‹ Essai de sémantique: (science des significations) (volume 3)Chapitre 45 sur 87 · Pas toujours en mauvaise pari · texte numérisé non relu

Pas toujours en mauvaise pari

oivxÇ IIa:àv, s'Çsvps liitfBvr/ tiv' 'AG{ir,TOj xaxûv (KuripiûV, .1/c, 221.)

• Trouve, o Apollon, quelque secours aux maux d'AMinète ».

Un homme sans ressources, une chose impossible, s'appellent

Les métaphores ne restent pas enchaînées à la langue où elles ont pris naissance. Quand elles sont justes et frappantes, elles voyagent d'idiome à idiome et deviennent le patrimoine du genre humain. Il y a donc pour l'historien à faire une distinction entre les images qui, étant parfaitement simples, ont dû être trouvées en mille lieux d'une façon indépendante, et celles qui, inventées une fois en une certaine langue, ont été ensuite transmises, empruntées et adaptées. Les métaphores se traduisent, comme on le voit par des exemples tels que décider et entscheiden, découvrir et entdecken, cornprendre et begreifen, succomber et unterliegen, confirmer et bestàtigen 1 . Le difficile est de reconnaître chaque ibis s'il y a emprunt et quel est l'emprunteur, (liiez les vieilles nations de l'Europe il existe un fonds commun de métaphores qui tient à tine certaine unité de culture. Les nations arrivées un peu tard au même degré de civilisation ne lardent pas à s'approprier, en les traduisant, ce stock d'expressions métaphoriques. Il serait peu équitable de le leur reprocher, car elles usent du même droit que leurs aînées, et il n'y a aucune raison pour les en exclure. Je songe en ce moment au peuple grec à qui l'on reproche de faire ce que chaque nation

1. Sur ces imitations, dont on trouve des exemples dans toutes les langues, voir L. Dtivati, dans les Mémoires de la Société de linguistique y VIII, p. MO. Un spécimen intéressant est le français compagnon, qui a son prototype dans le gothique gahlaiba (de hlaifs, « pain •).

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