‹ Essai de rêve moderneChapitre 4 sur 71 · L'ASCENSEUR · texte numérisé non relu

L'ASCENSEUR

Doux comme un serviteur muet ; tranquille comme Devant Fantasio, monsieur Joseph Prud'homme,

L'ascenseur est là, le veux tu } Immobilisons-nous en sa blancheur de crème, Et montons. — C'est le soir dans l'escalier, je t'aime,

Les pianos narquois se sont tus !

Le silence des murs, le silence des portes Est pieux... Dans le vide une cage t'emporte

Comme un oiseau de quelques sous...

La cage est exiguë et ton souffle est plus lent : Oh ! la grande bâtisse aux piliers somnolents

Dont on voit les murs par-dessous ! . . .

Car, ma gosse, j'ai pu, dédaignant les intrigues. Les détours dans la cage, et les molles fatigues

Des jeunes gens envahisseurs, Faire fi du tapis que retiennent les tringles. Et, sur ta manche courte, aller piquer l'épingle

Amoureuse, par l'ascenseur !

D'un seul trait, d'un seul bond, entre deux murs de

[pierre, J'ai longé la fenêtre aux défuntes lumières

Qu'on dépolit comme un vitrail; J'ai vu passer un vieux monsieur, et j'ai vu rire Une bonne — et vers toi, j'ai haussé mon délire

Porté peur un quadruple rail !

— Viens ! le silence affole, et les murs nous effraient.

— Montons jusqu'aux greniers dont les toits pointus

[fraient Avec les balcons et les tours !

Après avoir rêvé dans la splendeur moderne Allumons au sixième, un peu, notre lanterne : — Sur l'idéal ou sur la cour ?

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