‹ Essai de Statistique Obstétricale ComparéeChapitre 10 sur 12 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Comparaison des divers résultats.

Maintenant que nous avons vu de part et d'autre les résultats fournis par les diverses statistiques, il ne nous reste plus qu’à les comparer.

Reprenons les chiffres que nous avons déjà donnés plus haut; nous voyons que dans les hôpitaux de Bordeaux, la moyenne des décès par infection puerpérale est de 0,81 °/, ou 1/122,7.

En ville, en étendant la moyenne des Bureaux de bienfaisance à toute la ville, on a 0,44 :/, ou 1/298,7.

A la campagne, à Sainte-Eulalie d'Ambarèe, la moyenne est de 3,39 °/, ou 1/29,5.

Donc, aujourd'hui comme à peu près à toutes les époques, la mortalité l'emporte de beaucoup dans les maternités sur la ville. Mais il faut remarquer ce fait que les hôpitaux sont un lieu de refuge pour les femmes qui présentent des cas de dystocie nécessitant des interventions presque toujours sérieuses, et que bon nombre d'entre les femmes qui viennent accoucher dans les maternités son£ dans un état de misère physiologique qui les prédispose davantage à être contaminées.

En un mot, elles sont en état de moindre résistance.

D'un autre côté, l'hôpital reçoit pas mal de cas désespérés soit d'infection, soit de dystocie, et bon nombre de femmes appartenant à celte dernière catégorie arrivent dans les maternités

LOUE après avoir subi en ville des manœuvres infruciueuses qui presque Loujours les ont infectées.

Quant à l'énorme proportion oblenue à la campagne, il faut remarquer que sur les deux décès notés 1l y en a peul-être un dû à une cause autre que l’infeclion; étant donné le pelit nombre d'accouchements sur lequel a porté notre statistique, il nous semble bon de faire nous-même quelques réserves.

Néanmoins, la période que nous avons choisie, de 1890 à 1895, correspond à une même durée que celle choisie pour les hôpitaux etles Bureaux de bienfaisance, et de plus elle est toute récente el par conséquent il semble que la moyenne obtenue doive être moins forte que durant les années précédentes.

Si maintenant nous comparons nos slatistiques à celles parues précédemment, nous voyons que nous sommes loin de la moyenne de 1/30 donnée pour les hôpitaux à peu près par tous les auteurs que nous avons cilés.

Quant à la moyenne de la mortalité en ville, elle est à peu près la même dans toutes les statistiques, et la nôtre se rapproche à peu près du même chiffre.

Cependant nous ne devons pas conclure absolument de cela que la mortalité n’a pas diminué avec l’anlisepsie, en ville. Ge résultat vient de ce que les statistiques anciennes ont élé soumises à beaucoup de causes d'erreurs et ne donnent que des chiffres très approximatifs. se

Du reste, ce qui le prouve, c’est que si on prend lastatistique des Bureaux de bienfaisance en elle-même et qu'on la compare aux statistiques du même genre données par Malgaigne, Husson, de Beurman et Billet, on constate une notable diminution de la proportion des décès.

De même, en particulier pour Bordeaux, nous sommes loin, dans les maternités, de la proportion de 1/19 signalée par Malgaigne en 1864. ;

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