‹ Essai de répertoire des artistes lorrainsChapitre 2 sur 10 · KUVRE DE FRANÇOIS BRIOT · texte numérisé non relu

KUVRE DE FRANÇOIS BRIOT

Musée du Louvre.

Diaitized by

ESSAI DE RlfePBRtOlftË DÉS ARtIStËS LORAÀINS S

duchesse de Lorraine, resplendissaient sur Tor et les émaux de l'antique œuvre d'art dont René II donnait, en 1475, une valable patente \

Il reste encore le curieux vaisseau provenant de la libéralité d'un cardinal de Lorraine. La conque de nacre, supportée par quatre roues d'argent ciselé, contient une série de personnages en vermeil d'un travail fort curieux. Enfin une tête mitrée, du même métal, et une croix d'argent sont les derniers et remarquables vestiges de tant de splendeur.

Les œuvres des orfèvres lorrains furent aussi admirées et tenues en honneur à l'étranger; en effet, en 1658, un plat en argent avec la gravure de la vue de la ville de Nancy fut offert en ex-voto à l'église de Notre-Dame-de-Lorette, de même qu'un livre d'or orné sur fond d'émail de diverses couleurs avec diamants et armes de la duchesse Henriette de Lorraine, ainsi qu'un calice d'or avec pied en cristal de roche, don du cardinal de Lorraine.

Les inventaires des églises de notre province sont remplis d'intérêt, tant en raison des œuvres d'orfèvrerie qu'ils mentionnent, que par le fait des matières précieuses qui les constituaient. En effet, les inventaires des églises de Commercy, dont il nous reste les descriptions de 1612 à 1792, indiquent des images d'argent, sept calices, des coupes, des croix avec chérubins dorés aux quatre côtés du Rosaire, un ange de cuivre servant de pupitre ou lutrin, deux autres lutrins, une image dorée de Notre-Dame du Mont^ Carmel, un reliquaire d'argent, un autre figurant un vaisseau d'argent triangulaire, donné en 1601 , par Claude Richequier (Richier?) prieur de Breuil et de Saint-Epvre.

Le cardinal de Lorraine donnait aussi une croix d'argent, on citait également une autre croix de vermeil, en forme de tour, avec l'image de saint Sébastien au-dessus. Les ostensoirs étaient ornés de diamants, de grenats, de perles fines, surmontés de couronnes ducales avec perles et pierres fines d'un beau travail *.

Un de ces ostensoirs était véritablement d'une richesse inouïe et mérite d'être décrit. On y voyait deux statuettes d'argent. Un petit

' Journal de la Société d'archéologie lorraine, 1856, p. 13. * Journal de la Société d'archéologie lorraine, 1853, p. 8M00, GleMe, de Commercy.

• B88A1 DB BiPBBTOIBB DB8 ABTI8TB8 L0BBA1B8

calYaire en or formant nne grotte avec portiques ornés de pilastres, sarmontés de dauphins avec mbis, saphirs, émeraades; des consoles supportaient des petites niches au centre desquelles se troavaient deux petites urnes en pierres ovales avec pieds en or; on cul-de-lampe fait d*un énorme rubis balais au-dessus d*un mufle» tenait, suspendu par une béliére, une grosse perle en forme de poire. Sur le devant de la grotte était un Christ émaillé sur ane croix d*or avec trois petits anges tenant une coupe en main. Dans le fond et de chaque côté se voyaient les deux larrons, et au-dessus un soleil et la lune en rubis. A la partie supérieure enfin, des édifices d'or représentaient la ville de Jérusalem. La croix était supmontée d'un énorme diamant; aux faites des portiques une agrafe avec topaze, en haut de laquelle une béiiére percée d'un annean d'or tenait le calvaire suspendu après une couronne qui dominait la croix du a Soleil du Breuil « . C'est le nom de ce superbe ostensoir fait pour le célèbre monastère de Commercy. Nous passons la description détaillée des pierres précieuses, telles que diamants, turquoises, rubis, grenats, perles, coquilles émaillées enrichissant les garnitures et motifs de cette œuvre remarquable.

L'inventaire cite encore un missel dont les couvertures de velours cramoisi étaient encadrées d'ornements admirablement ciselés et les plats décorés de trente croix de Lorraine, de quarante fleurs de lis d'or, et enfin le vase d'argent contenant le cœur de la duchesse Elisabeth-Charlotte d'Orléans, épouse du duc Léopold.

Ce vase était soutenu d'une main par un ange qui, de l'autre, soulevait une couronne ^

L'orfèvrerie constituant le trésor de la chapelle ducale de Lorraine était d'une grande richesse; on peut s'en faire une idée en compulsant les documents qui la mentionne, ainsi que la description des pièces remarquables qui se voyaient dans les cérémonies des a pompes funèbres % des ducs.

Le dernier souverain de la Lorraine, Stanislas Lesczinsky, enrichit considérablement l'église de Bonsecours de Nancy; l'inventaire que dressa, en 1752, l'orfèvre nancéen Pierre Ifougenot en

1 Journal de la Société d'archéologie lorraine, 1853, p. 89-iOO. Cleue, de Gonunerey.

PLATEAU DE L'AUiUIÈRE DITE DE LA TEMPÉRAXCE ET LA CHARITÉ

Œl'VRK DE FRANÇOIS BRIOT

Musée du Louvre.

EtîfèBife^itlV]

DigitJzed bv

ESSAI i)B RÂPËRTOIBË. DBS ABTiStBS LOBBAIMS 1

témoigne. Il signale un soleil d*or avec sa coupe et le pied, dont les rayons et la croix sont ornés d*an nombre infini de diamants, pois une couronne, un sceptre d'or, Jésus-Christ et les douze apôtres, statuettes en argent, les ornements en même métal ciselés sur les côtés du grand autel, la porte du tabernacle, quatre rocailles ou vases de fleurs provenant de paniers ciselés, dont deux aux armes de la maison de Gerbévillers, une lampe d'argent, etc.

Nous bornerons ici nos investigations, mais il convient toutefois de constater combien Tart de l'orfèvrerie avait une importance ancienne et considérable dans une province qui, de nos jours, présente encore, dans les styles divers dont elle se caractérise, une vitalité faisant bien augurer pour l'avenir.

ORPÈVBKS, JOAnj.neBs, abobmtixbs lobbadis, ponsBS d'étadi.

Adam (Claude), joaillier (dix-septième siëde), fut élu conseiller de sa ville natale, à Nancy, en 1616.

Document inédit. Archi? es mnnicipalet de Meecy.

Allié (Claude-François), orfèvre, dix-septième siècle, parrain du fib d* Antoine Michel, orfèirre, le 6 mai 1694, à Nancy.

Antoine (Jean), dix-huitième siècle, orfèvre et directeur de la Monnaie ducale, mort à Nancy, le 2 mars 1711, Agé de 42 ans. Paroisse Saint-Sébastien.

Artaut (Jean-Louis), dix-huitième siècle, orfèvre de S. A. R., qualifié comme tel, dans l'acte de baptême de son fib Georges, baptisé le 7 C^ vrier 1715 en Téglise Saint-Sébastien de Nancy.

Arehivet de Nancy, III, S71«

Baillt (Claude-Charles), dis-huitième siècle, obtint en 1776 son droit de poinçon à Dieuze, en qualité d'orfèvre.

Archif et de Uenrthe-ei-lloielle. B. 10969«

Banceun ou Baucelin (N...), dix-septième siècle, orfèvre à Mets, fit, en 1689, des travaux de son art pour la chapelle de Fabbaye de Saint-Mihid. Raines de le llente. Damont.

Babde (Joseph), dix-huitième siècle, originaire de Grenoble, où il naquit en 1715, vint de bonne heure exercer son art en Lorraine, où nous le voyons en 1749, à Nancy, reçu officier de sa corporation. Il obtint aussi le titre d'orfèvre du roi de Pologne» duc de Lorrainei Stanislas Lescsinski.

• IStAl Dl KÉPBBTOIBB DB8 ABTI8TK8 LOlBAlKt

Kn 1769, U fnt diargé da bira àm chandaUm artiitiqiiM en argent i pour la ooaTcnt das Damât da refoga da Nancf . Il monnit an aa ville d'adoption la 26 février 1785.

ArekiiM 4ê V«My, t. UI. p. 841, «1 AnUiM 4ê M— Hfct rt Mmék, ê. 19a «ft H.

nsa.

Bâssioar (Charias), diz-haitièma fièda, qualifié dn titre da joaillier du roi de Pologne, duc de Lorraine, dans une mention des ArclÙTes de Luné- Tille, en date du 27 septembre 1755.

Archives d« Lu<vilb. M. DmIs.

Bblpist (N...), dix-septième siècle, très habile orfèvre da Tool, mentionné comme tel dans le livra des « enquêteurs » de cette ville.

Bbvigvb (Jean db), seizième siècle, orfèvre de Paris, qoi, en 1532, lut appelé k la cour de Lorraine pour y exercer des travaux de son art et reçut, de ce fait, une somme d'argent mentionnée dans les dépensea ducales.

ArckivM a« lltwrtha-«|p|l«Mlk. 8. 1068.

Bbbtbisbt (Jean), seisième siècle, orfèvre et essayeur en la Monnaie de Nancy, de 1551 à 1552.

Bon (Ferry), seisième siècle, né & Saint-Mihiel, orfèvre audit lien, fat anobli par le duc de Lorraine, Charles III, le 11 décembre 1556. Il épousa Antonie Raulet. Ses armes étaient : de gueules au couteau serpette d^argent en pal, accompagné en chef de deux étoiles d*or.

AnoUittement d'artiitM lorraiu. 1885, A. Jicqiuil. (8ia«t, Ubraire, VuqrO

Ses filles furent Catherine et Dyon, et nous voyons qu*en 1559 il fut, lui, son frère ou parent, désigné dans Tacte sous son prénom de Jean, pour faire des achats à Strasbourg, lors de Tarrivée à Saint-Mihid du jeune duc Charles III, nouvel époux de Claude de France.

Hiitoira de Saint-Uihiel. 11. IHuMst.

BoNNBT (Henri) , dix-septième siècle, mattre orfèvre, fit un reliquaire dont le sculpteur lorrain César Bagard sculpta les motifs et statues en bois, en 1658. Il est inscrit au rôle des bourgeois de Nancy, en 1658. Sa fille était la veuve du fameux fondeur Antoine Chaligny.

ArchîTes de Nancy. M. Leptge.

BoRiv (Nicolas), dix-huitième siècle, reçu, en 1732, dans la corporation des orfèvres de la ville de Nancy.

Architei de Menrthe-et-MoteUe. B. 11456.

Bouquet (Laurent), dix-septième siècle, fut chargé, en 1610, d'exécuter un très remarquable reliquaire pour un des grands monastères de Nancy. Archifet de Uenrthe-et-UoteUe, B. 1403.

Boubdon (Claude) , dix-sq»tième siècle, joaillier très célèbre da Mets . C*est

Diqitized by

ËS8AI DE RéPBRTOl&B DfeS AATIStBS LOAAAtNS »

& lui que la dachesse Marguerite de Gonzague confia le soin de faire la oonverture d'or, enrichie de diamants» pour un livre ofifert par elle à la « marquise d* Ancre » .

ArehivM de Mearthe-et-MoieUe, B. 1353.

Briot (les). Famille très célèbre et souche d'une véritable école lorraine qui semble avoir été fondée à Damblain, en Lorraine. Cette école qui fournit toute une pléiade de graveurs, d'orfèvres, de joailliers, de monnayeurs, parait inspirée par le fameux Woeïriot et remonter au quinzième ou certainement au seizième siècle. Dans le répertoire que nous désirons consacrer plus tard aux graveurs lorrains, nous signalerons toute la généalogie des graveurs du nom de Briot. Pour le sujet qui appartient à Tétude présente, il convient de ne mentionner que les artistes de cette famille qui se sont plus spécialement occupés de Fart de la joaillerie, de l'orfèvrerie et de la poterie d'étain. •

C'est François Briot surtout qui fut le plus célèbre. Sa famille,

originaire de Damblain, en Lorraine, pandt avoir pour ancêtre Didier (I)

Briot, qui, selon les archives de cette commune, serait mort avant 1543 et

avait épousé Nicole Diey, tous deux père et mère d'Urbain et d'Etienne

Briot.

Jornnal de la Société d'Archéologie lorraiae. 1891, p. 67. Pepien de U. Marchai, de Bonrmoiit.

Etienne Briot est qualifié dans un acte de Damblain, en date de 1543, conune fib mineur de Didier Briot. Quant à Urbain Briot, mari de Jeannette, il fut le père de Didier (II) et de Catherine, qui épousa François Racle, appartenant aussi à une famille d'orfèvres et de graveurs réputés en Lorraine. Certains membres de la famille Briot appartinrent au protestantisme. C'est surtout pour cette raison que plusieurs quittèrent la Lorraine, notamment François Briot, le fameux orfèvre, auteur de la célèbre aiguière et du bassin dits de la Tempérance et la Charité, chef-d'œuvre de la ciselure française. François serait un frère de Didier, et ce dernier serait le père de Nicolas Briot, qui devint le graveur des monnaies da duc de Lorraine Henri H.

Nicolas eut des frères, et on pense qu'un de ceux-ci serait Isaac, dont Marie, la fille, élève de son père, a laissé des estampes signées de son nom.

Quoi qu'il en soit, la filiation n'a pu être nettement établie, car ce qui reste des archives de Damblain ne remonte qu'au dix-septième siècle. Cependant les ouvrages de MM. Auguste Castan, Alexandre Tuetey ont jeté une lueur sur l'obscurité régnant sur cette question, en signalant l'émigration de François Briot et de Nicolas à Montbéliard, leur qualification, en cette cité, d'orfèvres et de potiers d'étain qui ne se transforma que plus tard en celles de graveon et de graveurs en médailles.

10 BêSÂI DE BÂPBETOIBK DBB ABTISTËB LOBBAlMg

Briot (Didier I) , seiiième siècle, présumé potier d*étain et orfèvre, habitait Damblain, où il était mort avant 1543, marié à Nicole Diey, tousdeax père et mère d* Etienne et d'Urbain Briot. D'autres membres de cette famille habitaient aussi Damblain ; nous relevons les noms de François et Jean Briot, en 1543; un François Briot, mentionné en 1560 et 1582; un Jean Briot, marchand à Damblain, mort assassiné en 1563 par Nicolas Martin, de Germain villers.

Journal do U Société d'archéologio lorraine. 1891, p. 8 et 61.

Etienne Briot, seizième siècle, orfèvre et potier d'étain présumé, né à Damblain et qualifié^ en cette localité, comme fils mineur de Didier Briot, en 1543.

Briot (Urbain), seizième siècle, orfèvre et potier d'étain présumé, qualifié marchand à Damblain, mort avant 1562, mari de Jeannette... et père de Didier (II) «et de Catherine Briot, qui fut la femme d'un François Racle, dont le nom appartient probablement à la famille des orfèvres et graveurs lorrains.

Briot (Didier II), seizième et dix-septième siècle, fils d'Urbain, qualifié en 1582, marchand à Damblain, fit un prêt au duc de Lorraine vers 1586, devint maître de la Monnaie de Sedan, exécuta en 1613 6,000 jets d'argent aux armes du duc Henri II de Lorraine. Il mourut à Paris, à l'Age de 83 ans, en 1635, ce qui le ferait naître à Damblain vers 1552, ce qui parait assez exact.

Briot (François), seizième et dix-septième siècles, célèbre orfèvre, potier d'étain, et ensuite qualifié graveur et graveur en* médailles; le plus célèbre de la famille des Briot. Né à Damblain, parent de Nicolas Briot, et probablement frère de Didier II Briot. Auteur de la fameuse aiguière et du bassin nonmiés la Tempérance et la Charité, chef-d'œuvre le plus pur de la ciselure de la seconde moitié du seizième siècle.

11 quitta assurément Damblain, à cause de sa qualité de protestant, vers la fin de 1579, puisqu'il fut reçu comme potier d'étain dans la corporation des maréchaux de Saint-Eloi ou de la Chonffe, à Montbéliard, en cette année.

Architei de Menrlhe-et-Moselle, B. 1348, liasse 135, pièces, papiers.

François Briot, Gaspard Enderlein nnd das Edeliin (J. Destrëe, Bruxelles). — Le gratour lorrain François Briot, A. Tuetey. — Jbid., Aag. Castaa«

François Briot ne dédaignait pas, dès 1585, de travailler l'étain, et dé prendre le titre de potier cTétain, qu'il continua à porter plus tard avec celui de graveur en médailles. Il serait né vers 1550, fut nommé vers 1585 graveur du comte Frédéric de Wurtemberg. Sa mort est postérieure au 25 avril 1616, date où son nom figure pour la dernière fois dans un acte de ses nombreux procès.

Nonvelltt Archifos de l'Art français, t. V, p. 406-4S0. J. Gnifirey.

Page 1