II AVANT-PROPOS
plus digne et plus généreuse. Jamais elle n a mieux prouvé son aptitude, sinon à la prépotence, du moins à la direction intellectuelle et morale. Elle s'est dépassée ellemême. Elle a étonné le monde en le sauvant.
Cependant si l'on compare sur une carte d'Europe la France de 1920 à la France de la première république, on constate que la paix, succédant à tant de sacrifices couronnés par une si belle victoire, a laissé notre pays dans les limites humiliées et amoindries qui lui furent infligées en 1815 sous le talon du vainqueur. Préoccupations territoriales d'un autre âge dira-t-on ; nous concédons sans difficulté que le prestige et la prospérité de la France ne sont pas affaire de quelques kilomètres carrés en plus. Mais ce n'est pas seulement dans les questions territoriales c'est dans toutes les autres, soit financières, soit morales, qu'a prévalu la volonté des plénipotentiaires de 1919 de limiter la victoire de la France. Autour du tapis vert du quai d Orsay le vieil esprit de 1815, de méfiance et de précaution à notre égard, a dicté des stipulations imposées à une France victorieuse comme il les dictait à Vienne cent quatre ans auparavant au représentant d'une France terrassée et vaincue.
L excuse et l'explication sont connues. La France n'était pas seule ; elle a composé