CHAPITRE IV
UURINE NORMALE — SA COMPOSITION MOYENNE VALEUR NUMÉRIQUE DES PRINCIPAUX RAPPORTS
Nous avons dit que la nutrition devait être étudiée au point de vue de la qualité de la destruction de l'albumine, tout aussi bien qu'à celui de la quantité de la matière détruite. Faisant à l'urine l'application de ce principe, nous avons cherché à en fixer le type normal à ce double point de vue de la qualité et de la quantité.
Relativement à la quantité des excréta éliminés par l'urine, nous avons dû nous demander s'il était possible d'en fixer le taux normal en le rapportant au poids corporel et en tenant compte de l'âge, de la taille, de la surface du corps, etc. Avec le professeur Bouchard nous avons été amenés à constater que, le kilogramme de poids corporel n'élant pas comparable à lui-même chez des individus dissemblables, cette unité proposée ne pouvait servir de base utile. Puis, nous avons vu quelles variations, souvent importantes, faisaient subir à l'excrétion urinaire nombre de facteurs physiologiques, et en première ligne l'alimentation.
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Il semblerait donc qu'il faille conclure de toutes ces considérations que la détermination d'une formule urinaire normale, applicable à tous les individus sans exception, fût illusoire, du moins en ne tenant compte que des indications de quantité.
Nous ne croyons pas cependant qu'il faille aller jusqu'à cette extrême limite de rigueur en matière de nutrition et d'urologie. Nous pensons au contraire que, malgré tout, la considération des chiffres absolus de l'analyse conserve une certaine valeur et que les moyennes générales données par les auteurs ont une signification réelle, en tant qu'elles ne sont envisagées que comme moyemies et appliquées à la catégorie spéciale d'individits qui les a fournies.
Si donc on constate dans l'urine analysée des écarts notables avec les moyennes, il y aura lieu d'en faire état, au moins dans une certaine mesure, et cela à deux conditions : 1® que ces écarts soient notables ; 2® qu'ils soient permanents.
Il faut que les écarts soient notables, puisque nous savons que les moyennes se meuvent entre d'assez laides limites et que, pour conclure à l'existence d'un trouble pathologique, on ne saurait se contenter de variations minimes en plus ou en moins.
Mais il faut aussi, et surtout, que ces écarts soient permanents; cette seconde condition est absolument essentielle et mérite surtout de fixer l'attention du médecin. C'est principalement lorsqu'il s'agit de la présence d'éléments pathologiques, en
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matière d'albuminurie par exemple, qu'il convient d'y prendre garde. Nous verrons, en effet, que certains états morbides provoquent le passage de l'albumine dans l'urine d'une façon accidentelle et passagère sans que pour cela le syndrome « albuminurie » soit établi de façon définitive.
Et alors même , en dehors bien entendu de la présence d'un élément pathologique, que ces deux conditions seraient remplies, on ne devra conclure à l'existence possible d'un état morbide que si les écarts constatés ne sont "pas imputables à l'un quelconque des facteurs physiologiques, et spécialement à l'alimentation. C'est principalement lorsque tous les éléments .^ont à la fois proportionnellement augmentés ou diminués qu'il y a lieu de songer à l'influence de l'alimentation ; si, au contraire, quelques-uns seulement de ces éléments accusent des variations importantes^ les autres restant à peu près normaux, il sera présumable qu'on se trouve en présence d'un trouble fonctionnel spécial et Ton ne manquera pas de le signaler.
Sous le bénéfice des réserves que nous venons de faire, nous adopterions volontiers comme expression de l'urine normale pour un homme adulte, en bonne santé, vivant sous le climat de Paris, ni grand, ni maigre, ayant l'alimentation moyenne de la classe bourgeoise, les données suivantes de Mercier :
SEMIOLOGIE URINAIRE