ACTRICES
Celles qu'on rêve avoir dans l'ombre vous hantant; Une chaleur de plante humaine, un regard lent, Voyez-les ! — Sentez-vous les actrices de France ?
Moi je les vois depuis que j'ai vu l'existence
Du théâtre religieux ; Depuis que j'ai veillé au théâtre pour ceux Qui n'iront pas, qui n'aiment pas les ritournelles l
Moi je les vois depuis que j'ai rêvé loin d'elles Dans une chambre large aux volets toujours joints. Où n'entrait l'Idéal qu'avec l'odeur des foins Et le bruit, un peu flou, d'un monde en miniature !
Et depuis que j'ai vu coller l'enluminure
A couleurs vives, de Peu"is ou d'Epinal,
Trois fois le mois — par l'afficheur municipal !
Trois fois le mois !
d'amour 115
— Trois fois
Et j'ai vu l'héroïne Dont on ne peirle pas dans la vie de ce monde ! Et les danses, dans l'opérette, avec les rondes ! Et les femmes dont la pâleur queisi-divine Se perpétue — et p>our les Lycéens s'affine !
j'ai vu jouer Carmen sans orchestre, et j'ai vu Le désespoir de Violetta, stupide folle !
Depuis lors je charmais mon printemps de ce but Actrices ! vous chercher en moi dams tous vos rôles I
Ho ! ne me rendez pas les émois du Lycée : Maintenant je suis las de tous vos gynécées I