BALLADE PIEUSE
Aux poilus de ma classe.
Le chalet d'amour tourne à la vespasienne Et nos cités, où l'air tourne au geiz hilarant; Aux relents des faubourgs ferme ta persienne. Sans pleurs : îe rêve y sent la caque et le hareng... Puis, pars, pour repeupler de lointains vaux d'Aran ! Pour refleurir le « mas » où vit l'Arlésienne, Pour rire avec les gars velus du Lioran...
— Nos morts te légueront leur foi magicienne !
Qui chassait femme, hélas! maintenant chasse hyène; Chérubin déjà vieux de Sade est le parent... Laisse la Conquérante, ou la Praticienne, Triomphante sous des falbalas transpsu'ents. Se teindre et rajeunir cinq ou six fois pcir an !
— Poilu des jours naïfs, âme Boétienne
Qui te grisais, au café-conç, d*un « mazagran », Nos morts te légueront leur foi magicienne !
Les bois te sont-ils doux comme une amante ancienne ? Et la colline ? Pour le peu qu'elle te rend De grain semé ? — L'ancêtre amoureux la fit sienne. Geirde son idéal, d'abord, en l'enterrant ! Chéris-tu, sous les pins, la Dame lente errant, La Belle-au-bois, la Fée-en-blanc, musicienne ? — Ah! si tu fais cela, poilu, j'en suis garant, Nos morts te légueront leur foi magicienne !
En
voi
On te dira : (( Plus d'antiquaille ! A l'Art fleurant (( L'espérance, au mystère, à la poésie, haine! ». — Mais pour que tu résiste à la chair te leurrant Nos morts te légueront leur foi magicienne !