TROISIEME PARTIE
SÉMIOLOGIE APPLIQUÉE
On n'attend pas de nous que nous cherchions à fixer le syndrome urologique de chaque maladie en particulier ; alors même que Tétat actuel de l'urologie permettrait ce travail d'ensemble, nous savons qu'il n'est pas de notre compétence et n'oserions l'aborder. C'est là une œuvre exclusivement médicale et c'est au médecin seul qu'il appartient de l'entreprendre, parce que, seul, il est capable de la mener à bien. Le modèle de ce genre d'études a été fourni par le professeur A. Robin pour la fièvre typhoïde ; si l'urologie de beaucoup d'autres maladies est mieux connue depuis quelques années, c'est à l'initiative de ce savant clinicien qu'il faut, pour une large part, en rapporter tout le mérite.
Nous nous bornerons, dans les pages qui vont suivre, à résumer de notre mieux les données urologiques, actuellement acquises, éparses çà et là dans les traités dé pathologie les plus récents et les
plus autorisés. Si nous ne faisons qu'œuvre de compilation, peut-être cette œuvre n'en sera pas moins quelque peu utile.
On se rappellera, au surplus, ce que nous avons déjà dit de la portée de Turolc^iei en clinique : c'est un précieux moyen d'investigation, mais ce n'est pas le seul et il ne convient pas de s'en servir à l'exclusion des autres. Il est, en effet, bien peu de cas où l'analyse de l'urine suffise à porter un diagnostic ferme et, même dans ceux-là, elle doit être corroborée par les autres méthodes d'exploration clinique ; le plus souvent, l'analyse des urines, et ce n'est d'ailleurs pas un mince résultat, est surtout utile, soit pour connaître le terrain sur lequel évolue la maladie, soit pour révéler les complications particulières qui peuvent l'accompagner.
Gomme nous l'avons dit, dans l'introduction de cet ouvrage, l'analyse de l'urine nous renseigne :
1<> Sur le sens et l'intensité dés modifications de la nutrition ;
2° Sur le fonctionnement du rein ;
S'» Sur l'état de la vessie et de ses annexes. Nous devons donc l'étudier à ce triple point de vue.
En ce qui concerne, tout d'abord, les modifications pathologiques de la nutrition, on peut les envisager sous deux aspects bien différents, dont nous empruntons l'exposé au savant travail du docteur Le Gendre sur les maladies de la nutrition (») : « Il
(l) Cf. Le Gekdre, in Traité de médecine Charcot-Bouchard, I, p. 277 cl s.
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y a lieu, dit cet auteur, d'envisager séparément les troubles de la nutrition qui sont consécutifs à une maladie primitive, dont le siège est dans un des organes ou appareils qui contribuent à la nutrition, qui en sont, comme on Ta dit, les serviteurs, et les troubles de la nutrition qui sont primitifs, et qui tiennent sous leur dépendance, au contraire, des troubles fonctionnels ou des altérations de divers organes ou appareils (*). »
Nous étudierons donc, en premier lieu, les troubles pathologiques de l'excrétion urinaire dans les maladies, en tant qu'ils peuvent servir soit à diagnostiquer cette maladie, soit à en établir le pronostic, et, en tous cas, en tant qu'ils correspondent autrouble nutritif spécial à cette maladie.
Puis, en second lieu, nous passerons en revue les troubles pathologiques de l'urine directement engendrés par les troubles primitifs de la nutrition, c'est-à-dire par les aCFectiong, généralement diathésiques, qui relèvent de ces troubles primitifs.
Cette division n'est évidemment pas absolue, en ce sens qu'un trouble nutritif secondaire peut très bien se greffer sur un trouble primitif; mais elle est commode au point de vue de l'exposé des faits et c'est à ce titre que nous croyons devoir la retenir.
(1) ÏD., ibid., p. 314.