AVANT-PROPOS V
de ce loyalisme constitutionnel qui faisait sa force et son orgueil et qu'on admirait autant qu'on l'eiiViait sui le continent. La Révolution sortie des bas-fonds imprudemment remués, favorisée par la rupture des cadres politiques et sociaux, dresse, enflammée de toutes les passions démagogiques, sa face hideuse et convulsée.
Seule au milieu de cette agitation, la France garde la maîtrise et le contrôle de soi-même. Sans doute elle a ses misères et ses difficultés aggravées par la guerre. Elle a été à de certaines heures fortement secouée. Mais, bien que ses déceptions eussent pu lui devenir mauvaises conseillères, son ordre politique et social apparaît le plus stable et le plus solide de toute l'Europe.
Et c'est un prodigieux renversement des rôles. Autrefois la France figurait en Europe la nation révolutionnaire par excellence.
11 ne se dressait pas de barricades à Pans qu un frémissement d'insurrection ne traversât toutes les capitales du Vieux Monde. Nous étions, en matière de révolution, les instituteurs de l'humanité. Qu'arnve-t-il aujourd'hui ? Nos anciens écoliers prétendent devenir nos maîtres. C'est dans les rangs de nos suiveurs et de nos imitateurs qu'on s'irrite et s'afflige de notre fidélité à la cause de l'ordre, c'est nous qui tempérons et modérons les