‹ Essai de sémantique: science des significations (volume 2)Chapitre 57 sur 76 · Ôifvtîviiv, |ioiilîiv, rjï'/âvtiv · texte numérisé non relu

Ôifvtîviiv, |ioiilîiv, rjï'/âvtiv

a. C'est ce (|U'anl mëconnu d'exrellcnls granimainens, qui ont prérér<j supposer uni! ellipse. Ainsi Kfihner (S ti,^) explique iniSu|id t^: aoffat par in-.Sutdà i-n\^fXa.i ■^ji m^lni.

LA KOnCE TRANSITIVE. 519

comme " entendre, voir, connaître, savoir, se souveoir » complètent celle série. Il y a, en effet, une dilTérence entre la prise de possession effective et directe, qu'exprime l'accusatif, et l'atteinte plus ou moins superficielle qu'exprime le génitif, et qui convient pour ces verbes b. signification inlellccluelle. Le latin a gardé un seul exemplaire des verbes de cette sorte, meinini, qui prend le génitif, comme pour attester que cette construction n'a pas toujours été étrangère aux langues de l'Italie. Muis àé\h memini lui-même se rencontre avec un complément à l'accusatif ; Siiam guisque homo rem memitiU, dit Plante. Et Virgile : Ntimeros memini^ si verba tenerem.

Le latin, tout en nivelant sa syntaxe, n cependant gardé le souvenir d'un étal plus ancien et plus semblalile an grec. Les verbes signifiant « désirer, aimer » ont fini par prendre la route commune, c'està-dire qu'ils se sont fait suivre de l'accusatif: mais les adjectifs ou participes dérivés de ces verbes restent fidèles à l'ancienne construction. On continua de dire avec le génitif : cupidus famx, amans /aiidis, quoique ntpere, amare eussent depuis longtemps cessé d'être employés de cette façon.

La construction avec le génitif s'est conservée pareillement en sanscrit. Elle se maintient même, pour quelques-uns d'entre eux, en allemand moderne : hs des Brodes. Getticsxe di'eser Freitde. Wir pflegen der Jlu/ie.

3Î0 COMMENT S'EST FORMÉE tA BTHTAXE-

L'ancien appareil grammatical n'est donc pas supprimé : mais il est dépouillé de sa valeur originaire au profit d'un ordre nouveau. La phrase, en cette nouvelle période du langage, se compose de mois qui sont les uns régissants, les autres régis. La syntaxe confisque i son profit la signification individuelle des flexions. C'est ce qu'on poui'ruit appeler, en faisant un emprunt h la mythologie germanique, << le crépuscule des désinences ».

Faut-il, dans cette adaptation à de nouveaux usages, voir une décadence ou un progrès? La question peut sembler oiseuse, puisque chaque époque se fait le langage dont elle a besoin. Mais s'il fallait répondre, je dirais qu'on y doit voir un progrès. S'il est dans la nature de tous les arts de se transformer, commeutle plus nécessaire des arts, celui qui est fait pour accompagner la pensée à chacun de ses pas, n'aurait-il pas transformé la matière h lui léguée par l'enfance de l'humanité? Le progrès paraît U tous les yeux. Les moLsqui étaient, pour ainsi dire, enfermés en eux-mêmes, contractent peu à peu des liens avec les autres mots de la phrase. Celle-ci, quoique composée de petiles pièces immobiles et rapportées, nous apparaît tanlùt comme une œuvre d'art ayant son centre, ses parties latérales et ses dépendances, tantôt comme une armée en marche dont toutes les subdivisions se relient et se soutiennent.

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