DES MONNAIES
Toutes les monnaies du monde commercial ont cours â Bourbon. On y reçoit concurremment celles de la France et de l'Angleterre, du Portugal et de l'Espagne, 'de la Hollande et de l'Autriche, des États-
Unis et de i'Inde , aoil d'or, soit d'argent. Ces looanaies se rapporteni toutes à uoe unité commune , la ftà^ttûy non la pièce espagnole de ce nom » mais une^ monnaie fictive, comme autrefois en France la pU-^ iûte, dont dUie est la moitié. En la comparant aux monnaies françaises^ elle est exactement représentée par l'éca de cinq francs. La piastre vaut dix livres ; elle se subdivise en dixièmes et centièmes. Ainsi la "^monnaie française a dan^i la colonie un cours dominai double de celui qu'elle a en France. La plus pe^ tite pièce est le sou marqué y qui, en France, vaut 1 sou 6 deniers , et trois sous dans la colonie .
Pendant l'interruption des communications, on frappa à l'Ile de France, pour l'usage des deux îles, une monnaie d'argent dans laquelle il y a beaucoup d'alliage: on lui donna le nom et la valeur de la piastre de compte. Il en reste encore quelques-unes en circulation ; mais , malgré leur bas titre , le nombre en diminue constamment.
On fit à Paris, en 1816, pour le service spécial de rile Bourbon, des pièces de 1 a centimes : elles passent pour un tiers déplus que les sous marqués, facilitent les appoints et sont très-commodes pour les achats journaliers qui se font au bazar.
. C'est une chose remarquable et digne d'attention que la présence altemative des . diverses monnaies. En 1817, par exemple , on ne voyait à Bourboji que des roupies de l'Inde, savoir , un petit nombre de celles d'Arcate, des roupies de Pondichéry, mais la plus grande partie de roupies Sicca, dont la valeur fise était d'une demi-piastre de compte ou 2 fr. 5o c. T. II. 10
£n peu de temps tôates ces voupies se soDt écoulées; on n en voyait presque plus en 1 8ââ; mais aussi la piastre d'Espagne > qui était rare à la première de ces deux époques, abondait à laseoonde« La France, dans les premières années de la rétrocession surtout, avait envoyé une assez grande quantité de ses diverses pièces de monnaie : une grande partie y est revenue, et il en reste fort peu en circulation.
Da9s cet état de fluctuation , le gouvernement de la colonie, qui , dès 1816, avait tarifé le change de celles des monnaies qui étaient les plus nombreuses dans la circulation, c'est-4-dire établi d'une manière fixe leur rapport avec la piastre de compte, crut devoir prendre, dans l'intérêt du pays, une mesure qui , mieux qu'aucune prohibition, devait garantir la présence d'une monnaie légale et française: ce fut de porter à six francs la valeur de la pièce de six livres , qui n'est en France que de cinq francs quatre-vingts centimes. Cette différence de vingt centimes couvrant le fret et l'assurance des pièces qui seraient envoyées à Bourbon , on se donnait une sorte de garantie que le commerce de France, préférerait en expédier, puisque, s'il achetait en Europe des piastres d'Espagne qui y sont ordinairement au cours de 5 fr. 25 c. a 5 fr. 35 c. , elles lui reviendraient a leur arrivée à un taux plus élevé que le cours auquel elles y tout reçues, qui est de 5 fr« 5o c. D'autre part les pièces françaises de six livres n'étant reçues i Madagascar, à Mascate et dans l'Inde qu'au même taux que celles d'Espagne, on a, dans cette autre différence , une garantie certaipe contre leur eipor^
i47 tation. Les opérations connaevcLales n'ayaDt point de bornes sur la monnaie d'Espagne, il n'eu résultait aucune géoe pour les transactions extérieures. L'effet que Fou s'était promis de cette mesure a justifié en partie les prévisions ; mais, soit que le commerce de France n'en ait pas été informé, soit qu'il ait éprouvé ' des embarras pour la réunion et la sortie des pièces de 6 liv. , Timportation n'a pas été telle qu'on aurait dû l'espérer et que semblaient l'exiger les opérations. Une autre cause peut-être est le bénéfice assez conridérable que présentent les pièces de cinq francs dans les pays environnans , où , quoique avec quelque difficulté , ^les sont cependant reçues concurremment avec la piastre d'Espagne, surtout si elles sont en petit nombre, malgré la différence de 5o c. par pièce.
CAISSE d'escompte.
Ce fut dans ces circonstances que l'on conçut l'idée d'une caisse d'qscompte. Elle éprouva quelques contradictions..
Les auteurs du projet mettaient en avant des considérations importantes. Suivant eux, on devait attribuer à la diminution du nombre des espèces en circulation, et a leur insuffisance aux besoins du commerce et de la population, le prix très-élevé exigé pour Fescompte des billets par quelques personnes qui faisaient métiai* de cette sorte de banque. On n^avait pas oublié que, peu d'années auparavant, des particuliers,, qui avaient trouvé accès auprès du trésor colonial à l'île de France, y avaient emprukité
lO*
à un ba» iutérët des MMMoaes assez finrCes, avec lesquelles Us étalait venus escompter a Bouriion â an taux élevé, fondant ainsi leur fortune sur la rukiè de leurs concitoyens. La diminution des espèces en ckciU^tîon était aujssi causée par la thésaurisation, ^i^ns le but de vendre plus cher à ceux <fui seraient dépourvus y et par l'exportation nuisU>fe à tous , en inéine temps qu'elle a presque toujours pour ob)ct des op^ations illicites. 11 était donc important de trouver qp moyen de remettre le signe circulant en proportipn aivec le^ besoins, d'imposer un freina l'insatiable ^v^dité des usuriers , et, en obligeant Teuiprunteuri fendra ci cpurt terme , d'opposor à l'exportation la s^le barrière dont on peut raisonnablement espérer qqelqi^ç succès* Mais où U^ouver les espèces nécessaires pour réaliser cet utile projet, ailleurs que dans la caisse du gouvernen^ent, qui s'était sagement fait une réserve? Et sur cette question, s*il est contre l'intérêt de tout capitaliste de laisser diés fonds entassés et sani^ valeur , c'est surtout contre fiiitérét du gouvernement. Père de famille , c'est un devonr pour lui de Kcourir ses enfisns , et ce devoir est plus impérieux enoore dans les colonk» qu'àilieurs. Mais ce devoir qu'il remplira lui sera productif, il jouira du bénéfioe de l'escompte, il augmentera ses capitaux en mtaie temps qu'il augmentera son revenu, en imprîwiant un plys grand mouvement aux opéra* tjons cotminemaks par lesquelles le fisc est alimenté. A oei motifii qui pavaissatefit péremptôlres , et qui, il ne faut pas le dissimuler , étaient consciencieux de U pwt de ceux qui les exposaient , les adversaires du
*49 projet) tel du moins <{U:'il était présenté, répondaienr par c}es raUbnnbmens qui n'étaient pas sans force.
Ils accordaient que si le nombre des espèces en eltculation était inférieur aux besoins, il fallait chercher ârétabUr l'équilibre ;uiais s'il y avait relation àrec \éà affaires, l'établisseaie&t sollicité n'était pal néoessaife.'* Or, disaient*Us, le moyen de connaître si ce rapport existe , c'est d'examiner le prix des choses. Le prix actuddes denrées dépasse celui que l'on doit justement leur attaribuer ; et comme il n'y a pas diminution dans la quantité des denrées , ily a dépréciation de l'argent. Donc la quantité d'espèces en circulation excède la proportion convenable* En deux ans (181 9 et iSso) , U a été introduit dans la colonie deux cent qua^ rante*^neuf mille piastres d'Espagne (i,369,5oof.); à la vérité^ il y a eu des exportations frauduleuses' , soit pour un commerce illicite avec Madagascar et Zanxibar, soit pour le commerce de llnde, qui aspire sans cesse tout l'argent que les mines de l'Amérique méridionale fournissent aux ateliers monétaires de l'Europe c mais ces esiiportations , évaluées à quarante mille piastres pour l'un et à trente milfe piastres séu*^ lement pour l'autre ( 1 ) , laissent encore en circulation d^ns le pays cent boisante-* dix^neuf miile piastre». D'un autre côté, le cours des piastres ^d'Espagne plus élevé à Bourbon que partout aiUeuré , la valeur de six francs donnée aux écus de six livi^s, le taux plus
(1) Le commerce de l'Inde a pris sa revanche en i8ar. Oh a évalué l'eiportation frauduleuse pour cette contrée, durant cette aance, à 330|000 piastres.
i5o fort des monnaies d'or de llnde, garantissent assez la présence d'une quantité suflSsante des divers signes monétaires.
Mais, disaient les auteurs du projet , l'intérêt est élevé et il faut trouver un moyen de le réduire. Ce moyen est d'ouvrir aux emprunteurs une caisse qui jpréte à un taux modéré.
A cela on répondait encore : l'intérêt est le prix de l'argent « élevé quand l'argent est rarie , bas quand l'argent est abondant. Pour ce prix , comme pour celui de toute chose, il y a un rapport positif qui ^prime réquilS>re entre les besoins et les moyens de les satisfaire. Dans les colonies , et surtout ici , ajoutaîlM)n , le prix de 1 argent est on rapport , non seulement avec la quantité de cette chose qui circule et avec le besoin que Ton ena, mais aussi, comme toutes les n^ardiandises que l'on y apporte , avec le prix qu'elles ont en Europe, avec le bénéfice qui doit résulter de leur transport et rie leur échange. Or le ctanmerce avec Madagascar étant de sa nature un commerce aventureux qui a pour résultat, ou un bénéfice considérable , ou une perte totale , on vend les espèces à ceux qui s'y livrent, à un prix relatif à ces chances* Quant au commerce i^de l'Inde, en ce moment ( i8âi ) on ne peut y porter que des espèces pour obtenir des retours profitables ;' mais aussi ces retours sont tek , que les spéculateurs qui font ces opérations ne redoutent pas un agio de quinze pour cent.
• On remarquait d'ailleurs que c'était employer une locution inexacte que de dire que V intérêt était élevé
i5i à Bourbon / quand on n'entendait fiarler que de /V«^ compte. Lorsqu'on prête , on calcule l'intérêt en dehors ; lorsqu'on escompte, ce qui est la inêine chose que vendre, on le calcule eo dedans* 1^. préteur donne cent contre une obligation de même somme i à laquelle l'emprunteur ajoute l'intérêt ( soit 1 2 ) lors du remboursement; quand on escompte , en échange d'un billet de cent francs, le vendeur ne donne que quatre ^vingt huit , retenant la différence pour prix des espèces qu'il livre. Dans le premier cqs , l'avantage du possesseur des espèces est de douze {>our cent : il est de près de quatorze pour cent dans le second cas. '
Ce chiffre m que l'on prenait pour exetiiple, exprime réellement l'intérêt commercial; est-il celui convenable ? on résolvait ainsi la question :
En France, l'intérêt légal est de cinq pour cent et l'kitérêt commercial de six pour cent. Le produit, des terres ne s'élève à beaucoup près nia l'un nia l'autre de ces termes : des propriétés foncières qui rapportaiei^t cinq pour cent il y a quinze ans , ne donnent p^us maintenant que trois et même deux et demi :^ ce rapport a changé parce que la valeur des fonds a augmenté, le revenu étant resté le même* Les bénéfices commerciaux en France sont assez habituellement dans un rapport moyen de quinze pour cent. L'intérêt légal est à Bourbon de neuf pour cent; celui du commerce de douze pour cent ; le produit des terres dedouzepour cent; les bénéfices comoij^rciaux varient de vingt-cinq à trente-trois pour cent. Ainsi , dans les deux pays la différence entre l'intérêt légal est de
quatre cinquième^ ; la diSiëDenoe autre TiiHérét commercial est double ; entre le revenu des terres elle est quadruple au moins, et elle est àpeuprësdoCibleenrtre les bénéfi^s commerciaux. On voit par ces rapprochemens que l'intérêt de l'argent est à Boudbon dans le même rap]tort qu'en France , avec les avantages que les propriétaires et les commerçans retirent de leur cho$e : ainsi , quand Tintérèt est â douze pour cent, on peut être certain qu'il est au taux conTenable , et l'intérêt n'est qu'à douae pour cenit quand l'escompte edt à cfuinze pour cent.
La discussion de oesdirerses questions conduisit au surplus à une remarque fort importante : c'est que depuis Vingt ans , malgré la différence des positions diverses dans lesquelles la colonie s'est trouvée ^ soit sous les rapports politiques , soit quant à ses rebutions avec sa métropole , soit pendant la possession momentanée de l'Angleterre , soit rdativeraent à son agriculture en elle-même , ou eu égard à la valeur de ses produits ( i ) , soif en ce qui concerne la plus ou moins grande abondance des espèces circulantes , positions qui toutes ont eu une influence directe
(i) Pendant long-temps la balle de café a été à Bourbon le type de toutes les valeurs» Or, voici les variai ions que son prix a subies depuis 1 800 :
1800 10 à II P.
1806 coup de vent. 16 à 15
i8io conquête. 11 à i4
1814 coup de vent. 11 à i3
181 5 rétrocession. 10 à »
9i 9iP
10 à II
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et marquée BUT la valeur de Targeut , Tescompte s'est maintenu au taux de i5 à 18 pour cent. Or^ si comparant ces diverses circonstances à la situation actuelle , on reconnaît que la colonie , rendue a son souverain, jouit de la plus grande tranquillité; qu'elle a 1^- relations les plus heureuses avec sa métropole et avec ses voisins ; que san agriculturie est plus florissante qu'elle n'a jamais été ; que les produit» des anciennes cultures ont un prix plus élevé qu'alws, et que de nouveaux produits en ont de très-av^nlageax ; que la somme des espèces est plufl considérable qu'autrefois; on concluera san^ doute que ce nb sera pas en auginentant le signe circulant d'une quantité qui sera au plus la moitié de celle qui existe, qu'on pourra raisonnablement espéra une amélioration que n'ont pas obtenue leà dbangemens notables qui ont succédé depuis 181 5 aux circonstances déplorables , compagnes nécessaires des années de la révolution et de l'occupation anglaise.
hes adversaires du projet, étaient loin égalehi^rt d'accorder que la caisse du gouvernement dût four*nir les espèces. En effet, disaient-Us , quel a été l'objet de la réserve? L'état n'est pas un banquieir, pour kquel c'est une pearte que ne pas. retirer profit de ses capitaux : il a d'autres vues, d'autres tè{^*de conduite. Gomme le |>ère de famille qui conserve de quoi parer à des besdins impiévus , l'état doit prévoir la pos^ion où le .placerait une guerre eatérieutis qui le priverait des recettes des douanes , qui sont la moitf é de la recette totdé ; la position où le placerait un ouragan qui , détruisant les récoltes et réduisant
1-54 instaDtanéinent ks ressources des colons , les mettrait dans rimpossibilité d'acijuitter, au moins en temps convenable, les impôts directs; toutes les chances en un mot qui , affectant douloureusement le pays , compromettraient: les perceptions, et forceraient le gouvernement , non pas à contraindre au paiement , mais é retarder les rentrées , et peut-^tre à secourir les malheurent privés de uloyens d'existence. Tenir en réserve de quoi pourvoir dems ces circonstances aux dépenses ordinaires eC extra<»dinaires, est un devoir commandé, par toutes les considérations; négliger ce devoir, serait se rendre coupable envers le roi, qui n'a Jamais entendu que ses fonds fussent livrés à des spéculations semblables , et qui punit de cassation les administrateurs qui se permettent des opérations commerciales ; coupable envers les colons dont on> compromettrait à ce point les intérêts.
Tout le monde, au reste, était d'accord sur ce ifn'il ne suffisait pas d'avoir pris des mesures dont rinévifeablë résultat éuit d'encourager l'importation des espèces, mais qu'il était indispensable aussi de se doiineridesgarantiés contre leur réexportation. Or» les mesures prohibitives seront toujours éludées. L'Espagne a* prononcé la peine de mort contre ceux qui opèrent ou facilitent la sortie de ses monnaies, et les piastres espagnoles sont répandues par tout le globe. C'est par leur seul intérêt qu'il faut mener les hommes ; et le plus grand intérêt du comineroe est la plus extrême exactitude à remplir les aigagemens. OMigé de rendre a une époque fixe et rapprochée la somme
pour laquelle on aura réclamé Tescoinpted'un btikt, on sera forcé, par son intérêt inëtne , à :Umiter ses spéculations ; on ne se lirrera point à ces idées extravagantes qui ne procttrènt que des pertes au lieu des énormes profits dont on s'éCait bercé ; et pour être restreint dans des bornes moins étendues-, le commerce plds prudent en deviendra plus iacile dans ses rapports.
Tout balancé , Uétablissem^it d'une caisse d'e»^ compte fut ordonné le lo novembre 1 83 1 pour être ati activité le 1*" 'janvier suivante Le capital fut fixé à 760,000 fr. pris sûr les fonds ternis en réserve an trésor. Les opérations de la caisse furent bornées à l'escompte des lettres de change et billets à ordre stipulés pour valeur reçue, rev^:us de deux signatures, au moins, de personnes . notoiremeirt solva-blés; Tesûonipte JTut fixé à 9 poui" cent par an de 36o joursw
Par une singularité vraiment remarquable^ le premier billet dont la caisse eut à' réclamer lé paiement fut {MTOtesté ; mats c'était le résultat d'une etreur qui fut jréparée sur-le-champ , et c'est le seul qui ait éprouvé un retard. '
Pendant la première année il fut escompté pour 1,663, 1161 fr. de valeurs* Le bénéfice net sur un capital de 5oo,ooo fr. seulement (au lieu de 760,000 qui avait été promis, mais qui ne fut pas réafisè),fut de â4,oi3 fr. , c est-à-dire à peu près cinq pour cent. Les frais de premier établissement, qui s'étaient élevés à 19,966 fr. 76 cent. , ayant été réunis aux frais ordinaires , l'ensemble des dépenses s'éleva cette
première âDnée à une Mmme |^s forle qu'il n'eu) fait ks années suivanti».
Le ministère n'ayant pas approuTé que les fonds du trésor servissent ainsi à une opération , dont l'essai avait au surplus répondu aux espérances de ceux qui l'avaient conçue, et «assuré ceux qui n'a- V4»ent pas partagé de tout point cette opinion , le gouvernement retira ses 5oo,ooo fr. , qui furent remplacés par autant que fournirent les principales maisons de commerce*
A dater du premier janvier 18249 c'est-à-dire après deux ans d'essai , l'établissement prit le casactère d'une société anonyme; le capital, divisé en trois cents actions , fut composé de sept cent cinquante mille francs en argent et de deux cent cinquante mille francs en billets de caisse ; la durée de la société fixée A cinq ans, les opérations limitées à l'escompte des billets à ordre; l'escompte fixé à 1:1 pour cent avec espoir de réduction.
Trois ans d'existence avaient mérité à la caisse d'escompte de l'Ile Bourbon une juste confiance» en avaient démohtré l'utilité , et répondu aux craintes qui avaient été manifestées lors du projet de sa création. Les espèces circulaient dans le pays, et ne servaient cependant qu'à l'acquittement des dépenses pour lesquelles elles sont indispensables. La confiance était portée à un tel iK>iiit, qu'il s'est trouvé plusieurs momeofl'oii la somme destinée à l'escompte hdnlomad^ire n'était pas demandée ; et cependant l'activité des transactions n'éprouvait aucun ralentissement. D'un autre côté, les: caisses des usuriers ne
i57 s'oufraieat plus que pour ces gens qui emprunteul sana savoir quaadils pourront rendre, ou pour ces opérations prohibées dont les auteurs ne sauraient s'exposer à réclainer un crédit pour lequel ils ne présentent aucune garantie : à de tds maux il faut bîeii laisser de tels remèdes. La colonie et surtout son commerce éprouvaient les effets bienfaisans de cet établissement, lorsque tout à coup de nouvelle^ dispositions sont venues en changer les bases. .Notre intention, en écrivant cet ouvrage , ayant été de ne parler que de ce que nous avons vu, et les dispositions auxquelles nous faisons allusion n'ayant été prises que depuis que nous avons quitté la colonie, nous avons rheureuse faculté de garder Ict silence à cet égard : mais si nous pouvons nous taire sur le résultat de ces dispositions, nous avons dû les indiquer pour ne pas induire nos lecteurs en erreur , en leur peignant une situation qui n est plus , et dont la cessation a eu la plus fâcheuse influence sur tous les élémens de la fortune et de la prospérité coloniales.