LE BOY DE LA NUIT
^ous canotions, jeu de lumière et de clapot...
|uin. Le fleuve jouait aux bulles de salive:
-ombre des fruits jouait aux ovales d'olive,
Et (( Fleur de Rêve » était divine, à fleur de Peau.
Le balcon du notaire était caché derrière
Le verger touffu du notaire...
i e8 p>etites maisons que la montagne enterre liaient cachées dans leurs jardins en entonnoirs, it Monsieur le Vallon dont le gilet s'échancre,
Monsieur le Vallon aux revers de moire
Voyait la rivière en cravate d'encre
Couler sur son pleistron du Soir.
Nous aimions sainement vallon, fleuve et campagne Chaque arbre nu était pudique dans son pagne :
Pagne d'odeur ou de fumée...
Les arbres ronds et frais de la proche ramée, Tout pareils à des jambes pleines Etaient oints d'huile surannée...
Les pins, les ormeaux et les chênes Semblaient sous leur pagne d'odeur.
Prêts pour le doigt fin du masseur...
C'est le Boy-de-la-Nuit qui massera les chênes!...
Rêveur, venant de loin — de fêtes surhumaines !
Coiffé d'un polo.
Tremblant en accordéon, sur l'ombre, dans l'eau !
C'est le Boy-de-la-Nuit coiffé d'un polo riche, Page, comme Aramis servant Anne d'Autriche
Autrefois chez le vieux Dumas !
Aujourd'hui, pauvre boy! congédié d'un « cercle! ». Et venant caresser les gamines en cercle
Autour des amoureux du « Mas ! » .
Ch2issant devaoït lui des princesses, Pochard un peu, faisant les esses.
Touchant les deux rives d'un saut !
Batelier blond venu des fêtes de Boulogne ! . . . Et la nuit descendait aux rives de Dordogne Miméint nos rêves sans un mot
Nous avons vu passer les dos noirs des guinguettes : Guinguettes qui dormaient, le dos tourné vers nous.
Osiers qui se dressaient en sévères baguettes En les mains d'un pion rêvassant tout à coup !
Les bateaux reposaient jusqu'au soir de dimanche, Des amoureux roulaient la hanche; Des passants, des chiens étaient flous...
Et nous nous étonnions de nous sentir si sages I
— La Nuit soumet les flots au long apprentissage De se tordre comme des braw voluptueux, De s'étendre en bras d'amoureux.
Et de faire songer aux courtisanes !
Et chacun s'étonnait de n'avoir pas un peu
D'amour à son revers, oeillet nouveau qu'on fane...
Les flots cette nuit-là, semblaient des sous d'argent Paiement d'Ophélies peu fsirouches;
Les flots, or mal glissant, cuivre éteint, argent louche; Tintaient sous l'éclat des cieux, Entassés, plats, et sonnant creux!...
Hélas ! demeurer calme en présence des bois
Quand la nuit abaisse le store ?
— Les foins, trop longtemps inodores
Les foins grisaient d'âpres relents !
Calme ? — Ah ! nous regrettions d'être à l'âge d'Ovide,
Et d'avoir la tête vide
D' à-propos galants!...
— Non pas que nous n'ayons en nous-même une source De rêves réprimés, d'élans vers la grande ourse
Ou vers la Vierge et les Gémeaux !
Non pas que la clarté nocturne ne soit chère,
— Mais cet exil aux bois, loin des portes-cochères,
Libérait trop vite nos maux !
On laissait trop pendre les rames.
Chacun lisait en soi des prologues de drames; La troupe des héros d'autrefois, attroupée,
Gesticulait sur un ponceau...
Le vent, cette onomatopée, Poussait en crieuit, le Magique Don-Quichotte à l'Éissaut D'une usine électrique !
Les morts mélodieux sont les rois des jachères... Eln vain nous essayons nos lendemains, ma chère,
Deuis le silence des fougères
Ou dans le bruit des fleuves flous !
Car la nuit qui passa, blondine héréditeùre.
Garda nos mains et nos prières...
— Pour les tendre au Paisse dont nous sommes jaloux I
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(Homère, Iliade, Ml.)