‹ Essai de répertoire des artistes lorrainsChapitre 1 sur 10 · DU HEUE AUTEUR · texte numérisé non relu

DU HEUE AUTEUR

Im Musique en Lorraine. Paris, Quantin. — Fischbadier, 33, roe de Seine.

Dictionnaire des instruments de musique anciens et modernes. Paris, Fischbacher.

Anoblissement d'artistes lorrains. Nancy, Sidot, 3, rue RaugrafT.

Les Graveurs lorrains, Paris, Plon-Nourrit et G**, 8, rue Garuicière.

Un bas-relief ignoré. Paris, Plon-Nourrit et G**.

Pierre Woeîret, les Wiriot, Woeiriot, graveurs lorrains, Paris, J. Rouam et G**,

28, rue du Hont-Thabor.

Claude Deruei» peintre lorrain. Paris, J. Rouam et C'*. Claude Jacquard, peintre lorrain. —

Un protecteur des arts, le prince Charles- Alexandre de Lorraine. J. Rouam et G**. Les Adam, Us Michel et Clodion, sculpteurs lorrains, —

Charles Eisen, graveur. —

Essai de répertoire des artistes lorrains, peintres, peintres verriers^ fenenders,

émaiileurs. Librairie de l'art ancien et moderne (ancienne maison J. Rooam

et G»). Paris, 28, rue du Hont-Thabor.

Essai de répertoire des artistes lorrains, sculpteurs. Librairie de l'art ancien

et moderne (ancienne maison J. Rouam et G"), Paris, 28, me du Mont-Thabor. Essai de répertoire des artistes lorrains, architectes, ingénieurs, maîtres

d*€BUvres, maitres^maçons. Librairie de l'art ancien et moderne (ancienne

maison J. Rouam et C"). Paris, 28, rue du Mont-Thabor. Essai de répertoire des artistes lorrains, les musiciens, chanteurs, compositeurs, etc. Fischbacher, 33, rue de Seine, Paris. Essai de répertoire des artistes lorrains, les comédiens, les auteurs dramatiques,

les poètes et les littérateurs lorrains. Librairie de l'art ancien et moderne,

Paris, 28, rue du Mont-Thabor.

EN PRÉPARATION Les graveurs, les fondeurs. Us brodeurs, les luthiers, etc., etc.

PâaiS. — TYPOSBAPHIB PLON-NOURRIT IT cf», 8, RUB SARâNCltRl. — 7920.

DES

LES ORFÈVRES, LES JOAILLIERS, LES ARGENTIERS» LES POTIERS D'ÉTAIN LORRAINS

HARVARD FINt AlilS LiBKARX f.pG6 MUSEUM

'HARVARD luNlVERSlTV LIBRARY

Moniteur LOUIS DE FOURCAUD

Frofiêsmr d^uUMqim 9i d'kisioin de Fart à tieoU maUomUê iês Beaux-ArU,

Hommage tris respectueux.

Albert JACQUOT.

Nancy, 1905.

DBI

(T*«ib)

LES 01FÈVU8, LES JOAILLIERS, LES ABGENTIEB8, LES POTIEIS D^iTAOI LORRAINS

L'art de rorfëvrerie précéda celui de la gravure en Lorraine, et comme il fut fort important, il serait fâcheux de ne pas mettre en lumière les artistes orfèvres qui Tillustrèrent et devinrent, la plupart, des maîtres graveurs habiles préparant et formant des élèves dont les travaux leur firent le plus grand honneur.

Et du reste, n'a-t-on pas prouvé que ces artistes, s'intitulant dans la suite maîtres graveurs, ne dédaignaient pas de travailler Tétain? En efiet, ces a potiers d'étain » , ainsi qa*ils se nommaient dans les corporations du seizième siècle, créèrent des œuvres qui, de nos jours encore, font Tadmiration des connaisseurs et forment le plus bel ornement de nos collections, de nos musées.

D'un examen sérieux des archives de la Lorraine, il nous semble qu'on peut, sans paraître téméraire, affirmer que Técole de Torfèvrerie a pris naissance dans cette partie de notre province vers le milieu du quinzième siècle, d'abord avec la famille des Wiriot- Woeiriot, habitant Neufchâteau, Dombrot et Damblain.

t B88AI DR tiFBITOItB DBS ABTI8TB8 L0RBAIV8

Mais avant Pierre I*', dit le Vieux, aieal du fameux Pierre Woeîriot, des orfèvres émérites avaient déjà transmis les préceptes de leur art à ce Pierre I", né en 1469, au Neufchastel (Neufchâteau), dont Fépitaphe relevée par nos soins révèle une fois de plus sa qualité a d'orfèvre de feu de bonne mémoire, René, roi de Cécile'.*

Les souverains de Lorraine tenaient en si haute estime leur orfèvre, qu'ils l'avait anobli, témoin les blasons sculptés dans la chapelle funèbre de Pierre I*',. sur lesquels les attributs de l'orfèvrerie sont représentés au naturel.

Le fils de Pierre I*% Jacquemin Wiriot, orfèvre comme son père, fut seigneur de Bazoilles et par sa femme, Claude de Bouzey , devint seigneur de ce lieu et de Dombrot-sur-Vair. Son fils, le fameux Pierre II Woeîriot, qui signait souvent de Bouzey, . était seigneur de Champjanon, fief de Damblain. Les pièces qui le prouvent sont aux Archives de la Lorraine, à Nancy, et datées de 1566 à 1582 V

Il est utile de rattacher à l'établissement fort ancien des orfèvres lorrains de la famille des Wiriot à Damblain, celle des Briot qui, dans le siècle suivant, s'illustra dans le même lieu.

Le petit village de Damblain est le berceau de toute une école d'un art qui se répandit au loin, et dont les œuvres excitent encore aujourd'hui l'admiration des connaisseurs.

Pierre II Woeîriot peut, à juste titre, être considéré comme un maître dans l'art de l'orfèvrerie, tout autant que dans celui de la gravure. On en a la preuve la plus absolue par ces admirables et rares recueils qu'il nous a laissés.

En efiet, quel orfèvre incomparable se révèle-t-il en créant ses élégants modèles de bagues et anneaux, de garnitures d'épées, de pendants d'oreille, de pendeloques, d'ornements de ceintures, de couteaux et de stylets?

Pierre Woeîriot, du reste, nous déclare qu'il fondit lui-même les planches qui lui servirent à graver son Pinax iconicus (1555). Dans son Libro (TAnela*^ il prend la qualité d'orfèvre. De nom-

> Les Wiriot-Woeùriot, A. Jacquot, 1892, J. Rouam, Paris, et Compte rends de la Réunion des Sociétés des Beaux-Arts des départements, 1891. » Idem, p. 70, 71, 7Î, 73.

* Lyon, G. RoviUe, 1561, — Voir la planche ci-contre.

PIERRE II WOEIRIOT

ORPKVRH KT GRAVKIR LORRAIN (Par loi-mt^mp.)

B88AI DB RÉFBRTOIBE DBS ABTI8TB8 L0BBAIN8 S

breax et authentiques documents, il résulte que les médailles mêmes de Pierre Woeîriot étaient faites selon le procédé adopté par les orfèvres de son temps, c'est-à-dire qu'elles étaient fondues avant de les graver, obtenant ainsi un énorme relief. Ces médailles étaient donc coulées et ciselées ensuite ^

C'est dans la famille des Briot qu'il faut chercher les continuateurs et les maîtres de l'orfèvrerie lorraine, pendant le seizième et le dix-septième siècle.

François Briot, que certains auteurs ne craignent pas de qualifier du titre de plus célèbre orfèvre du seizième siècle, paraît avoir eu pour ancêtre Didier Briot, mort avant 1543. Des deux fils de Didier, Urbain et Etienne', le premier maria sa fille au graveur et orfèvre lorrain François Racle.

Ce fut François Briot qui acquit le plus de renommée. C*est à lui qu'on doit la fameuse aiguière et le bassin connus sous le nom de tt la Tempérance et la Charité » , chef-d'œuvre le plus pur de la seconde moitié du seizième siècle et que l'on admire au Louvre.

La famille des Briot avait embrassé la religion réformée, et pour cette raison surtout elle quitta Damblain, portant la splendeur de son art traditionnel loin du petit pays de Lorraine qui, dès lors» perdit à peu près cette école d'orfèvrerie deux fois séculaire.

C'est vers Montbéliard que se dirigea l'exode des Briot et de leurs élèves. François Briot y fut reçu, en qnaliiè de potier d^itain, à la Chonfie ou corporation des maréchaux, dite de Saint-Éloi.

II continua à porter ce titre jusqu'en 1585, époque à laquelle il prit alors celui de graveur en médailles.

Malgré l'exil de ces maîtres, la Lorraine ne perdit pas complètement leurs traditions, que recueillirent ceux des artistes demeurés dans d'autres parties de notre province.

En efiet, les noms abondent et sont consignés dans l'étude présente, où nous trouverons ceux des Hardy, des Le Noir, des Marais, des Racle, des Crocx, des Cordier et de tant d'autres qui contri-

> Médailles de P. Woeîriot, J. M eaame. Journal de la Société d'archéobgie lorraine, 1874, p. 171.

* Papiers de M. Marchai, de Bourmont, publiés dans le Journal de la Société d'archéologie lorraine, 1891, p. 67.

fd.. Le graveur lorrain François Briot, par Alexandre Tuetey.

baèrent à enrichir de lenr talent tont personnel l*art de Torfë- ¥rerie lorraine aux dix-septième et dix-hoitiènie siècles, dont il noos reste à signaler qaeiqae»-anes des principales œuvres.

C'est sortont ce qai sobsiste des « trésors » de nos cathédrales, de nos basiliques qoi doit attirer notre attention.

Admirons d*abord à la primatiale de Nancy le remarquable évangéliaire et le calice de saint Gauzelin \ en rappelant celui de saint Gérard qui se voyait à Saint-Mansuy , près de Toul, décrit par dom Calmet, puis celui de saint Léon IX, que possédait Tabbaye de Poussay (Vosges), disparu à la Révolution, tandis que le ciboire de Notre-Dame-de-Sion, que le duc Charles IV donnait à ce monastère, fut déposé en 1793 à la bibliothèque municipale de Nancy. Ce chef-d*œuvre d'orfèvrerie est en argent doré, avec émaux figurant deux sphères.

La duchesse Nicole de Lorraine faisait don, en 1634, au trésor de la cathédrale de Chartres d*une des pièces les plus rares de son cabinet : c*était un saint Georges à cheval, tout en vermeil, qui perçait un dragon terrassé autour duquel évoluaient des animaux fabuleux, pendant qu*une femme agenouillée était délivrée de leur atteinte par le saint chevalier. Au bas de cette œuvre figurait Técusson de Lorraine tout émaillé, d'un fin travail *.

Dès 1618, la veuve de Philippe-Emmanuel de Lorraine offrait déjà au même trésor une Vierge d'argent due à Tun de nos meilleurs orfèvres»

C'est dans la basilique de Saint-Nicolas-du-Port, près de Nancy, que les pièces d'orfèvrerie les plus remarquables étaient amoncelées, témoignant de la réputation des maîtres les plus réputés de notre province. Ce qu'il reste peut encore en donner une faible idée.

Le bras d'or que deux camées antiques et admirables ornaient à la base a disparu, mais l'un de ces camées figure sur le reliquaire actuel, et l'autre, représentant l'apothéose d'Adrien, est conservé à la bibliothèque de Nancy. Des diamants, des perles fines, des saphirs enchâssés à profusion, et reproduisant les armes des duc et

>-• Une tradition de toute ancienneté vent que ces csaYret aient été ezécotées dans notre province ; faute de documenta contraires nous devons nous en tenir à cette tradition.

Page 1