DE QUELQUES OUTILS GRAMMATICAUX
allis vitio vertis^ id ne ipse admiseris. — Qui pro innocente dicity is satis est eloquem. — Cui plus licet qumn par est y is plus vult quant licet. — Qua?n quisque norit artem, in hac se exerceat.
Le type de ces phrases se retrouve en sanscrit * :
« A qui est Tinlelligence, à celui-là est la force. » Jaaja buddhis, tasja balam.
« Qui aime, craint. »
Jasja snehas, tasja bhajam.
« A qui les dieux préparent sa perte, ils lui enl( vent Tesprit. »
Jasmâi devâs prajacchanti parâbhavam^ tasja budd/tf'm apakarsanti.
« Comme un homme est envers autrui, ainsi fautil être envers lui. »
Jasmin jathâ vartate jas^ tasmin tathâ vartitavjam.
« Ce que tu donnes, voilà ta (vraie) richesse. » Jad dadâsiy tad te vittam.
« Comme agissent les grands, ainsi le reste des hommes. »
Jad âcarati çresthas, tad itaras ganas.
La môme construction est déjà d'usage courant dans les védas : « Quod sacrificium protegis, id ad
I. Voir Bœhtlingk, Indische SprRche, Ne nous adressant pas à des indinnislcs, nous avons simpUfld les citations et supprimé les effets du sandhi.
COHHE.NT S'EST FORMÉE LA STSTAXE.
(Icos pervenit ». Ja/njagnam panbhûr asi, sa deveti garclmti. — <. Qui Qos lacessel, procu! eiim amovete. " Jô itah pritanjâd, apa tain dftalam '.
On demandera quelle est ta raison pour laquelle la proposilion relnlive est ainsi lancée en avant la première : je ci-ois qu'il y a là un fait de sémaolique dont on trouverait des exemples en d'autres familles de langues. Par la pensée, il faut rétablir une interrogation, en sorte que les deux propositions forment la demande et la réponse. C'est probablement la raison pour laquelle une bonne partie des langues indo-européennes font cumuler au même pronom le rôle interrogatif et relatif.
Pour apprécier en toute son étendue l'importance du pronom relatif, il faut se rappeler à combien de dérivés il donne naissance : d'abord les mots comme qualis, quaittus, quoi; ensuite les conjonctions, quod^ quia, guum, quoniam. En grec : û;. vit, f,. oiî, ôOev, T.vîxa, on, ainsi que les dérivés comme ôto;, oîo;. Ed sanscrit, les dérivés comme jâdrJça, Jâvattl. auxquels il faut joindie les conjonctions les plus importantes, /ad, Jadi, jatra, jadà, jathâ '. La création d'un pronom relatif est donc l'un des événements capitaux de riiisloii'e du langage; sans un mot de cette
t. Le type de ces conslrucUons s'est conservé dans noi proverbes : •I Uui aime bi«D, chitie bien •, etc.
3. Pour plus de délai], voir, ilans tea Sludien de Curlius, les artieleg de Windisch au tome W et de Jollv au tome VI. Voir aussi Dcibrûck, Urioid^i, S a^3, s. el la thèse de Ch. Baron, Le pronom itlalif rt f« conjonction en grec. Essai de syntaxe kàlorique. Paris, Picard, 1891.
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sorte, toute idée un peu forte, un peu complète élnil impossible. Mais cette création a été obtenue par la lente transformation d'un de ces nombreux pronoms qui sei-vaient à accompagner un geste dans l'espace. Nous voyons donc ici la pensée humaine qui se forge patiemment l'outil dont elle a besoin.
On en peut dire autant de ce petit mot que les Grecs, par comparaison avec les articulations du corps, ont appelé àp6pov, et que nous appelons Carticle.
On sait que l'article est un ancien pronom démonstratif. Mais la signification de ce pronom démonstratif est en quelque sorte transposée. Elle est confisquée au profit de la syntaxe.
Nous pouvons prcndie tomme exemple notre article français ie, qui représente le latin i/!e. Ce dernier servait à montrer les objets ou les personnes : Magnus ille A/exander! — lia iUe faxil Jupiter! — Mais avec le temps, le geste démonstratif s'est réduit fi une simple indication grammaticale : « La personne dont je t'ai parlé hier. — Les pays que nous avons traversés, u L'article ne ligure ici que comme antécédent du pronom relatif. Il est devenu un outil grammatical '.
L'utilité de l'article se sent plus qu'elle ne peut s'expliquer. Pour en être dépourvu, le latin est souvent alourdi dans sa marche. Le Rfec, au contraire, qui, de bonne heure, en a senti le besoin, lui doit en partie sa souplesse. La confoi-mité du langage français au grec, signalée par Henri lîslienne, vient un peu de là. Je rappelle seulement ces tournures : OL nà^xi iioyo'. ... Èv Ti^ [iï-raSù yjiovtji ... tûv vùv oî TOTî 5iÊ'5ïpov ... Ou celles-ci : èfjEyojjLevoi TO'j TtjjÛTo;
Il est arrivé toutefois que l'article a fini par être introduit là OÙ il n'apportait aucune aide appréciable. On peut dire que les langues où il rend le plus de services sont celles qui restent libres, selon le sens, de l'employer ou de l'omellre, 11 est certain que le fi-ntii;ai3, depuis deux siècles, en a étendu l'usage plus que de raison, en sorte qu'il est devenu moins utile à mesure qu'il devenait plus indispensable.
Il fiiitdrait encore mentionner le verbe être, que la scolastique du moyen âge avait déclaré une simple « copule -), montrant par là l'impression que ce ■verbe, arrivé au terme de son évolution, fuit aujourd'hui sur l'esprit. Cependant il a commencé par