FAUSSES PERCEPTIONS
Nous soiQDies ainsi conduit :
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■1er d'un nhéno-
mène prochi? parent du précédent : " la fausse perception ».
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s croyons souvent percevoir la désinence 1 elle n'est pas. Ainsi un Anglais, prononçant le pluriel oxen^ croit sentir dans la syllabe en la marque du nombre : cependant on a simplement ici le thème anglo-saxon o.r««, " hœuf»; sanscrit, »/iia». La vraie marque de la pluralité est tombée.
Il est aisé de voir à quoi lient cette illusion. C'est que le singulier, ayant perdu la moitié du liiéme, est réduit à la syllabe ox. Dès lors, entre le singulier et le pluriel, il y a une différence qui est interprétée comme servant à l'expression du nombre. Le peuple a le sentiment de l'utilité, mais nullement le souci de l'bisloire. 11 emploie ce qu'il a; s'il fait des perles,
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il utilise ce qui lui reste. Il fait entrer du sens en des syllabes qui n'en avaient pas. La perception est donc fausse au point de vue de l'histoire, mais au point de vue de l'histoire seulement.
Le même exemple peut servir pour l'allemand.
Il est même arrivé que l'allemand s'est si bien persuada avoir une désinence, qu'il a mobilisé cette syllabe et en a fait librement usage. Non seulement il décline : der Oelis, die Ochsen, mais il fait : der Mensc/i, die Meiiscfien, et même, en déclinant des mots d'origine étrangère : der Soldat, die Soldat-en.
L'allemand a une autre syllabe dont l'hisloire est encore plus instructive.
Quand on dit que Kitid fait au j)Uiriel Kînd-er, on donne à entendre que er est la désinence du pluriel : cependant cr n'est pas autre chose que le suffixe es ou cr que nous avons dans le latin gener-is, dans le grec ■^iti.{'7)-fti. Ce qui n'a pas empêché que toute une catégorie de mots ail suivi ce module : die y/eiber, die Lànimfr, die Dàc/ier, die liUcfier, die Gfitler. On peut donc dire que le sentiment qui fait aujourd'hui reconnaître dans Kind-er, Weiber, Hiîus-er une désinence du pluriel est, au point de vue de l'histoire, (me fausse perception, ce qui n'empèchc pas qu'elle soit devenue une désinence régulière de la langue '.
I, L'nnglnls chilJ, qui rnisait andennemenl au pluriel cildrii, citdre, ■ encore ajoiild pa^-lI(^sïUs b a^llnbe en : nhildrrn. Sur l'iJcnUlé pH-
fil LES LUIS INTELLECTUELLES DU LANHACiE.
Les faits tic ce genre sont plus aîs<5s à observer dans les langues modernes que dans les langues anciennes. On en devine aisément la raison, qui n'est aufre que le manque de documents antérieurs. Toutefois, nous voyons qu'en latin l'e de duke, nolfi/e, fait l'cfTcl d'être le signe du neutre, quoique le neutre soit simplement reconnaissable li l'absence de désinence. Il suffit de rapprocher le grec ïÔpi;, neutre '3pi, ou ^^/apiî, neutre EÛ/ap'-, pourvoir que l'e de (luke tient la place d'un ancien i final.
Si l'on pouvait interroger un contemporain d'Auguste sur l'impression qu'il a des mots comme onm, srcfun, il dirait sans doute que la syllabe tis est \k pour marquer la désinence. Un Grec, dans l'imparfait £),yE, dans l'aoriste ëX-jo-s, pensait sentir la troisième personne, quoique la marque de celte troisième personne (un f) fût tombée.
Une autre sorte de fausse perception est de croire à la présence de formes grammaticales qui n'ont jamais existé. En latin, la déclinaison est au pluriel d'un cas plus courte qu'au singulier : en effet, le datif et l'ablatif ne possèdent et n'ont probablement jamais possédé qu'une seule el même désinence plurielle. Cependantce déficit n'est pas senti. On le sent si peu que les linguistes ne sont pas encore d'accord pour savoirqucl est, des deux cas, celui qni manque.
mitive de Hind et île cliild, voir les Mimolre» de lu Soc'iélé de linfiuit liqilt, L vu, p. US.