PRIERE
Dieu qui guidez le Rêve, douce
Voix que tout homme écoute en mai;
Puissance de croire et d'aimer !
Voici mon Eirgile à ton pouce,
Volonté créatrice d'art!
Voici, feu, mon cerveau blafard!...
Pour ce que l'homme en sa jeunesse Fait d'héroïque et de sacré.
Vaguement, je me sens lauré!...
Comme tous ceux-là qui renaissent A l'espoir pour avoir osé Garder jaloux leur cœur brisé
Leur cœur brisé parce que telle Fut ton idée envers les tiens Que le désir garda chrétiens !
Je n'ose pas, sous ta tutelle.
Demander ma part d'Amour vrai...
Et je ne dis pas: je l'aurai...
Mais enflammé par ton saint Verbe, Complice des fiers dévouements, Je dis à mon chagrin : tu mens !
Car, libre et nu comme un brin d'herbe Malgré l'amour impatrtagé Folle est la péission que j'ai !
Et nul Amant ne peut médire De ce désir — ou de cet air Qui me recrée étrange et fier!...
Me complaisant à ce martyre
De vouloir, de vouloir sans fin...
jusqu'aux Hmites du Divin !
19 mai 1915.