IMMORTELS
(L'hymne entre les dents.)
Ah ! s'ils pouvaient venir ceux que nous détestons, (Ivres de barbarie ou de luxure étrange. Bagnards de l'infamie et forçats de la fauige) X^omir et se vautrer sur tes bleus édredons !
Baver sur ton corsage clair et ses festons;
Et courber, de l'Oural, de la Perse ou du Gange
L'ange de liberté qui te guida, sous l'ange
De ténèbre qui cherche une étoile à tâtons !
— Heureux d'abandonner nos richesses infimes, Et les fantômes blancs qui flottaient sur les cimes, Et les fantômes bleus, aux griffes de leur tsar,
Nous nous enfermerions en notre idée, ô chère !
El, le regard levé, témoignant que la terre
Elst folle, nous mourrions, comme au temps de César î
POUSSIERES
(Aures habent.
Ps.)
Il n'est pas vrai que le Sacrifice en échec
Ait vainement saigné pour ta blancheur, ô Cygne !
Si la fidélité qui conserve ta ligne
Nous lègue cette gloire et le martyre avec...
Car vivre est bien, mais « témoigner » est le seul digne But — Et l'arène crie, et son gravier est sec... Virgile rit du crime et fait injure au mec A l'ombre de la croix où sa muse se signe,
Criant aux singes : « Sourds, aveugles, chautitez-le
Ce psaume de David aux tonnantes cymbales :
« Ils ont des yeux d'azur et ne voient pas le ble* !
(( L'océan fait en vain son bruit à leur oreille;
(( Dieu n'a pas habité leur gosier cannibale,
« Et nulle femme aux mots aimants ne les conseille ! »