‹ Essai de sémantique (science des significations)Chapitre 23 sur 87 · Encyclopédie d'Ersch et Gruber, III, t. XllI, p · texte numérisé non relu

Encyclopédie d'Ersch et Gruber, III, t. XllI, p

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ace. L'actif répond à la question quo (d'où f) ; le passif répond à la question unde (d'où u le génitif).

lutile de montrer ce que ces explications ificiel. Le passif n'est pas une forme : on peut le deviner rien qu'à voir combien quant aux désinences, «pépot/at et feror. Le

une forme que les diverses langues indoles se sont donnée après coup, longtemps

le système de leur conjugaison fut achevé nés principales. C'est en s'emparant de la échie que la plupart d'entre elles, et partint le latin et le grec, sont parvenues à créer passive.

)mprendre comment la forme réfléchie peut de passif, je me contenterai de citer quelises où, encore aujourd'hui, nous noussernême tour :

î^rands poids se transportent mieux par la time. »

forme de vêtement ne se porte plus. »

vénements se sont vite oubliés, 3nde de la nature se divise en trois règnes. » talien : Dicesi^ temesi. Et même : avveniiipiutisi,

5t pas que l'idée du passif fût difficile à * : a je suis frappé » n'est pas plus malaisé ndre que « je frappe ». La difficulté venait

: elle venait du plan de nos langues, qui [itradiction avec l'idée passive, les langues >péennes présentant la phrase sous la forme : drame où le sujet est toujours agissant, [lui encore, fidèles à ce plan, elles disent :

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« Le vent agite les arbres.... La fumée monte au cieL... Une surface polie réfléchit la lumière.... La colère aveugle Tesprit.... Le temps passe vite.... Il fait nuit.... Deux et deux font quatre.... » Chacune de ces propositions contient Ténoncé d'une acte attribué au sujet de la phrase. Il fallait donc que le passif ^ui-même fût imaginé sous la forme d'un acte. C'est, en effet, ce que nos langues ont réalisé. Elles ont créé plus ou moins tardivement le passif en le présentant sous la forme d'un acte faisant retour sur le sujet. Pascitur a signifié « il se nourrit », avant de signifier « il est nourri ». AtSaaxofxat signifiait « je m'enseigne moi-même » ayant de signifier « je suis enseigné ». A ce sujet les langues germaniques et slaves sont particulièrement instructives. Nous y trouvons les étapes successives de la métamorphose. En vieux norrois, iheir flnna sik veut dire : « ils se trouvent [l'un l'autre] ». Il en est sorti une forme their finnask^ « ils se trouvent » [c'est-àdire ils sont, ils séjournent], et finalement « ils sont trouvés » [c'est-à-dire inveniuntur]. Pareille chose se présente en lithuanien et en slave. C'est même la famille letto- slave qui, par la transparence de ses formes, a mis d'abord sur la voie de l'origine du passif. Nous avons donc ici un nouvel exemple de l'intention à demi consciente qui préside aux évolutions du langage, en même temps que de la simplicité presque enfantine par laquelle cette intention arrive à ses fins. Le passif semblait directement opposé à l'idée exprimée par la phrase indo-européenne : et cependant, en des idiomes éloignés l'un de l'autre, par un moyen identique, le passif a trouvé son expression.

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X encore donner un exemple de cette intel- 2achée, et pourtant si attentive, qui profite es moindres accidents pour fournir à la ne ressource nouvelle, e monde sait que l'adverbe est un ancien ou substantif sorti des cadres réguliers de laison. C'est ainsi que primum, ceterum^ >nt d'anciens accusatifs, que. crebrOy subito, nt d'anciens ablatifs. Mais d'où viennent les ; en -e, comme pulchre, reciel C'est ce 1 pas assez cherché jusqu'à présent, n aimait à changer de déclinaison ses subou adjectifs, quand ils s'allongeaient d'un lU quand ils entraient en un composé. Aniexanimis, fama a fait infamiSy clivas a fait \, pœna a fait impunis, et ainsi de suite. ' de ces mots en /s était eid ou e. A une où la langue latine n'était pas encore fixée, , donc le choix entre infirmus ou infirmiy is ou prœclaris, dont l'ablatif était infirma me, prœclaro ou prœclare. L'usage n'a pas

de tirer parti pour ses adverbes de cette orme : il a donné la préférence à la forme

se détachait mieux de la déclinaison ordi- ^on seulement cette forme a été préférée, le a été généralisée, en sorte qu'à côté de prœclare, on a aussi firme, clare. La langue A entrée ainsi en possession d'une désinence lent adverbiale, dont elle a fait, comme on plus large usage *.

Méjn. Soc. ling.y Vil, 188. Lorsque amprufidy qui corlu latin improbe, est un témoin qui ne permet aucun l'origine ablative.

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Une observation d'une nature un peu différente vient se présenter ici. Nous venons de citer deux ou trois exemples des acquisitions faites par nqs langues *. Elles sont assurément précieuses et importantes. Cependant, si utiles qu'elles soient, elles n'approchent point, ni pour la valeur, ni pour le nombre, des acquisitions antérieurement capitalisées, je veux dire de cet appareil grammatical qui constitue le fonds commun des langues indo-européennes et qui était déjà chose ancienne et parfaitement fixée à l'époque où le sanscrit, le grec, le latin, le germanique, le slave, le celtique apparaissent pour la première fois. On a par là, si je ne me trompe, un moyen de mesurer du regard l'antiquité des langues indo-européennes.

Par antiquité des langues indo-européennes je n'entends pas l'antiquité d'une race, chose difficile à concevoir et à comprendre, mais l'antiquité d'une civilisation. Pour qu'une grammaire et un système morphologique atteignent le degré d'unité et de fixité que nous constatons à la base des langues aryennes, il faut une certaine perpétuité dans la tradition. Cette perpétuité suppose, sinon une littérature, du moins des formules, des chants, des textes sacrés ou profanes transmis d'âge en âge.

Comme il n'y a aucune raison de supposer que les choses aient suivi dans ces anciens temps une marche

1. On pourrait encore citer, dans les langues slaves, la création du « Genre animé >•, qui repose sur une distinction grammaticale entre les substantifs désignant les êtres doués de vie et ceux qui ne le sont pas. Cette distinction est venue après coup et (à l'origine) grâce à un pur accident de la langue. Voir le travail d'A. Meillet, dans la Bibliothèque de l'École des hautes études.

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élérée, cela nous permet d'estimer à vue de endue du passé. On vient de voir ce qu'il a temps pour que nos langues entrassent en on d'un infinitif, d'un passif, de désinences lies. Le choix n'en est définitivement arrêté ; de longs siècles. Nous devons accorder période antérieure, bien autrement impor- 1 nombre de siècles au moins équivalent. La istorique que nous pouvons embrasser du depuis les premiers chants védiques jusqu'à rs, comprenant environ trois mille ans, ce s trop sans doute de demander trois mille nnées pour la période antérieure. Il n'a pas •ins pour fonder la séparation du nom et du our établir la conjugaison et la déclinaison, élaguer les parties inutiles, pour créer le me de la formation des noms, pour dresser, rd de la déclinaison substantive, une décli- )ronominale, pour créer les premiers verbes res, pour laisser l'analogie asseoir le comlent de son empire, pour jeter enfin les >ns de la syntaxe...

n admet dans le passé la mesure de temps rnit l'observation des époques modernes, six is sont un minimum auquel on peut évaluer Dde de civilisation représentée par notre de langues.

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