RETRAITE DE LA CAVALERIE EST EN ARRIËRE OE LA PLEISSE
Projets des commandants de subdivisions relative^ ment à la situation à 7 heures T.
Le directeur se fait communiquer individuellement les intentions des conducteurs engagés. Le détachement Ouest se retire dans la pièce voisine.
Le sous-lieutenant D. (détachement Est) déclare : Qu'il ne battra en retraite que s'il y est contraint par la cavalerie ennemie, maintenant double de la sienne. Dans cette éventualité, il tâcherait tout en se maintenant à 1,000 ou 1,200 pftas de son adversaire de profiter de toutes les positions, qui pourraient lui offrir des chances favorables, soit d'arrêter le mouvement
de son antagoniste, soit même de l'attaquer.
Interrogé sur la question de savoir où à son avis le terrain présentait une de ces positions, le sous-lieuténant D. indique un endroit près de Jungfernlache, où un chemin, venant du Sud, aboutit à la chaussée.
Le commandant du détachement Est, capitaine A., fait connaître que, dès que le rapport sur le combat de cavalerie et l'approche de l'infanterie ennemie lui parvint, il donne ordre à la 2* et à la 3' compagnie, qui étaient restées au gros, de se mettre à la disposition du commandant de l'avant-garde.
Lieutenant B. (commandant de l'avant-garde Est) : Ces deux compagnies passeront le pont de Connewitz et iront se placer en réserve en arrière de la !'• compagnie qui garde le second pont.
Le directeur : Quelles instructions a reçu le peloton de la P'compagnie détaché pour recueillir la cavalerie, relativement à sa propre retraite?
Lieutenant B. : Il doit rentrer à sa compagnie, aussitôt que les derniers dragons ont dépassé sa position.
Il reste à recueillir les renseignements du détachement Ouest.
Le directeur : Quelles sont les projets du régiment de uhlans ?
Sous-Jieutenaût U. : Je marche à l'attaqoe des dragons, mon régiment formé en deus échelons de deux escadrons chacun.
Le directeur : Si les dragons n'acceptent pa^ le comhat, mais se retirent dans le bois à l'Est de Gautzsch?
Sous-lieutenant U. : Le 3' escadron les poursuivra par la chaussée pendant que les trois autres contourneront la partie antérieure dn bois, par le Sud.
Le directeur ; Jusqu'où pousserez-vous la poursuite?
Sous-lieutenant U. : Jusqu'à ce que je me heurte à de la cavalerie ou à toute autre troupe ennemie supérieure en forces.
Le directeur : Que doit feire l'avant-garde'
Capitaine X. : Elle ne continuera sa marche que lorsque le gros aura atteint Zôbigker; celui-ci la suivra de nouveau à 600 pas.
Le directeur : L'avant-garde modifîe-t-elle son ordre de marche?
Lieutenant Z. : Non ; comme précédemment, elle détachera une compagnie à 300 pas en avant.
Le directeur demande alors qu'on veuille le laisser quelques instants seul près de la carte.
Cofétinuation de la partie après 7 keurês V.
Le directeur île tarde pas à voir que de notatables modifications dans les dispositions des deux détachements ne pourront avoir lieu que lorsque les avant^postes de dragons et le pelo* ton d'infanterie du détachement Est se seront reportés derrière le second pont & l'Ouest de Connewitz et que les éclaireurs de uhlans auront atteint ce pont. Il y a donc lieu d'établir d'abord à quelle heure ces différents mouvements auront reçu leur exécution.
Les dragons ne battant en retraite que poussés par les uhlans, c'est la rapidité de marche de ceux-ci qui déterminera l'allure de ceux-là.
Le premier échelon des uhlans se met en mouvement du coin Sud-Est de Zôbigker, à 7 heures 2'. Il a à parcourir, après avoir refoulé les dragons dans le bois pour atteindre le pied des hauteurs à l'Est de Gautzsch, 3,300 pas.
Quelques mouvements latéraux en présence de
iWnemi étant indispensables, il ne sera pas possible aux uhlans de franchir cette distance directement; il est vraisemblable aussi qu'ils prendront le pas pendant quelques minutes, de sorte qu'on peut compter 15 minutes pour que le premier échelon atteigne le pied du mamelon. (7 heures 17'.) Arrivés là, les uhlans se subdivisent. L'escadron qui trotte le long de la <;haussée, prendra le pas et marchera avec circonspection en entrant dans le bois ; les trois autres se maintiendront dans leur allure et contourneront les taillis par le Sud, en longeant la partie Nord de Rachitz. Pour atteindre la chaussée, les uhlans ont 1,600 pas à parcourir, dont les premiers par des terrains difficiles, ce qui exigera 8 minutes; de sorte que le gros du régiment de uhlans n'arrivera à la chaussée qu'à 7 heures 25'. De là jusqu'au pont, la marche des uhlans sera retardée par le peloton d'infanterie qui s'est déployé en tirailleurs, bat lentement en retraite et ne traverse ce pont que 10 minutes après. Par suite, les premiers uhlans n'arriveront en vue du pont que quelques instants plus tard (7 heures 36').
Il reste à déterminer où se trouve à ce mo-
ment l'avant garde de la colonne du détachement Ouest,
La tête du gros se trouve à 7 heures 1', à 1,300 pas de Zôbigkfer ; elle y arrivera donc & 7 heures 14'. Une minute avant, l'avant-garde quitte la sortie Nord du village, à 7 heures 36' ; elle aura donc parcouru 2,300 pas et se trouvera, par conséquent, à 200 pas Est de Gautzsch.
Quant au détachement Est, il n y a pas lieu, pour le moment, de s'en occuper ; attendu qu'il suffit d'une simple inspection de la carte pour voir que les ordres donnés par le capitaine A., commandant du détachement Est, en suite du rapport du commandant de sa cavalerie, expédié à 6 heures 54', doivent avoir reçu à 7 heures 36' leur complète exécution. On se souvient que cet ordre portait : renforcer l'avant-garde par les 2* et 3* compagnies.
Narration des événements survenus depuis 7 heures V jusqu'à 7 heures 36'.
Le directeur réunit de rechef les deux partis autour de la carte et leur fait, d'après les corn-
munications qu'il a recueillies des conducteurs de troupes, l'exposé suivant de la situation :
Vers 7 heures 2', le régiment de uhlans, maintenant réuni, se porte en avant h l'attaque des deux escadrons de dragons qui rétrogradent vers les hauteurs de Gautzsch. Peu d'instants avant de quitter la hauteur au Nord-Est de Zôbigker, les dragons remarquent encore que l'infanterie qui débouche de Prôdel, est suivie d'artillerie et que celle-ci est suivie elle-même d'une autre colonne d'infanterie ; de sorte que jusqu'alors ils ont vu environ 2 bataillons, 4 escadrons et 1 batterie de l'ennemi, sans pouvoir observer plus longtemps pour s'assurer si d'autres troupes ne sont pas en marche sur la chaussée. Rapport de ces observations est envoyé au commandant. Les fractions du détachement Ouest en marche près de Prôdel, n'étant plus en vue des dragons, les « pions doivent être enlevés de la carte. Je prie de reporter les deux.escadrons de dragons jusque dans le bois à l'Est des hauteurs de Gautzsch, et de faire suivre les quatre escadrons de uhlans jusqu'au pied de ces hauteurs. Ces derniers, par suite de quelques retards, mettront
15 minutes à franchir les 3,300 pas que comporte ce trajet; ils y arriveront par conséquent à 7 heures 17'.
Les pelotons de tirailleurs de Zôbigker sont ég'alement à retirer de la carte, de même que les escadrons de dragons, à l'exception de leur peloton d'arrière -garde, qui doit rester dans le bois avec quelques patrouilles vers le Sud.
Je prie les escadrons de uhlans d'exécuter la marche dont j'ai reçu communication et de la marquer, en glissant lentement les pions par tout le chemin à parcourir, les patrouilles de dragons pouvant observer cette marche pendant toute sa durée.
(Le sous-lieutenant U. exécute cet ordre en plaçant un escadron sur la chaussée et les trois autres au delà et près de la pointe Sud du bois. Aussitôt qu'ils dépassent celle-ci, le directeur ordonne aux dragons de replacer leurs pions d'escadrons derrière la hauteur à l'Est de l'angle du bois et au lieutenant B. de placer un peloton de tirailleurs de la 1'" compagnie à la lisière, plus vers le Nord-Est.)
Le sous-lièutenant U. déclare que, même dans
cette occurrence, il ira de l'avant contre les dragons.
Le directeur : Les dragons se replient derrière leur soutien d'infanterie. A 7 heures 25', le régiment de uhlans débouche sur la chaussée, près de Jungfernlache ; mais l'infanterie ennemie se retire également à la suite des dragons, en se couvrant de tirailleurs. Les uhlans suivent, mais prudemment, à travers bois.
Sous-lieutenant U. : Un seul escadron continue la poursuite par le bois, les trois autres s'arrêtent dans la partie découverte.
Le directeur : Prière d'enlever les pions d'escadrons et de les remplacer par quelques patrouilles d'exploration marchant dans la direction des ponts. Pour le détachement Est, l'occupation de la rive droite de la Pleisse est à . marquer par le nombre correspondant de pelotons de tirailleurs. (Le lieutenant B. eu place deux.)
Lieutenant B. : Aussitôt que la dernière subdivision a repassé le pont, je fais incendier ce dernier.
Le directeur : Telle serait donc la situation à 7 heures 36'. Entretemps, sur la rive droite de
la Pleisse, des patrouilles de dragons, d'une part, et de uhlans, de l'autre, s'étant rencontrées entre Dôlitz et Markkleeberg, elles ont échangé quelques coups de feu et finalement un peloton environ de chacune des deux troupes a pris une position expectante ; les dragons près de Dôlitz, les uhlans à proximité du château de Markkleeberg.
Le détachement Ouest est encore informé que sa colonne s*est remise en marche et que son avant-garde est en ce moment à 200 pas au delà de Gautzsch.
Pour les nouvelles dispositions à prendre, c'est à ce dernier détachement à les développer d'abord ; messieurs les officiers du détachement Est peuvent maintenant se réunir dans la salle attenante où ils recevront les instructions de leur commandant de détachement, puisque actuellement toutes leurs subdivisions se trouvent concentrées à et autour de Connewitz.