LA MÉTAPHORE
tance de la métaphore pour la formation du langage, ^es métaphores populaires. — Provenances diverses des •essions métaphoriques. — Elles passent d'une langue à tre.
la différence des causes précédentes, qui sont auses lentes et insensibles, la métaphore change ntanément le sens des mots, crée des exprèsnouvelles d'une façon subite. La vue d'une itude entre deux objets, deux actes, la fait e. Elle se fait adopter si elle est juste, ou si 5st pittoresque, ou simplement si elle comble acune dans le vocabulaire ^ Mais la métaphore Bste telle qu'à ses débuts : bientôt l'esprit itue à l'image ; son succès même la fait pâlir, levient une représentation de l'idée à peine plus ée que le mot propre.
a dit que les métaphores d'un peuple en laisdeviner le génie. Gela est vrai pour quelques-
'est grâce à la métaphore, selon la remarque de Quin- [VUI, 6), que chaque chose semble avoir son nom dans ^ue.
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unes : mais il faut bien avouer que la pluparl nous apprennent guère que ce que nous savions c elles nous donnent Tesprit de tout le monde, qi varie pas beaucoup d'une nation à l'autre. I allons en citer quelques exemples, priant d'avan lecteur d'en excuser la simplicité. Il s'agit pourn non de faire admirer ces images, qui n'en sont j mais de montrer combien la langue en est pleir
Comme il faut se borner, nous les puiserons to dans la même langue : le latin. Voyons, par exen comment le peuple romain nomme ce qui est bc ce qui est mauvais.
Ce qui est bon : c'est ce qui va droit et en me {recte aque ordine), ce qui est plein et a du p {integer^ gravis). Mais la légèreté est un mai signe [levis^ vanus, nullius momenti). Ce qui es travers devient le symbole de toute perversité ( vus). L'intelligence est comme une pointe qui pér {acumen), mais la sottise ressemble à un cou émoussé [hebes) ou à un plat qui manque d (insulsus). Un caractère simple est comparé à vêtement qui n'a qu'un pli [simplex) : les motifs gués à faux sont des bordures qui dissimuler défaut de TétofTe {prsetextum). La bigarrure [vi varius) n'est pas loin de la tromperie.
Jusque-là les métaphores du langage ne pré lent rien que d'irréprochable ; nous allons mainte voir paraître quelques traits de caractère, qui cèdent plutôt de la morale utilitaire. Penser, calculer (putare, reputare) \ L'estimation o
1. Putare est lui-même arrivé au sens de « calculer une métaphore. Putare rationes, « apurer des comptes ». Pi purum faceref disent Varron et Festus. C'était TexpressioD
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î monnaies prête son nom à toutes les estime {œstimare, existimare, pendere), , c'est encore peser [deliberare *). Ce qui leter à bon marché est méprisable {vilis^); îté vient le prix que nous attachons aux rus y caritas),
nutile de continuer.... On voit de quelle )nt ces renseignements. Cela ressemble de quelque paysan doué de bon sens et ité, mais non exempt d'une certaine caujue. C'est quelque chose de moins que les ;, ceux-ci marquant déjà une expérience ongée, une faculté de combinaison plus
ncore une métaphore appartenant au même iées.
s vieux Romains toute dépense superflue lanquement à la règle, une dérogation à la de la vie, ou, comme nous disons aujourdérangement. De là le mot de luxus^ mot à la langue chirurgicale. Caton, donnant te pour les entorses et les fractures, dit :
î aut ad fracluram alliga^ sanum fiet. {De ï, 160.) Peut-être le mot, comme tant 3rmes de médecine, est-il d'origine grecque :
Témondage des arbres et des vignes : piitare viiem^ mot en son sens propre s'est conservé en vieux •der, pouer (« pouer et tailler la vigne », chez Olivier podf «tailler», en patois de la Suisse romande. Ce ttoyer », a passé en allemand : butzen, putzen {den Strauch, die Hecke putzen); puis on a dit : den ïaare putzen; enfin le mot a passé au sens de toi- )arure (die Putzmacherin, « la modiste »).
'fl, « la balance ».
[nême racine qui a donné vênum, « la vente ».
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1 leur nom des bourgeons prêts à s'épa-
a linguistique tournera vers le sens des partie de l'attention qu'elle porte trop lent sur la lettre, elle pourra créer pour ^s langues un curieux et instructif relevé le contingent de métaphores fourni par cupation humaine, par chaque corps de tisserand a donné à la langue latine les eulent dire « commencer » : orcliri^ exorlordia, Ordiri, c'était disposer les fds de 3ur exécuter un tissu ^. Cicéron, qui sentait lage, fait dire, non sans intention, à un rlocuteurs : Pertexe^ Antoni, qiiod exoraute avait déjà dit de même :
e exordiri primum, unde occipias, habcs, le ad detexundam telam certes tjerminos.
ordo^ avec la longue série de ses signi-
variées et si importantes, — en politique,
e, dans l'administration, dans les arts, —
me un présent de l'humble métier du
)ices avaient une telle importance qu'on •e surpris d'en retrouver le souvenir dans
mmare vîtes, luxuriem esse in herbis, laetas esse rustici diciint {De Or., III, 38). LspIus, que Cicéron
nme une métaphore, est également le mot propre
moissons »).
aie est probablement bien antérieur à la langue
îhez Hésychius cette glose : repôidç* 0?avr/)ç. 33. — Il est curieux de constater que le verbe
écu en français précisément en son sens primitif :
sserand l'avait fourni : le tisserand Ta conservé.
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la langue commune : Tadjectif propitius, qui marquait le vol en avant * ; Tadjectif sinister, qui marquait les présages funestes; les verbes aucupari^ « épier » ; augurare « conjecturer » ; autumare^ « affirmer», qui contiennent tous les trois le substantif avis\ Tadverbe extemplo, employé d'abord pour les présages surgissant à l'intérieur du templum céleste; le verbe conlemplari^ emprunté à Toccupation ordinaire des augures, en sont d'unanimes témoignages.
La langue du droit n'a pas été moins fertile. J'en citerai seulement ce curieux mot rivalis^ qui désignait des propriétaires voisins se servant d'un même cours d'eau, et qui est devenu le nom de toute espèce de rivalité *.
Le génie différent des nations perce déjà dans quelques vieilles métaphores. Ainsi les Grecs, pour exprimer l'idée de « ressource, d'expédient », emploient 'K6^o(i, « Quel remède à mes maux? » s'écrie un personnage d'Euripide. ït; àv Tcopoç xaxwv ysvoito'; Le mot TT^^poç, qui désigne proprement un passage, particulièrement sur mer*, est bien d'un peuple qui, de bonne heure, a connu les uypà xéXeuôa. Une affaire impossible, c'est aTuopov irpSTyiia. Les moyens financiers d'un État s'appellent iropot. Encore aujourd'hui, chez les Grecs, « pouvoir » se dit i[jt.7:op£(o.
Quelquefois toute une perspective historique se découvre à nou& dans une métaphore. Le romancier
1. D'une racine pet qui se retrouve dans le grec uiTojjiat, « voler ».
2. 11 y avait à Rome une Lex rivalicia (Festus, p. 340), qui réglait les rapports entre rivales,