‹ Essai de syntaxe des parlers provençaux modernesChapitre 81 sur 139 · FORMES DIVERSES DU PASSÉ I · texte numérisé non relu

FORMES DIVERSES DU PASSÉ I

est du ressort du dictionnaire, varie beaucoup suivant les verbes et suivant les parlers. Les verbes transitifs emploient toujours « avoir » : sian monnia sus la cimo « nous sommes montés sur la cime », mais avias niounta lis escalié « vous aviez monté l'escalier ». Sur les verbes réfléchis, les tournures avec datif éthique, les constructions avec semi-auxiliaire et les tpurnures de substitution, v. §§ GG^ 83 in fine, 92 in fine y 107.

Ainsi se construit dans les différents modes une série abondante de temps périphrastiques au moyen de l'auxiliaire suivi du participe passé du verbe principal (pour les règles d'accord du participe, v. §§ roé-ic8).

Parfait (aux. au présent) : ind. ai canta « j'ai chanté », siéu vengu « je suis venu » ; impér. ague canta, siegues ou fugues vengu ; subj. ague canta, siegue ou fugue vengu; inf. avé ou agué canta, èstre vengu ; part, avènt ou aguènt canta, estent vengu.

Le parfait s'oppose au prétérit comme en général dans toutes les langues qui possèdent ces deux temps. Le parfait exprime l'aspect perfectif: action complètement achevée, ai canta « j'ai chanté » (et à présent je ne chante plus, j'ai fini de chanter) ; idée de résultat acquis, de responsabilité

engagée, etc , et généralement de toute conséquence

possible de l'action accomplie pour le présent et l'avenir ; en résumé le parfait^ composé avec le présent de l'auxiliaire et le participe passé du verbe principal, exprime le rapport du passé au présent, soit opposition de l'un à l'autre, soit effet de l'action accomplie sur la situation présente.

§ 124. — Le prétérit sert pour la narration historique et quand l'opposition ou la relation avec le présent n'offre pas un intérêt particuher '.

I. L'usage stylistique, pour des raisons d'euphonie, de brièveté, de J. RoNjAT. — EssM de syntaxe des parlers provençaux modernes. 13

Au lieu du prétérit, on emploie fréquemment le présent dans la narration rapide ou animée. M. F. Pascal emploie parfois les deux temps dans une môme phrase, tournure hardie et étrangère à l'usage courant :

Lou pechot paire Andriéu anant faire un sermoun Mountêc coumo se fai en cadiero, e d*amount Mando un espinchamen dintre soun ôudifôri '

« le petit père André, allant faire un sermon, monta en chaire, comme on fait (comme c'est l'usage), et de là-haut il lance un regard au milieu de son auditoire » ;

A dichy e des agnèus à founs de gouro enferro Soun glaive, e les traguèc sus lou sou badaiants, E lour vito dau cur * senvai au cop dau ferre ^

« il a dit, et au fond du gosier des agneaux il enfonce son glaive, et il les jeta pantelants sur le sol, et leur vie sort de leur cœur au coup du fer ».

Cf. Cro:^ada, v. 3922:

De Tharasco ichiron e coron al s estraus « de Tarascon ils sortirent et ils courent aux étropes ^ ».

variété, etc , peut parfois déroger à ce classement schématique des

aspects.

1 . Les Fatourguétos, fachos ou refac}x)s pcr ton majourau de la Mountagtto, Gap, empremarié e librarié aupinos, 1904, p. 242.

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