‹ Essai de statistique de l'île BourbonChapitre 65 sur 90 · CAPITAUX · texte numérisé non relu

CAPITAUX

Le capital général se compose : i * des terres et propriétés foncières ; 2^" des propriétés mobilières ; 3"* du numéraire circulant.

la*

FROPRiÉTts FONCIÈRES.

On avait autrefois dans ce pays l'habitude d^éyaluer la somme des propriétés en multipliant le développement présumé de File par la largeur arbitraire d'une zone attribuée à la culture , doqt on déduisait , aibîtrabement aussi ^ une certaine, éteqdue supposée équivaloir aux lits de rivières, aux terrain^ incultes, etc. On conçpit aisément tout ce qu'une ^«emblablje évaluation devait nécessairement présenter d'inexact et même de vicieux. J'ai dû employer d'autres moyens pour arrivera un résultat. que je puisse présenter comme certain. J'ai pu me procurer des états positifs et authentiqyes des qu^^tifés de surfaces employées à chaque culture. Ces états ^n'outdoniié un total de 54) i4^ hect.55.cent. (i7,io5,5o5gaulettes) pour les surfaces cultivées, mises en valeur, donjiaut des produits etayapt une valevir positive et réelle actuellement. On compte eu oqtre 7U^5o ](iectares., dont une portion, ceUç occupée par Içs rivières, les ravines j les brûlés , les^ plaines de galet ou de produits volcaniques récens , . est absolument improdiict^>le, dont une autre portion, quoique susceptible de produire, ne produit pas et ne peut êtr^ mise en valeur^ parce qu'elle comprend les forêts et les pas géométriques, dont une portion enfin produira quand on voudra la mettre en culture, telle que les tlettes et les plaines de l'intérieur de l'tle. Ces 7k85o hectares n'ayant pas actUeHemeqt dje valeur positive ; je n'en fais pas mention dans mes évaluations, m di c'est Une

i8i conoedsion faite au pays géi^éralement considéré, on sent qu'il y a une sorte de justice à procéder ainsi, en ayant ^ard aux propriétaires individuellement.

Pour ne parler donc que de la portion cultivée et reconnue'ëtare de i7,io5,3o5gaulettes, quantité certaine , contrôlée par le produit des cultures, qui est contrôlé lui-même par les états de consommation et d'exportation , j'en établis la valeur en estimant à deux fr. chaque gaulette. Cette évaluation , généralement' admise dans le pays, ne peut nous conduire à erreur, car s'il est quelques parties qui vaillent m<Hns,.il en est aussi qui valent plus, et la quantité de cdles-ci est plus considérable que l'autre; ainsi )e cours plutôt nsque de pester au-dessous des véritables valeurs que de me porter au-delà. J'obtiens de cette manière, pour valeur des terres cultivées, une somme de (i) 54,210,600 fr

Cette valeur des propriétés foncières est susceptible de s'acorottre, coDOtme je Tai dit, des portions encore incultes qui peuvent-être et qui seraient mises en culture.

Le second article des propriétés foncières comprend les maisons <les villes et bourgs. L^ur valeur, est estimée à des époques reprochées pour servir à établir ua dés impôts directs , comme on le verra

(i) Je' porte presque toujours des sommes rondes dans ces évaluations.

De l'autre pari. . . 34,s 10,600 fr.

plus bas. Elle a été portée récem-

roeDt à 8,320,000 fr.; )c porte 8,5220,000

Total des propriétés foncières 43943o96<^

PROPIO&TÉS MOBIUÉSBS.

Tant que le régime actuel des colonies subsistera, et quelle que soit l'opinion sur lesclavage, il faudra toujours porter dans des calculs de la nature de ceux qui sont le sujet de ce chapitre , la valeur représentative du capital d'un des principaux moyens de cul* ture , je veux dire du capital au moyen duquel un colon s'assure le travail des noirs pour un nombre d'années indéterminé. J'ai fait voir, en parlant de cette partie de la population de la colonie , que si les recenscmens fournis par les habitans indiqiieut un nombre de 56,ooo noirs existans, il est généralement connu que ce nombre indiqué est inférieur à celui réel , et qu'en calculant sur les données les plus yraisemblables , on devrait le porter à 70,000. Cette dernière indication ayant cependant été regardée par plusieurs personnes comme exagérée , je prendrai le terme moyen entre les deux nombres , et j'aurai celui de 63,ooo. Le travail du cinquième de ces individus est très-peu de chose; on peut évaluer à ce nombre fractionnaire celui des vieillards et des cnfans. Il ne faut plus attendre des premiers aucun travail; après avoir concouru d'une manière active à la formation

i83 des produits » ils ne sont plus qu'une charge réelle. Les autres promettent des travaux, mais ils seront long-temps une véritable charge, et courent, durant les premières années de leur existence , des chances défavorables très-nombreuses. Pciur ne parler donc que des capitaux productifs ou productibles , je m'en tiendrai dans l'évaluation actuelle au nombre indiqué de 56,ooo. Il se compose pour la plus grande partie de manœuvres, d'ouvriers, de domestiques et de femmes , qui se rangent en proportions diverses dans ces trois classes. Le capital que représente un noir ouvrier est communément évalué à a5oo fr. ; il en est dont on l'estime 7600 et même 9000 fr. Celui des manœuvres va de i3 à i5oo fr. Prenant un nombre arbiti*airement intermédiaire , 2000 fr., pour base de nos évaluations, nous obtiendrons pour somme ci • 112,000,000 fr.

La valeur des animauxemployés aux exploitations forme le second article de ce compte. J'en ai présenté plus haut le nombre. Je vais le reproduire ici.

3,266 chev. à 600 fr. 1 9969,600 1,537 mulets 760 1,162,750 1,367 bœufs 35o 47^9460

481 Ânes 126 60,126 3,660^926

J'exposerai ensuite

la valeur des inachi- 1 16^660,925

De (autre pa^U . . . u5^659»s^5fr.

nés, etc. , employées àrexploitaticm.

20 pompes à vapeur. , (>oo,ooa 36 moulins en fer et

en bois mus par te

ventet par Teau. . . 216,000^ x\2 moulins à ma--

i»o 16,00a Je porteraijpour valeur des charrettes employées au transport,, et pour celle d'une quantité considérable de cabrouets , de moulins à coton, de pilons à café, de tous les autres engins, des hai^ nais, etc., une somme véritablementinférieure à la réalité 1^7,750

J'aurai ainsi pour valeur totale des moyens d'exploitation, une somme de 1 16,794,675 fr.

Je mentionnerai ensuite la valeur des troofeauz, valeur qui, aipsi que celle des propriétés ibiM!i«res>

i85 est Bt^scçptible d'accroiâsement ^a r^ÎBon des laesures qui seronf prises pour mettre en état de pâtiirages une partie au moins des savanes ^bandomiées en ce mo- • ment* Je ne citerai ici que les quadrupèdes et je négligerai un produit assez considérable , les volatiles , qui forment un article de recette digne d'atteiition , soit qu'on les porte au marché , soit qu'on les consomme sur les habitations ; je dirai donc :

â6a taureaux

^,676 vaches

• à sêùo

535yâ'oo

^5^376 moutons

7,534 cabi^

2a6,oao

86^061 cochons

Enfin je porterai comme suit la valeur des bateaux de côte, des chaloupes, des pirogues de charge et de pêche.

14 bateauiL décote, 210,000

23 chaloupes , ^9,000

54 pirogues de çh^rgje, 270,000

1 86 pirogues de pêche , 334,8oo

D'ares çeb, on peut considérar le montant des ^ propriétésmobilières représenté par les sommes partielles qui suivent :

Moyens d'exploltatioii , 1 16,794967s

Troupeaux , • 2 , 735,340

Bâtimens et bateaux , 883,8oo

Et au total par celle de i2o,4i3>8i^

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