‹ Essai de synthèse des Conceptions étio-pathogéniques du Diastème interincisif médian supérieurChapitre 4 sur 13 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le sujet que nous avons traité aurait été demandé à être illustré par un certain nombre de reproductions graphiques de dentures du maxillaire supérieur et de radiographies, les circonstances nous ont empêché de le faire,

nous nous en exCusOns.

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Parmi les signes d’hérédo-syphilis que peut révéler l’examen de la cavité buccale, on a fait entrer une anomalie fréquemment rencontrée : le diastème interincisif médian supérieur. De nombreux auteurs, par contre, ont tendance à s’élever à l’heure actuelle contre l’attribution exclusive à l’hérédo-syphilis de ce même diastème.

Nous allons nous efforcer dans les pages qui vont suivre de rappeler quelle a été l’évolution des conceptions étiologiques du diastème médian supérieur pour parvenir aux conceptions actuelles, elles-mêmes encore divisées.

Nous exposerons les diverses possibilités étio-pathogénique de ce diastème et, tirant de ces conceptions les conclusions que nos réflexions nous aurons permis d’extraire des travaux de nos prédécesseurs, nous nous efforcerons

de fixer dans le temps la position de la question.

HS OR TQUE

Le premier, dans ses leçons cliniques sur l’hérédité syphilitique (1886-1891) A. Fournier parlant des dystrophies dentaires de l’hérédo-syphilis faisait remarquer « qu’il est assez commun d’observer chez les hérédo-syphilitiques des irrégularités d'implantation réciproque des différentes dents... les dents syphilitiques sont parfois espacées d’une façon tout à fait irrégulière, c’est-à-dire, séparées les unes des autres par de larges espaces vides qui constituent comme des lacunes dans l’arcarde den- - taire. Sur nombre de malades, les incisives sont plus largement distantes entre elles. et ce fait contribue à donner un aspect disgracieux à la physionomie ».

Puis Gaucher, en novembre 1913, dans une leçon clinique recueillie par le Docteur Weïssenbach, se basant sur un nombre assez impressionnant d’observations cliniques (15) décrivit le diastème incisif médian supérieur, en fit un signe pathognomonique de l’hérédo-syphilis et, à l’heure actuelle, ce diastème porte encore le nom de «Signe de Gaucher ».

Voici d’ailleurs comment Gaucher s’exprime ;

( Fréquemment l’écartement est le seul stigmate et les

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incisives sont, par ailleurs absolument normales de forme, de dimensions et de direction et les autres dents ne sont atteintes d’aucune dystrophie. l’écartement des incisives médianes supérieures présente précisément une grande valeur diagnostique parce qu’il est souvent le seul stigmate dystrophique d’origine hérédo-syphilitique qu’on puisse retrouver chez un malade.

Mais on peut aussi l’observer associé à d’autres malformations dentaires; l’écartement des incisives médianes supérieures est parfois accompagné de l’écartement des latérales, de l’écartement des incisives médianes infé- . rieures, de l’implantation irrégulière de ces dents pour ne citer que des anomalies de siège.

L’écartement des incisives médianes supérieures est souvent le seul stigmate d’hérédo-syphilis.

Je ne l’ai jamais rencontré que chez des individus

suspects de syphilis héréditaire.

Je l’ai rencontré si souvent chez des individus issus de parents certainement syphilitiques que je le considère comme une dystrophie d’origine hérédo-syphilitique certaine, comme un stigmate d’hérédité syphilitique indiscutable ». |

À la suite de Gaucher l'attention fut attirée sur les dystrophies dentaires et en particulier sur le diastème incisif médian supérieur et l’on en vint à considérer à sout coup ce signe comme pathognomonique de l’hérédo-syphi-

lis.

Les thèses d’Elmudesi (Paris 1918), de Vautrin (Pa- ris 1924), de Mademoiselle Saint-Cène (Paris 1933) ne

firent du reste que renforcer cette opinion.

Stancanelli, conclut également qu’il s’agit d’un signe atténué représentant une dystrophie légère rudimentaire, liée à l’incomplète soudure de la portion centrale du processus alvéolaire supérieur.

Le premier, Dalignand (Thèse Lyon 1936) après avoir rappelé que d’après Mademoiselle Saint-Cène « la syphilis est le plus souvent à l’origine de la lésion, et que parfois le diastème est le résultat d’une hérédité pure et simple de la malformation remontant à plusieurs générations..., ajoute ( ce signe est à discuter car si nous trouvons souvent un écartement des incisives centrales, il n’est pas toujours consécutif à une lésion osseuse. en effet des incisives centrales trop étroites, ayant une situation normale sur chaque maxillaire supérieur, seront écartées inévitablement. Dans ce cas nous avons à faire à un microdontisme et non à un écartement vrai : plus exactement : petites dents dans un grand maxillaire ».

À l’heure actuelle, les stomatologistes sans rejeter complètement la notion d’hérédo-syphilis, font entrer en jeu d’autres facteurs.

Les Docteurs Rousseau, Decelle et Raison dans leur Pathologie Buccale écrivent à ce sujet : « les syphiligraphes ont tendance à rapporter à la syphilis-héréditaire

toutes les dystrophies maxillo-dentaires; l’engrenage vi-

cieux des arcades, la voûte ogivale, le mordex apertus, le prognathisme, l’absence de certaines dents en particulier des incisives latérales, l’espacement anormal des dents, en particulier celui des incisives médianes supé-

riéures.

Il y a là une exagération manifeste. Pour ne parler que de cette dernière malposition il n’est pas douteux que lorsqu'elle coexiste avec d’autres dystrophies, c’est un signe fort probable d’hérédo-syphilis; mais lorsqu'elle existe seule c’est souvent une anomalie de position héréditaire et familiale; d’autres fois l’écartement se fait sous nos yeux et est lié à la chute précoce des incisives latérales temporaires ».

À ces causes ajoutons un facteur mécanique particulièrement important : l’hypertrophie du frein gingivo labial c’est ainsi qu’'Izard, à la suite de Dewey (1918) note que : « cette lésion est à l’origine de presque tous les cas de diastème interincisif ». C’est également l’opinion du Docteur l’Hirondel.

Certains par contre, avec le Docteur Gornouec, refusent :

D'une part : d’attribuer à ce signe la valeur d’un stigmate d’hérédo-syphilis;

D’autre part, considèrent l’hypertrophie du frein labial supérieur comme l’effet et non la cause du diastème, et ne veulent reconnaître comme cause du diastè-

me que l’hérédité et les facteurs locaux.

ETUDE DES DIASTEMES INTERINCISIFS MEDIANS SUPERIEURS

NOTA : L’étude du Diastème Interincisif Médian Supérieur comporte d’abord les remarques suivantes :

1°) Il est pratiquement impossible de tenir compte d’un diastème chez un individu dont la deuxième dentition n’a pas achevé son évolution : c’est-à-dire pratiquement avant l’âge de 14 à 15 ans. Et encore, il est certain que des diastèmes peu marqués peuvent ne disparaître qu'après la mise en place définitive des dents de sagesse.

Gaucher, malheureusement, dans ses observations n’a pas tenu compte de ce fait.

2°) Il ne faut pas admettre comme diastème pathologique un écartement Incisif Médian Supérieur survenu après chute ou extraction d’une ou des deux incisives

latérales.

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