Voir Grimm, Grammaire allemande, III
Digit
le mol renoncé textuel de ce qu'il dit à Fesprit. Je ne connais guère de suffixe un peu significatif qu'on n'ait essayé d'expliquer à Faide d'un substantif ou d'un verbe. Encore tout récemment on a voulu voir dans monumentum ^ argumenlum le verbe memini^. D'autre part, Pott voulait reconnaître dans les noms patronymiques comme 'AxceiÔYiç, nYiXeiSYjç, le substantif el8oç, « apparence », quoique des noms comme nptajxiBTjÇ, TsXajxooviaBri;, où le même suffixe se présente sous une forme différente, eussent dû lui suggérer des doutes. C'est ainsi encore que Corssen a cru voir un verbe kar^ « faire », dans des mots comme volucer ou comme ambulacrum^ une racine bhar^ « porter » dans celeber^ cribriim.
Il est vrai que l'erreur commise par les savants est commise aussi par le peuple. Mais on doit avouer que celui-ci se trompe avec plus d'esprit. L'anglais sweet'heart^ qu'on écrit comme s'il signifiait « mon doux cœur », est formé du même suffixe que niggard^ sluggard, coward. Il faudrait donc écrire sweetard^ « doucereux' ». Mais il est certain que sweet-heart a plus de saveur.
De même en allemand les adjectifs comme irùbselig^ armseligy font aujourd'hui Fimpression comme s'ils venaient de Seele^ « âme », au lieu qu'ils sont le développement d'un suffixe abstrait -sa/, qui est resté dans Trùbsal, MiihsaL L'impression est si générale qu'un adjectif comme arbeitselig^ vertrauenselig semble régulièrement formé, et qu'à l'imitation de armselig on a fait seeienarm,
1. On sait que le suffixe mentum est le développement de men : augmen, aiigmentum; segmen, segmentum,