‹ Essai de rêve moderneChapitre 18 sur 71 · DEPART · texte numérisé non relu

DEPART

Les étoiles, dans leur isolement trop riche. S'offrent .aux amoureux qui ne comprennent pas. Le froid des nuits glace la trace de nos pas, Et la rivière est un silence qui se fîge;

Le quai s'allonge, et les soldats s'enthousiasment De l'odeur d'un fromage... On attend le matin Avec l'espoir de voyager en l'incertain « Tortillard » ; la locomotive aux accès d'asthme.

Les becs de gaz papillotsuit sur les boues vagues Font rêver des falots éteints, dans les tranchées... Quand soudain la fureur des soldats déclanchée Hurle, funèbre, des calembourgs et des blagues.

Et les isolés — seuls en cette vie commune — Passent droit dans leur uniforme aux mille plis. Ou bien, sachant qu'un soir rendra douce la Lune Rousse, vont, dans le songe et l'ombre. — Ensevelis.

RUEIMS

Les Roses rouges, les rosaces De l'Occident aux fiers clochers Ont fait, sur le soleil couché, Refleurir T automne des Races.

Et les vitraux aux fleurs vivaces, Ont vu s'aguerrir les bergers Où les enfeuits efïaurouchés Joignaient leurs petites mains lasses

Puis, craquelant dans le brasier Son malléable et pur osier, O cathédrale, ta verrière

Avec un bruit de cristal saint.

S'est brisée conime une prière Sur le remords de l'Assassin.

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