OBSERVATION XXXIX
(Service du DT BEssièrE)
M. E. 39, 44 ans, est entré dans le service du Dr Bessière, à Saint-Anne, le 3 février 1938.
Certificats :
Dr Duroux.:
« Est atteint de méningo-encéphalite syphilitique probable en évolution. Obnubilation intellectuelle. Mutisme. Palilalie. Dysmnésie progressive depuis { an. Se croit en 1918 ou 1919 au mois de mai. Perte de l’auto-critique. Nie toutes crises malgré les attestations médicales à leur sujet. Ne se reconnaît pas malade. Turbulence incessante dans le service. Syphilis pendant la guerre. Crises épileptiformes depuis 1934. Hémiplégie droite et aphasie transitoires en 1936. Paresse 1rienne. Dysarthrie. Diminution des réflexes rotuliens, Était en observation à la Pitié pour tumeur cérébrale possible. Papilles hyperhémiées avec dilatation veineuse. Absence de stase. Dilatation ventriculaire gauche sans hypertension du liquide céphalo-rachidien.
Liquide céphalo-rachidien : tension : 50-35 en position assise. Albumine — 0,70 — Leucocytes — 12. Benjoin: 22222—22 222 — 21.000 — Meinicke négatif. B.-W. partiellement positif, »
Dr Xavier ABÉLY :
« Est atteint de paralysie générale avec affaiblissement psychique global. Agitation. Dysarthrie. Pupilles très paresseuses. Réflexes rotuliens très faibles ou abolis. Tremblement de la langue et des mains. Paralysies transitoires. Crises épileptiformes. Spécificité contractée pendant la guerre ».
Ce malade a été impaludé le 16 février 1938, il a fait 8 accès. Au cours de l’impaludation, on note un état de mal d’une durée de 4 heures. Le traitement au stovarsol a été institué le 14 mars.
Le 6 avril 1938, à 20 heures : début d’un état de mal violent avec crises subintrantes qui ne cèdent pas au traitement habituel. Le 7 avril, à 10 h. 30, même état, les crises n’ont pas cessé un seul instant. On pratique une injection intra-veineuse de 40 centimètres cubes de sérum salé hypertonique à 20 %. Cinq minutes après, les convulsions s'arrêtent, le malade reste dans le coma sans crise pendant 20 minutes, puis les crises recommencent et l’état de mal per-
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siste maloré le chloral et le gardénal jusqu’au soir du 7 avril. Le malade reste dans le coma jusqu’au 8 avril au soir et le 9 au matin, il est revenu à son état normal.
L’urée sanguine pendant l’état de mal était à 0 gr. 55.
Mie E. 6, dont nous avons rapporté l'observation plus haut présente le 4 juillet 1937 un état de mal avec crises particulièrement violentes se succédant de 5 en 5 minutes environ. Cet état dure depuis 3/4 d'heure environ lorsqu'on injecte 20 centimètres cubes de sérum hypertonique. Les crises s’espacent et en 20 minutes, tout rentre dans l’ordre, la malade reste dans un sommeil comateux d’une durée de 3 ou 4 heures.
Mne E. 10, dont l’observation est rapportée plus haut, présente le 21 septembre 1937, un état de mal qui cède dans des conditions identiques à 40 centimètres cubes de sérum hypertonique intra-veineux.
Mne E,. 31, chez laquelle la thérapeutique régulière par les solutions hypertoniques a échoué, a présenté, par 2 fois, des états d’agitation confusionnelle, avec cris effroyables et crises répétées qui ont cédé l’un et l’autre une demi-heure après une injection intra-veineuse de sérum hypertonique.
Chez ces 7 malades, nous avons observé 12 états de mal qui, tous, sauf un, ont cédé de la même manière, en 20 à 40 minutes, à une injection intra-veineuse de 20 ou 40 centimètres cubes de sérum hypertonique. Nous n’avons donc, dans ces tentatives, observé que des succès semblables à eux-mêmes et ce, même chez des malades auxquels un traitement régulier n'avait apporté aucune amélioration.
-Une de nos malades présentait des états de mal dus à une compression par tumeur, et chez elle, l’action du sérum salé hypertonique contre l’état de mal s’est montrée comparable à celle que nous avons observée dans les états de mal de lépilepsie essentielle.
Un autre malade (Obs. 39) est un Paralytique général de vieille date qui, à l’occasion d’un ictus, a présenté un état de mal prolongé. 40 centimètres cubes de sérum salé hyper-
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tonique à 20 ©, ont arrêté ses crises durant 20 minutes. Il n'a pas été pratiqué de nouvelle injection après la reprise des crises. Il est à remarquer que, dans ce cas, notre intervention a été très tardive après 15 heures de crises subintrantes.
Quelle que soit la solution employée, nos résultats ont été identiques et nous avons observé 92 de résultats favorables.