PLAT
Immobilité pupillaire complète à la lumière et à l’accommodation à gauche. Fond d’œil normal.
Les seuls renseignements qu’on puisse avoir sur les antécédents de la malade apprennent que son père a été interné à Sainte-Anne.
La malade a présenté dans l’enfance la rougeole et un épisode fébrile étiqueté grippe.
Le début des troubles actuels remonte à un ictus survenu le 9 avril 1936.
Une ponction lombaire montre : Tension 15 en position assise. Queckenstedt libre. Liquide clair, 6 lymphocytes par millimètre cube, 0,60 d’albumine. La réaction de Pandy est positive, le Wassermann benjoin colloïdal et le Meinicke sont fortement positifs.
On peut donc conclure à une paralysie générale associée à des symptômes d’imprégnation éthylique évoluant chez une débile mentale à hérédité chargée.
À partir du 17 août 1936, apparaissent des crises convulsives avec phases tonique, clonique, morsure de la langue, incontinence d'urine, qui sont suivies d’obnubilation psychique avec amnésie complète et céphalée. Ces crises sont rares.
Le 26 novembre 1936, éclate un violent état de mal, avec crises subintrantes. On pratique une injection intra-veineuse de 20 centimètres cubes d’une solution hypertonique à 10 %, chlorurée sodique et 10 % bromurée sodique. Les crises cessent 10 minutes après l'injection.
Le 27 novembre, l’amélioration est notable et l’on ne note que quelques petites contractions involontaires des avant-bras.
La malade meurt le 18 avril 1937 des suites d’un ictus survenu le 14 avril.
L'examen anatomique met en évidence des lésions à type de méningo-encéphalite diffuse, ainsi que des lésions de cirrhose périportale.
OBSERVATION XXXVIII (Service du D' Gourrov)
Mne E. 38, 62 ans, entre dans le service le 28 mai 1937.
Certificats :
Dr Prcxanp :
Est atteinte de démence artério-pathique. Affaiblissement intellectuel. Réponses à côté peu cohérentes. Obnubilation psychique profonde. Pleurs. Lamentations pauvres. Vagues 1dées de persécution. Incurie habituelle. Notion d’une hémiplégie droite transitoire
NE
avec aphasie, il y a un an. Aurait fait un état de mal épileptique récemment à l'Hôpital Saint-Louis ».
D' Gouriou :
« Est atteinte d’affaiblissement intellectuel d’origine organique. État de mal épileptique récent suivi de troubles confusionnels. Légère amélioration de l'orientation et de la mémoire ».
Dr CHarAGNoN :
« Est atteinte d’affaiblissement intellectuel d’origine organique. Idées imprécises de persécution. N’a pas présenté d’ictus depuis l'entrée. Légère amélioration de l'orientation et de la mémoire. Hémiparésie faciale droite ».
Antécédents :
6 enfants vivants bien portants,
1 fausse-couche,
réglée à 18 ans. Ménopause à 40 ans.
A subi en 1931, une neurotomie rétro-gassérienne pour névralgie faciale droite.
Les troubles actuels ont commencé au début de 1937 par des nausées, des céphalées intenses, paroxystiques, une obnubilation intellectuelle progressive sur laquelle se greffaient des épisodes confusionnels plus intenses.
Rien à noter à l'examen neurologique si ce n’est une anesthésie faciale droite avec hypotomie prédominant dans le territoire de l’ophtalmique.
Tension artérielle : 18 1/ 2-10.
Quelques extra-systoles.
Traces d’albumine dans les urines.
Urée sanguine 0,30,
B.-W. négatif dans le sanget le hquide céphalo-rachidien qui contient 0,71 d’albumine et 2,6 éléments.
Une encéphalographie gazeuse par voie lombaire n’a rien montré d’anormal.
Le 21 juin 1997, la malade présente un état de mal épileptique avec crises généralisées subintrantes extrêmement violentes. Cet état dure depuis { heure lorsqu'on injecte 40 centimètres cubes de sérum salé hypertonique à 20 %. Immédiatement, les crises s’espacent et diminuent d'intensité. 45 minutes après l'injection, la malade a repris connaissance.
Le 25 et le 29 juin, les mêmes faits se reproduisent.
Mais dès le 40 juin, la malade entre progressivement dans le coma et une escarre sacrée se produit. La température s’élève progressivement et la malade meurt le 2 juillet 1937,
11e y À RUE
, . + » . Tode
L’autopsie pratiquée a mis en évidence, dans le cavum de Meckel droit une tumeur pseudo-kystique, de la grosseur d’une noisette, adhérente à l'os, et qui contenait une bouillie grumeuleuse brunâtre.