Sayce, Introduction lo ihe science of language^ II
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Il existe en latiu une forme du participe destinée, si nous en croyons les grammaires, à exprimer une idée d'obligation. On la trouve tantôt à Taetif : Nunc est bibendum. — Denegandum est excepiionem. — Dahdum est operam^ tantôt au passif : Asperum et vix ferendum. — Urbem dux militibus diripiendam dédit, — Danda opéra est. Mais quelle que soit la construction, les grammaires affirment — et le sentiment que nous avons du latin leur donne raison — que dans le participe est contenue une idée d'obligation.
Cette idée d'obligation y est cependant entrée après coup. En effet, les participes en dus^ da, dum, ainsi que les gérondifs correspondants, n'exprimaient pas autre chose à Torigine que l'idée de l'action, soit passive, soit active. C'est ce que montrent bien les anciennes formules officielles. « Ont assisté à la rédaction de l'acte » se dit en latin : Scribendo adfuerunt. « A présidé à l'exécution de l'ouvrage » se dit : Prœfuit operi faciundo *. Les écrivains latins nous ont d'ailleurs laissé d'assez nombreux exemples de ce sens purement actif ou passif. Tite-Live raconte que les Gaulois furent taillés en pièces pendant qu'ils recevaient l'or de la rançon de Rome : inter accipiendum aurum cœsi sunt. Cicéron, dans son Traité des Devoirs, parle successivement de l'injustice commise ou subie. Il termine la première partie par ces mots : De inferenda injuria satis dietum est, « En voilà assez sur les injustices que l'on commet soi-même. »
1. Ou même operis faciundo (Orelli, 5 757), en faisant de faciundum un substantif neutre, semblable pour le sens au français confection.
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^mÊKmmm^i^mmmm^^^^'^w
J'ai multiplié à dessein les exemples à cause des idées fausses qui régnent encore sur ce point*. La nécessité n'est qu'une nuance subsidiaire qui a pénétré par surérogation dans les formes de ce genre. Pour s'expliquer comment elle y a pénétré, il faut considérer certaines formules comme : Decemviri créât i sunt le gibus scribundis, — Quatiuor viri viarum curandarum.
Mettez dans ces formules un substantif au lieu du verbe, le sens restera le même. Cependant le substantif n'a rien en lui-môme qui indique l'idée d'obligation.
Tout le monde connaît la distinction que la linguistique fait entre « l'élément matériel » et « l'élément formel » des mots. A toute époque on s'est demandé si ces deux éléments sont de même origine, ou s'il n'y a pas entre eux quelque différence de nature. Je n'ai pas à traiter présentement cette question. Je veux seulement montrer qu'il peut nous arriver de considérer comme appartenant à « l'élément formel » des lettres ou des syllabes prises sur « l'élément matériel ». C'est un phénomène d'irradiation.
Un exemple nous est fourni par les parfaits grecs en xa, comme XsXuxa, TuecpiXTixa. Georges Curtius, avec
1. La vraie solution a été donnée par M. L. Havet. Les exemples ont été réunis par notre élève regretté S. Dosson, De participa gerundivi significalione, Hachette, 1887. Voir aussi ce que j'ai dit dans les Mémoires de la Société de linguistique^ Vin, 307.
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irvoyance, a montré que ce x n'est pas c de facio^ jacio^ et qu'il est encore s la partie « matérielle » du mot en bes comme ^xw, Ipuxw, 6Xéxw*. D'à suffi sin' de la désinence pour qu'il devînt li-même. Appeler un tel phénomène » ou « adhérence », c'est le nommer uer. Le besoin d'un exposant clair et apéré ici cette métamorphose : il a fait
la désinence ce qui n'y appartenait richi l'élément formel aux dépens de atériel. C'est dans quelques parfaits ca, ea-nrixa, que la chose a commencé.
3 que le X a été élément formel, il est >us les verbes.
autres exemples pris à l'autre bout de
langues indo-européennes, îr nous apprend comment le peuple des ^ouve moyen de donner un singulier à s à tort ou à raison pour des pluriels, ese, Portuguese. En regard de Chinese uhaïnîz) il a fait un singulier Chinée ]hainî) ; en regard de Portuguese il a fait De cette façon, la désinence se passe à mt « formel » '^,
e l'allemand parlé, on pourrait croire une seconde personne du verbe qui se
Urundztige (5' édit.), p. 61. M. Ascoli avait déjà que chose de semblable. C'est le môme c que latin dans fecundus, jucundus.
rançais chaise on a trouvé un singulier, shay, a été rendu par post-shay. Cf. Wheeler, Analogy,
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l'irradiation. 49
termine en e ; Da hislel — Lebste auch noch? — Was meinste? — Jetzi haste's. L'origine de cet e n'est pas douteuse : il y faut voir un reste du pronom de la seconde personne c/a, dont la consonne s'est éteinte et dont la voyelle a fait corps avec le verbe. Mais si ces secondes personnes nous venaient d'un âge lointain, on prendrait la voyelle pour un reste de désinence:
Ces exemples, dont Tun nous reporte aux premières périodes de la langue grecque, dont les deux autres sont de notre temps, montrent qu'il se fait des emprunts de l'élément formel à l'élément matériel, l'irradiation étant la cause de ce transformisme.