‹ Essai de rêve moderneChapitre 68 sur 71 · IMMORTELS · texte numérisé non relu

IMMORTELS

(L'hymne entre les dents.)

Ah ! s'ils pouvaient venir ceux que nous détestons, (Ivres de barbarie ou de luxure étrange. Bagnards de l'infamie et forçats de la fauige) X^omir et se vautrer sur tes bleus édredons !

Baver sur ton corsage clair et ses festons;

Et courber, de l'Oural, de la Perse ou du Gange

L'ange de liberté qui te guida, sous l'ange

De ténèbre qui cherche une étoile à tâtons !

— Heureux d'abandonner nos richesses infimes, Et les fantômes blancs qui flottaient sur les cimes, Et les fantômes bleus, aux griffes de leur tsar,

Nous nous enfermerions en notre idée, ô chère !

El, le regard levé, témoignant que la terre

Elst folle, nous mourrions, comme au temps de César î

POUSSIERES

(Aures habent.

Ps.)

Il n'est pas vrai que le Sacrifice en échec

Ait vainement saigné pour ta blancheur, ô Cygne !

Si la fidélité qui conserve ta ligne

Nous lègue cette gloire et le martyre avec...

Car vivre est bien, mais « témoigner » est le seul digne But — Et l'arène crie, et son gravier est sec... Virgile rit du crime et fait injure au mec A l'ombre de la croix où sa muse se signe,

Criant aux singes : « Sourds, aveugles, chautitez-le

Ce psaume de David aux tonnantes cymbales :

« Ils ont des yeux d'azur et ne voient pas le ble* !

(( L'océan fait en vain son bruit à leur oreille;

(( Dieu n'a pas habité leur gosier cannibale,

« Et nulle femme aux mots aimants ne les conseille ! »

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