‹ Essai de sémantique: science des significations (volume 2)Chapitre 33 sur 76 · Virgile remploie en parlant des persécutions des dieux · texte numérisé non relu

Virgile remploie en parlant des persécutions des dieux

Aspera Juno Quœ mare nunc terrasque metu cœlumque fatigat.

H est apparenté à fatisco, Fessus^ qui est de la môme famille, a luimôme beaucoup perdu de son énergie.

•2, Déjà en latin : Ne torseris te (Pline le Jeune, IX, 21).

blîssemenl est souvent accompagné d'une sorte de décoloration, qui vient de ce que le mot est employé en toute espèce de groupements et d'associations. L'adverbe allemand sehr (qu'il faudrait écrire s6r) signifie « cruellement » *. On disait : er ist sehr leidend, sehr betri'ibt. Mais la décoloration a été telle qu'on a fini par dire : er ist sehr brav^ sehr fr oh.

Celui qui s'en lient à l'étymologie sans prendre garde à l'affaiblissement des sens peut être amené à d'étranges erreurs. Que n'a-t-on pas écrit sur le Conipelle intrare de l'Évangile? Ces mots sont la traduction du grec àvàyxaaov elTsXQetv, qui signifient « invite-les à entrer » *. Il n'y a là nulle contrainte.

Le latin invitare^ qui exprime la même idée, est un dérivé de invitas. Il a commencé par signifier « faire violence ». Mais un excès de civilité l'a fait employer en des occasions qui, dès l'époque de Cicéron, l'ont conduit au sens d' « inviter ».

Le verbe allemand nothen ou nothigen est un exemple du même fait.

1 Versehren^ • ravager ■, unversehrt, « non blessé », sont de la môme famille. Le chef de la famille esl le vieux haut-allemand sér, « dou. leur ».

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