‹ Essai de sémantique: science des significations (volume 2)Chapitre 41 sur 76 · Pas toujours en mauvaise part · texte numérisé non relu

Pas toujours en mauvaise part

J>va^ Ilaiàv, tUvpe ïJtTixavàv tiv' *A8iir,T0) xaxwv (Kuripide, -4/c., 221.)

• Trouve, ô Apollon, (luolque secours aux maux d'Admèle ».

Un homme sans ressources, une chose impossible, s'appellent

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I4Ô COMMENT S'EST l''ISÉ LE SENS DES MOTS.

Les mélapliores ne restent pas encliaînées k la langue où elles ont pris naissaace. Quand elles sont justes et frappantes, elles voyagent d'idiome à idiome et deviennent le patrimoine du gearo humaio. Il y a donc pour riiislorien iV faire une distinction entre les images qui, étant parfaitement simples, ont dû être trouvi^es en mille lieux d'une façon indépendante, et celles qui, inventées une fois en une ccil-aine langue, ont été ensuite transmises, empruntées et adaptées. Les métopliores se traduisent, comme on le voit par des exemples tels que décider et entscheiden, découvrir et entdccl;cn, comprendre et beQreifen, succomber et unterliegen, confirmer et bexlàtigen' . Le difficile est de reconnaître chaque fois s'il y a emprunt et quel est l'emprunteur. Chez les vieilles nalions de l'Europe il existe un fonds commun de métaphores qui tient à une certaine unité de culture. Les nations arrivées un peu tard au même degré de civilisation ne lardent' pas à s'approprier , en les traduisant , ce stock d'expressions métaphoriques. 11 serait peu équi' table de le leur reprocher, car elles usent du même droit que leurs aînées, et îl n'y a aucune raison pour les en exclure. Je songe en ce moment au peuple grec à qui l'on reproche de faire ce que chaque nation

I. Sur CCS imilations, dont on trouve des exemples dans toutes les langues, voir L. Diivau, dans les Mémoires de la Sociilé de Imguistiijue,- VIU, p. ISO. Un spécimen inlËressant est le français romp^giion, qui ft< son prototype dans le golliique gahlaiba (de lilaifi, • pain •).

d'Europe a fait àïoo heure '. J'en donnerai un seul exemple. Pour exprimer : « Je ne suis pas d'accord avec vous », les Grecs disent : «y''' ^-■' ^wf^yw^w. N'estce pas ce que dit aussi l'Allemand : Jch stimme nichl mil Ihnen t'iberem'! On simplement : lH-t slimml tiicht. Fallait-il se l'interdire parce qu'il nous a plu de créer le mot symphoniel Au reste, le grec a tout l'air d'être ici l'original, et nous les imitateurs, car déjà sur les papyrus égyptiens du temps des Ptolémées nous avons ffufjiywvov en parlant d'un accord intervenu entre deux parties.

La loi des métaphores est la même que pour tous les signes. Une métaphore étant devenue le nom do l'objet peut de nouveau, partant de celle seconde étape, ôlre employée métaphoriquement, et ainsi de suite. C'est ce qui fait que pour les pliilologues les langues modernes sont d'une étude plus compliquée que les anciennes. Mais pour reufant qui apprend ft les parler la complication n'existe pas : le dernier sens, le plus éloigné de l'origine, est souvent le premier qu'il apprend. Ce qu'on appelle l'argot ou le slano se compose en grande parlie de métaphores plus ou moins vaguement indiquées : cependant c'est une langue qui s'apprend aussi vite que les autres.

il irlandais, Journal de Kulin,

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