‹ Essai de Reduction de La Mélancolie En Une Psychose D'Involution PrésénileChapitre 3 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« Nul phénomène pris isolément, dit Charcot, ne saurait être véritablement caractéristique. C’est le mode de groupement des accidents, leur mode d'évolution, d’enchaînement, la réunion des circonstances tout entière qui sert surtout aux distinctions nosographiques ». (C’est grâce à cette donnée que l’on a établi un certain nombre de formes morbides stables; c’est à la lumière de ces mêmes principes que nous voudrions essayer de montrer combien est peu solide lune des psychoses, le plus généralement admise : la mélancolie.

Lorsque l'on étudie les diverses conceptions des principaux aliénistes du siècle sur ce sujet, on ne tarde pas

à voir que ce groupe, d'abord excessivement compréhen-

LPO

sif, qui englobait presque, au début, toutesles manifestations pathologiqnes de l'esprit, a été peu à peu sapé par les uns, démembré par les autres, pour se réduire en dernière analyse à un simple état émotif. Si, d’autre part, on observe les diverses maladies mentales qui dans ces dernières années, grâce à des maîtres tels que Baillarger, Magran, Krœpelin, ont été fondées sur les assises fermes de l’étiologie, et de l’évolution clinique; que l’on passe en revue la folie périodique, la dégénérescence, la neurasthénie, la confusion mentale, la démence précoce, on voit la mélancolie se résoudre en la plupart de ces affections.

Est-ce à dire que nous devons effacer de nos classifications ce terme nosologique ? Non certes. Nous n'avions en vue, jusqu'iei, que le cerveau valide de ladulte ;il est une période de l’existence, période d'acheminement vers la vieillesse, où les altérations commençantes des éléments anatomiques, pénétrés par « la rouille de la vie », retentissent sur la cellule nerveuse de façon telle que le sujet est constamment en imminence de mélancolie. Envisagée comme psychose de la période d’involution sénile, selon la conception de Kræpelin, reposant sur une base toujours identique, possédant une marche bien déterminée et une symptomatologie précise, la mélancolie nous paraît irréductible. |

Telles sont les trois grandes divisions de notre essai qui comprendra: 1° l'historique critique ; 2° l’examen des diverses maladies auxquelles se rattache le syndrome mélancolie; 3 l’étude de la mélancolie présénile.

Nous n’aurions pas eu la prétention de mener ce tra-

RO

vail à bonne fin, si nous n'avions été constamment secondé par les savants conseils de notre maître M. le D' Sérieux à qui nous devons certainement le meilleur de ce qui va suivre ; c’est pour nous un agréable devoir que de lui exprimer toute notre reconnaissance.

Notre cousin le D' Pécharman nous a, dans cette circonstance comme dans bien d’autres que nous n’oublierons point, témoigné sa vive amitié et aidé de sa science ; nous sommes heureux de l’en remercier. Que notre premier maître dans les Asiles, M. le D" Marandon de Montyel soit assuré que nous nous souviendrons d’avoir eu en lui un quide éclairé qui a su rendre attrayante et facile notre initiation à la médecine de lesprit. Nous avons conservé de nos cinq années passées dans les hôpitaux de Toulouse un souvenir toujours vivace ; nous avons eu l’honneur d’être l'interne de MM. les professeurs Mossé, Jeannel, Bézy, Morel et de MM. les D'° Cadène et Basset; à tous nous disons merci pour les excellentes leçons qu’ils nous ont prodiquées. M. le D' Mossé professeur de cliaigne médicale, nous a manifesté une affectueuse bienveillance, durant les trois semestres que nous avons passés dans son service ; il nous sera difficile d’acquitter envers lui notre dette de reconnaissance.

Que M, le D: Joffroy veuille bien agréer l’hommage de notre profonde gratitude pour l’honneur qu'il nous à fait

d'accepter la présidence de notre thèse,

Page 1