IV AVANT-PROPOS
A quelles sources philosophiques et politiques s'est-elle abreuvée ? De quels maîtres procède-t-elle '} Quand nous 1 aurons déterminé nous saurons avec précision pourquoi la France n a pas été suffisamment récompensée par sa victoire et quelles erreurs il faut rectifier si l'on tient à un renouveau. Nous ne cacherons pas qu'à nos yeux la relation de cause à effet entre les malfaçons de la paix d'une part et les conceptions en honneur chez notre Ecole Dirigeante d'autre part, s'établit avec la rigueur d un théorème.
Un traité qui ne paie pas, qui aurait pu et dû payer nos services et nos sacrifices. Premier paradoxe. Il eu est un second, plus significatif et plus saisissant encore.
Depuis la guerre le Vieux Monde est ébranlé jusqu'en ses fondements. D'antiques établissements politiques se sont écroulés sans retour. Mais les révolutions politiques se doublent partout de révolutions sociales. Le communisme menace l'Europe à la façon d'un véritable islamisme dont 1 Allemagne a fourni le prophète et la Russie les hordes envahissantes. Les nations victorieuses ellesmêmes n'ont point échappé aux rudes conséquences de la commotion. La jeune Italie, comblée dans ses ambitions nationales, vacille et chancelle et la Vieille Angleterre, gorgée de satisfactions impérialistes, n est plus assurée