pouvons résister au plaisir d’en parler quelque peu.

Considérons-le donc attentivement.

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