CANAUX
Le canal de Saint-Étienne, entièrement terminé> a satisfait ,déjà à une grande partie des espérances qui avaient fait entreprendre ce travail non moins utile que magnifique. Une plantation de cocos des Seychelles et d'arbres du pays sur les berges de ce canal , remplira un double but : elle retiendra les terres , dans les endroits surtout où des remblais ont été nécessaires» elle conduira à une culture plus étendue de ces arbres que Ton pourrait appeler oléifères/
et qui ai^ra pour iisfiMiltat db créer une nofiveUe branelie d'industrie dans le pays , de diminuer d'abord el A^étmnàre par k suite le tribut que la colonie paye à l'étranger pour son éclairage.
Des concessions d'eau ont été fiiites à des propriétaires riverains ; les écluses de prise d'eau sont terminées, et déjà » comme nous Tavons dit , des sucreries s'élèyent dans des terrains livrés précédemment à une affligeante aridité.
L'eau de la rivière Saint-Ëtienne coule dans les rues de Saint-Pierre , un réservoir a été établi dans la partie la plus élevée de la ville , et trois habitans , déjà l'objet de l'attacbement de leurs concitoyens par le bien qu'ils ont fait au pays , viennent d*acquérir de nouveaux droits à leur reconnaissance en faisant construire trois fontaines publiques à leurs frais. Ce sont MM. Robin père, Deheaulme aîné» créoles tous deux , et M. Marin , Européen allié h une des anciennes familles du pays, et qui est maire de ce quartier.
AI^MMST^lTIOFf D$ |.A JVST|Cfi«
Une ordonnanoe du 5o septembre 1837 a donné à l'tle une nouvelle organisation judiciaire. Le nombre des juges du tribunal de première instance et de la cour royale a été réduit', et le siège de la cour transféré à Sainl-Paul.
Deux Goufi d'aasiaes ont été instituées pour lea affaif€s criminelles; l'institution du jury a été adaptée à oea tribunaux avec les modiGcationa que la différence des lieux el des personnes a rendues indispensables*
Les arrêts de la cour royale en matières correctionnelle et oriminelle , ainsi que ceux des cours d^assises sent irrévocables : toutefois le mintatère public a la faeulté de se pourvoir en cassation dans l'intérêt de la loi. On peut se
pourvoir ««sm an oassaiion d«D8 les aflirire» ciyiles el commarciales.
LWdcmMtece éa 6 juillet t8«8» qui a fixé le ressoft de» deux cours d'asrâes à chacune des deux parties du yent el sone le fenl de l'île, a portée six le Boaiibre des ju^s de paix •avoir : un pour Saint-rD^iîs > un pour les communes de Ste- Mane , Sainte^Susaaae et Saint-^André , un pour celles de Saint-Benoit et Sainte Rom ; le quatrième a pour juridiction la oonmnne deSaint^PauI ; le cinquième celles de Saint-Leu ei SseRit-iiOuîs ; le sixième celles de Saint-Pierre et Saint- Joseph.
Une ordonnance plus récente, du Bi août 1828 » a réglé la forme des procédures au conseil privé , pouf ce qui re* garde les appels en matière de douanes , de trtilte et de commerce étranger » et en première instance pour les anciennes attributions du tribunal terrier , savoir : les discussions sur les concessions de terrain , sur les demandes en prises d*eau , etc.
▲GRIGULTUBJS.
La quantité de terres cultivées mérite partout de fixer Tattention des économistes ; car c'est de cette quantité * non moins que des soins donnés aux cultures, et de la distribution de ces cultures, comme de leurs rapports avec la population et les besoins du commerce , que Ton peut tirer des conséquences sur la prospérité actuelle et future d'un pays. Aussi avon^-ilous mis le plus grand soin à recueillir les élémens qui nous ont servi à former les divers tableaux que nous avons placés sous les yeux du lecteur. Nos évaluations sont basées quant au nombre total : i"" sur un mémoire manuscrit fait de 1775 à 1780; ï** sur un mémoire of&ciel de 1 8o4> j ustement apprécié en France et dans la colonie ; 3* sur les recensemens fournis par les babitans. L'étendue des terres
cultivée» que nous croyoïis avoir établie de la manère la plu» exacte qu'il est possible dans un pays où les terres ne sont point encore mesurées , quoique Ton en seinte chaque jour de plus en plus la nécessité , s'est trouvée confirmée par le produit des cultures , contrôlé lui-même par l'exposé des quantités consommées et exportées. Mais,, quelque confiance qne nous ayons dans notre travail , nous ne devons point passer sous silence des documens qui nous ont été procurés depuis et qui ont été recueillis avec autant de soin» quoiqu'ils ne s'appuient que sur les recenisemens produits chaque année. Nous croyons ne pouvoir mieux faire que de présenter ceuxci en regard des nôtres , car le premier devoir est d'être consciencieux. Quelque doute qu'ils fassent naitre sur l'exacte étendue des terres actuellement cultivées » ilenréesultera : 1*^ que l'on sentira davantage combien il imperte d'arrirer à la vérité , et 2*^ quelques conséquences qui viendront se placer à l'appui de ce que pous avons dit sur la distribution de la culture.
Terres cultivées en denrées coloniales^.
iSaS. 1824. 1895. i8s&
5,ii4,45o« 5,395,6548 4,144,875» 4,366,219*
En vivrez ot jardinage.
I7>io5,3o5 16,028,564 i5,982»2$6 i4».65i,i6i
Les conséquences que nous disons devoir être tirées de ces rapproçhemens , sont que la culture des vivres a diminué chaque année , surtout pour les denrées qui sont les plus importantes à la subsistance et qui en font la base , comme le inaïs , le blé , le riz, le maqioc , les patates et les pommes de
terre. Ainsi quand d'une part la population augmente , de Taatre la quantité de yivres diminue ^ de sorte que la part attribuée à chaque consommateur derient moins grande et exige une importation conséquente à cette réduction ; d'où il résulte que les obserration» que nous avons faites sur le danger de ne pas assurer la subsistance d'une population insulaire par les produits de la terre qu'habite cette population » acquièrent plus de force et méritent plus d'attention.
Si l'on remarque une augmentation dans les terres où les ambreyades ont été cultivées (i)» on en peut conclure que l'on a reconnu la nécessité de raviver certains terrains appauvris 9 car c'est là presque toujours le principal objet que l'on se propose en cultivant cet arbrisseau , dont le produit ne sert qu'accidentellement à la nourriture.
En admettant que la différence entre l'expression des quantités de terres affectées aux denrées coloniales en 1824 et 1825 soit la suite de rectifications des recensemens» malgré ce que j'ai. dit sur le soin mis à établir les premières , on re-v connaîtra qu'il y a aussi , depuis i8fi5y une différence qui donnerait une moindre quantité de surface cultivée , lorsque cependant les produits ont augmenté en quantités; et ceci tend à atténuer la confiance que l'on peut avoir dans ces divers documens. Quoi qu'il en soit» cette comparaison fera voir que si d'une part l'étendue des terres consacrées aux vivres a diminué , celle des terres consacrées aux cultures coloniales a augmenté de 1825 à 1824» résultat certain, puisqu'il est confirmé par la quantité des produits, quel que soit d'ailleurs le chiffre qui l'exprime; tandis qu'elle aurait diminué les années suivantes , ce qui est contredit par les produits obtenus qui ont été plus considérables.
(1) 51,350 gaul. au i^'^^janv. i8a3. i,o<)'2,3oo i8a5. 015,300 i8'i4* i;i46>664 i8'20.
Si l'en entrait dans (es détails, on reconnaltraft que la ciiiiure de la canne te serait accrue d*un septième , celle du cafier datis une moindre et faiMe proportion , ainsi que celle du giroflier y tandis que d'autre part celles du cotonnier et du cacaoyer auraient déchu d'environ un tiers , ce qui est bien expliqué déjà par le défaut de débouchés du premiw» et ce qui importe peu quant à l'autre , parce que , outre que celle culture est d'un faible prodnit , elle n'est pas r^lée , et que les cacaoyers se trouvent répandus sur divers points des habitations, d'od il résulte toujours une évaluation au moins peu exacte.
Quant aux terres non cultivées que l'essai de statistique indique être en i8â3 degaulettea 22,6979666
les documens que je compare en ce moment , ne les portent pour 1 SaS qu'à 1 6,55 1 ,S95
et pour 1826, à 91,830,967
Celte dernière quantité se rapproche de celle que nous avons écrite; mais la différence entre les deux années i8l|5 et 1826 est telle, qu'elle fera regarder l'indicatioa propre à celle-là comme inexacte; nous trouvons cependant dans la dernière un document qu'il est bon d'indiquer, ne (ùtHse que pour avoir une donnée proportionnelle sur l'étendue des tbréts, qui y est indiquée être de i9»455,ia5 gaulettea» celle des savanes s »4 ^ 7 »4^o.
des terres incultivables i,44i»^i*
Et enfin des terres cultivables, mais noa cultivées , 5,Si6,68i.
On n'aura pas perdu de vue ce que nous avons dit, 1* sur l'inconvénientqu'il y aurait à diminuer la première quantité, ce qui serait porter la zone des cultures à une région trop élevée peut-être au dessus du niveau de la mer pour obtenir des prndiiitA Aêtâfaisaos mais surtoqt oter à la partie actuelle-
ment cultivée la peu d'biMDÎdité qui lui reste et qui e6t indispensable à la végétation; 2* sur l'avantage qu'il y aurait à rendre lea savanes en état de nourrir les bestiaux comme autrefois» et à restituer au pays cette portion intéressante de ses produits agricoles; 5* enfin sur le soin et l'attention qu'il convient de donner à la division des cultures» pour ne pas tomber dans le cas d'ctre forcé k la suspension des travaux par la nécessité de laisser reposer une trop grande étendue de terres que l'on aurait épuisées en même temps.
Au surplus , ces différences «atre des renseignemens réunis à diverses époques , par diverses personnes qui n'avaient d'autre désir que d'en avoir de parfaitement exacts» prouvent la nécessité d'un mesurage commencé en quelques endroits» mais qu'il est indispensable d'exécuter partout» autant dans l'intérêt général du pays que dans celui particulier des propriétaires. Nous en sommes venus à un point où l'on ne se contente plus d'évaluations qui n'ont pas de bases» ce sont des vérités positives que l'on veut connaître» et chaque pas que l'on fait en démontre le besoin.
Si de la surface des terres en culture nous passons à leurs produits» nous pouvons former le tableau suivant. Nous nous bornerons encore h donner des résultats finaux» pour ne pas trop grossir ce volume.
PRODUITa
Sucre kil
Café
Girofle
Cacao
Mofcades
Coton
Miel Tcrt . . bouteiliet.
Blé kil.
Ri«
Mais
Manioc
Patates , ou pommes de
terre
Songes
Iffnames
Haricots et pois du Gap.
Ambrevades ......
Sel
Jardinage
Arack. ..... .Telles .
Vacoa (sacs de } nombr.
Bois équarris <le i5 p.
Planches
Bardeaux. . . milliers .
56o88oo
a3oo5o
5oo
S3aoo
a4aoo
35Qi94a
58oo
5oo 386oo loaoo
464 3oo
58340O 61100 aïooo
570600 38ooo
ao4ooo
789350 aoo6oo
8i3oo 474100 691900
5oooo
3ao9o3
3ia33Qi)
i5ooo 985000
695630 108000 8o4oo 345900 795700
iM38o 651000
ii3ooo 435o
903340 977300 9o3ooo a5oooo io85oo
9>>oo 65iooD
Valeur des denrées coloniales .
vivres
diverses autres. . .
Total oiaÉaAL. . .
58ao 791M ii35q
i3oo9s
3q3oou
IJggÇTT:^
Ou n'a pas tenu compte cette année du miel , du sel, des sacs ni de la chaux , arti- 4:Ies qui cependant forment une assez grande valeur.
On n'a pas tenu compte ooo pins de U chaux, qui cependant est un produit bdustriel assex important et d'une graaè consommation. *
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>YENS