De la même famille de mots qui a donné experiH, perilus
Digit
formé de mens comme partiri de pars^ ou soriiri de sors, — L'allemand Lisiy « ruse », a commencé par être un synonyme de Kunst^ « savoir, habileté* ». On disait Gottes List^ « la sagesse de Dieu ». — L'anglais silly^ qui veut dire « sot », répond à Tanglo-saxon saelig^ à l'allemand selig^ et signifiait originairement « heureux, tranquille, inoffensif 2». L'adjectif keek , anciennement queck , signifiait « vivant, vif » (de là qiiecksilber « vif argent », erquicken « vivifier »). Il a aujourd'hui le sens de « hardi, effronté ». On pourrait multiplier indéfiniment les exemples. Il n'y a pas là autre chose qu'un besoin de ménagement, une précaution pour ne pas choquer, — précaution sincère ou feinte, et qui ne sert pas longtemps, car l'auditeur va chercher la chose derrière le mot et ne tarde pas à les mettre de niveau.
La prétendue tendance péjorative a encore une autre cause. Il est dans la nature de la malice humaine de prendre plaisir à chercher un vice ou un défaut derrière une qualité. Nous avons en français l'adjectif prMûfe, qui avait autrefois une belle et noble acception, puisqu'il est le féminin de preux. Mais l'esprit des conteurs (peut-être aussi quelque rancune contre des vertus trop hautaines) a fait dévier cet adjectif au sens équivoque qu'il a aujourd'hui. Les mots qui ont trait aux rapports des deux sexes sont particulièrement exposés à des revirements de cette sorte. On se rappelle quelle signification noble