‹ Essai de traitement de la migraine et de l'épilepsie par les solutions hypertoniques. Étude clinique et expérimentaleChapitre 74 sur 86 · ENT · texte numérisé non relu

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quoique la question de savoir si la vaso-motricité cérébrale est ou non d’origine sympathique ne soit pas encore tranchée, de nombreux auteurs incriminent le système neurovégétatif dans son ensemble, en tant qu’agent principal, de la crise migraineuse. Mais on peut se demander, en outre, si le sympathique peut agir autrement que par des phénomènes vaso-moteurs.

Wilder Penriezn applique à la migraine la théorie des réflexes d’axone invoquée pour ar la projection pariétale de nombreuses algies viscérales, et en particulier de l’angine de poitrine. Pour cet auteur, le trijumeau ne ferait qu’exprimer une douleur à lui transmise par les fibres sympathiques innervantles vaisseaux encéphaliques et les méninges.

D’autres auteurs incriminent une vaso-dilatation localisée cérébrale ou méningée qui serait compensatrice, en quelque sorte, de l’angio-spasme du début. Dickerson a obtenu la disparition des accès par la higature artérielle de la méningée moyenne.

Pour ALAJOUANINE et THuREz, le trouble consiste en une vaso-dilatation active de la circulation méningée, comme lindiquent la céphalée pulsatile, la photophobie, l’hyperacousie, la constatation d’une hypertension du hquide céphalorachidien chez les migraineux en pleine crise, et même la possibilité d’une hémorragie méningée.

A. SALMON pense que la migraine consiste en des crises végétatives, tantôt à type angiospastique, par irritation du sympathique, tantôt à type vaso-dilatateur, par irritation soit du vague, soit des fibres vaso-dilatatrices du sympathique. Pour cet auteur, la douleur serait due à l’hyperhémie artérielle ou veineuse des méninges et à l’hypersécrétion céphalo-rachidienne consécutive à la stase veineuse.

H. Meice cite des cas où la migraine alternait avec des spasmes faciaux avec œdème et poussée vaso-motrice.

On voit donc que les deux théories nerveuses, sympathique et trigéminale, ne s’opposent aucunement de façon absolue. L'hypothèse qui fait intervenir des réflexes d’axone invoque même les deux voies de conduction.

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Théorie liquidienne. — De très nombreux auteurs font. jouer un rôle essentiel à l'hypertension mtra-cranienne.

Bagonnezx et Davip, Heverocx, font intervenir l'hypertension intra-eranienne, dans leurs théories nerveuses.

Serrzer, dès 4904, considère la erise mmgraineuse comme liée à une hypertension imtra-cranienne due à une obhtération brusque et passagère du trou de Monro.

AuerBac, en 4912, imagine que la prédisposition à faire de la migraine résulte d’une disproportion entre la capacité de la boîte cranienne et le volume cérébral.

LozwenTHAz reprend, en 1923, la théorie de SprrzER.

Kennepv, en 1931, reprend une théorie de QuiNCeKE suivant laquelle la migraine serait causée par un œdème angioneurotique des méninges.

D. PauLrran rapporte deux observations de migraine et s'exprime en ces termes : «La crise, à son début, nous fait l'impression d’une crise d’hypertension intra-cramienne, la céphalée, les vomissements, l'attitude dans le ht, les cris hydroencéphaliques, l’héliophobie, sont l expression d'un état d’hypertension avec réaction méningée passagère ».

Paolo Macaxppa (de Messine) cite un cas de migraine avee singuliers troubles psychiques. Son malade avait été violemment commotionné en 1916 (coma de 2 jours). En 1917, il est hospitalisé à nouveau pour une maladie survenue sans cause remarquable : tous les 7 à 8 jours, légère dépression psychique, attaque de migraine avec diffusion rapide de la douleur à tout le erâne, état ontrique hallucinatoire à contenu tragique.

À partir de la 6€ attaque, on traite le malade par la poncton lombaire qui donne issue à un hquide sous forte pression, de composition normale (B. W. négatif). À ‘chaque attaque, on pratique une ponction lombaire et les symptômes vont s’atténuant jusqu’à la 132 attaque qui se résume en une migraine de quelques heures et qui est Ia dernière présentée: par le malade.

Il est mtéressant de rapprocher cette observation de celle de M. L. G. que nous rapportons au début de ce travail. Chez ces deux malades, en effet, on note des attaques migrarneuses avec troubles psychiques importants et dans les anté-

cédents relativement éloignés du début de l'affection, un traumatisme ayant provoqué un coma. Comme le Hole de Paolo MaganDpa, le nôtre fut amélioré par deux ponctions lombaires, et e’est chez lui qu’il nous a été donné d’observer debare les bons effets du sérum salé hypertonique.

J. C. Musso: et Fournier signalent deux observations où des poussées paroxystiiques d’hypothyroïdisme et l’apparition. de migraines étaient simultanées, ils pensent à l’association de phénomènes œdémateux et congestifs frappant le système nerveux eentral.

Pour Hsverocx, quelques cas de migraine vestibulaire peuvent être expliqués par l’exagération de la pression dans les canaux semi-circulaires, ou même à l’intérieur du erâne.

Enfin, en faveur de cette théorie, on peut invoquer un argument clinique : l’analogie entre le syndrome d’hypertension intra-cranienne et la crise migraineuse. En effet, céphalée, vomissements et bradycardie se rencontrent dans l’un et l’autre cas. La photophobie du migraineux est comparable à celle que l’on peut constater chez des malades atteints de réaction méningée avec hypertension du liquide céphalorachidien. Enfin, poussée d’hypertension intra-cranienne et crise migraineuse peuvent se compliquer d’accidents convulsifs, infiniment plus rares, il est vrai, au cours de la migraine.

En dépit de ces opinions convergentes, la théorie liquidienne n’est pas universellement admise. Pour HAGuENaAUu, comme pour SICARD, des examens systématiques au manomètre n’ont pas permis de constater l’hypertension céphalorachidienne au cours de la crise migraineuse. On peut toutefois remarquer que ces constatations négatives n'infirment pas de façon absolue la théorie hypertensive ; en effet, on a rapporté des observations de migraine avec hypertension intra-cranienne et d'autre part, on peut estimer que la pression lombaire et la pression ventriculaire ne sont pas hées de façon rigide. On conçoit, en effet, dans la théorie de SprrzER par exemple, que l’hypertension ventriculaire invoquée par cet auteur peut très bien ne retentir en aucune façon sur

la pression lombaire. j

PLV LS IT, — La maladie migraineuse

Pour qu'une crise migraineuse se produise, il faut un terrain préparé fait de dysfonctionnements multiples et qui facilite l’apparition de l'accès s’il ne la crée pas de toutes pièces.

E. J. Sreczirz concrétise bien cette notion en étudiant ce qu’il appelle le « physique des migraineux ». Pour lui, les caractères prédominants chez les migraineux sont : une instabilité vaso-motrice considérable, une importante diminution de la résistance à la fatigue, une stabilité thermique remarquable. D'autre part, le migraineux serait, plus qu'un autre, résistant à l'infection et apte à acquérir des immumités actives.

À. C. GurzraumE estime que la maladie migraineuse est constituée par deux éléments dont l’un est fondamental, permanent et habituellement silencieux : le terrain, l’autre épisodique, intermittent : les accès. Pour cet auteur, la migraine serait la conséquence de troubles digestifs, hépatiques, oculaires, névropathiques, à condition que ceux-ci rencontrent un terrain préparé par l’hérédité.

Tous les auteurs sont d'accord pour admettre l’'hérédité migraineuse, cependant, les anciennes statistiques qui allaient jusqu'à admettre (Morgius) 90 %, d’hérédité directe, paaissent actuellement exagérées. Pasreur-VAzLERy-RADporT et HampurGer estiment plus près de la réalité une statistique de SouLzA qui admet 22 % d’hérédité directe.

Beaucoup d'auteurs ont soutenu qu'il s'agissait d’une hérédité matriarchale ; au contraire, 1l semble ressortir des travaux américains qu'il s’agit plutôt d’une hérédité mendehenne obéissant à la loi des quarts.

Ricnarps et BAzYEAT, considérant la migraine comme une manifestation de nature allergique, ont recherché Îa répartition! familiale de l’ensemble des troubles allergiques. Pour eux, la migraine non seulement obéit bien auxlois de MENDEL mais encore, est interchangeable avec d’autres manifestations allergiques dans l'arbre généalogique des familles qu'ils ont étudiées.

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Manifestations psychiques. — On a voulu définir chez les migraineux un état psychique particulier. Touraine (G. A.) et Draper (G.) ont décrit une individualité psychique propre au terrain migraineux : sur un terrain de dégénérescence mentale héréditaire, la migraine relèverait d’un conflit existant dans l’esprit de l’enfant au moment où se développe son individualité propre. Pour ces auteurs, cette théorie qu’ils appuient sur des arguments psychanalytiques expliquerait l’échec de toute thérapeutique dirigée contre la migraine. La théorie psychogénétique ainsi exposée nous paraît méconnaître les éléments physiologiques que l’analyse clinique et thérapeutique met de jour en jour de plus en plus en valeur.

MixGazzint a parlé, en 1895, de dysphrénie hémicranique transitoire. Beaucoup d’auteurs, italiens pour la plupart, ont, après lui, rapporté de très nombreuses observations de migraines accompagnées de troubles psychiques. Au contraire, les auteurs allemands (et parmi eux KrAFFT-EBING), anglais, américains, russes (Kovarewsxr), français avec Pasieur- Vazrery-Rapor et HamBurGEr, pensent que de très nombreux cas cités comme migraine psychique ne doivent pas, en réalité, être rattachés à la migraine. Pour ces auteurs, on ne peut parler de manifestations psychiques migraineuses que lorsqu'une migraine typique s’accompagne secondairement de troubles psychiques, soit à type d’anxiété, soit à tÿpe confusionnel plus ou moins intense.

G. Renarp et Pascal Mexpoyran, étudiant la migraine ophtalmique, ont constaté que beaucoup de leurs malades étaient des hyperémotifs présentant une instabilité de l’humeur relativement considérable. Ils pensent « qu'il faut envisager les prodromes psychiques ciassiques de la migraine ophtalmique comme le chaînon unissant, d’une part, l'instabilité psychique, et de Pautre, les manifestations plus graves étudiées sous le nom de migraine psychique ». Ces prodromes seraient, pour ces auteurs, rarement à type d’euphorie, plus fréquemment à type dépressif et anxieux, ce ne serait là, d’ailleurs, que la manifestation clinique de l’exagération de l'instabilité émotive présentée en tous temps par la plupart des migraineux.

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Modifications humorales. — Les recherches qui portent sur les modifications humorales, soit permanentes, soit apparaissant seulement dans la période pré-critique ou pendant la crise, aboutissent à des résultats contradictoires et ineertains qu al s agisse de recherches chimiques ou biologiques, il est à peu près impossible de tirer des eonclusions qui puissent préciser nos connaissances quant aux mécanismes NM graineux.

D. Pauzr AN rapporte deux observations de muigrame avec augmentation nette du taux de la cholestérine.

RémoxD et RouzauD ont pratiqué chez 46 sujets migraiïneux le dosage du cholestérol sanguin, ils ont observé des chiffres habituellement éievés mais on sait combien est fréquente chez le sujet normal la constatation d’une hypercholestérolémie.

Mac CLiure et HunrsiNGer ont constaté que l'indice d'iode du cholestérol sanguin'était abaissé chez les migraineux. Ils pensent qu’il s’agit de modifications dans 1a consütution chimique du cholestérol sangum de ces malades.

ScHRôDER, étudiant le métabolisme azoté des migraineux, conclut que la régulation ammomiacale de l'organisme est normale chez ces malades.

Pasrsur-VazLery-Rapor et Laupar ont constaté chez 10 malades des taux d’urée sanguine inférieure à 0 gr. 50, avec un taux d'acide urique normal ou même abaissé.

RémonD et RouzaAup, au contraire, ont observé chez 46 malades, une élévation fréquente du taux de Purée, de l’azote résiduel et de l'acide urique dans le sérum sanguin.

Les recherches qui ont porté sur la eholémie, le taux du calcium et du potassium sanguin sont contradictoires et 1l est impossible d’en tirer des conclus'ons.

La glycémie est le plus souvent normale chez les MIgTraIneux.

Les recherches qui ont porté sur la formule sanguine ont permis de constater le plus souvent une éosinophilie légère.

Le liquide céphalo-rachidien est habituellement normal, SICARD signatie quelques cas où il a constaté une légère hyperalbunmunose.

Aux approches de la crise et pendant celle-ci, on peut noter

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des modifications plus importantes. GErson constate une diminution de Félimination chlorurée dans la période préparoxystique.

Wersmann-Nerrer et Mme Wuismanxx ont mis en évidence chez deux malades une augmentation considérable de la réserve alcaline dans la période pré-paroxystique.

Ter, Wesrrmauz et VALENCE décrivent un état d’alcalose urinaire précédant la erise.. Cependant, l'épreuve de , l'hyperpnée qui provoque une alcalose prononcée n’aboutit à une crise migraineuse que dans: des cas assez rares et GErson écrit que Pépreuve n’a de succès que si elle est pratiquée chez des sujets déjà en instance de erise.

Les recherches qui ont porté sur les modifications de la formule sanguine, la pression artérielle, Les urines dans la période préparoxystique ou paroxystique, ont donné des résultats inconstants et très souvent contradictoires et l’on peut conclure comme Pasreur-Vazzery-Rapor et Ham- BURGER : € Ainsi, l'étude des humeurs des migraineux pendant la période qui précède la cerise reste bien décevante, elle montre, certes, dans un certain nombre de cas, des modifications humorales qui marquent que l’accès de migraine n’est pas Hnuté au cortex encéphalique ; il s’agit d’une crise générale. Mais, outre que ces modifications restent encore très imparfaiiement connues, elles apportent peu d’éléments capables d'éclairer l’étiologie des accès ».

Rôle du Système neuro-végétatif. — Nous avons vu plus haut quel rôle pouvait jouer le sympathique dans le mécanisme intime de la cerise, on s’est demandé depuis longtemps si le système végétatif, dans son entier, n’intervenait pas dans le retour des accès.

Canrizo, Mückx, considèrent qu’il existe chez les migraineux une hypersympathicotonie permanente. Mück appuie son opinion sur les résultats du test nasal à l’adrénaline : après badigeonnage de la muqueuse du cornet imférieur avec une solution d’adrénaline à 1 /1.000, un trait de sonde à ce n1veau fait apparaître une raie rose chez les sujets normaux alors qu’une raie blanche se produit chez les migraineux.

Au contraire, bien des auteurs s’élèvent contre cette con-

ception : Pasreur Vazzery-Rapor, Jacques Duraxp et Bramourier, contestent l'interprétation donnée par Mück au test à l’adrénaline. Philip Socomon mesure l’activité du sympathique par la résistance cutanée électrique et conclut qu'il semble que la migraine ne soit pas en rapport avec un dysfonctionnement général du sympathique.

Souques, SANTENOISE et de Massary, ont étudié le réflexe oculo-cardiaque et le réflexe solaire qu'ils trouvent faible ou nul chez plusieurs migraineux. Ils concluent à l'existence chez ces malades d’un état végétatif de base hypovagotonique avec crises paroxystiques d’exacerbation parasympathique précédant les accès céphalalgiques. Chez les sujets hypovagotoniques, la pénétration dans l’organisme d’une substance shockante ou l’apparition d’un état toxique, provoque une vagotonie passagère à la faveur de laquelle de nombreuses substances coiloïdoclasiques ou toxiques pourront provoquer des effets pathologiques intenses.

Pasreur-VazLEry-RaDpor et HAamBurGEr ont constaté que les tests pharmaco-dynamiques classiques sont impuissants à mettre en évidence un état FANRSEURENSRNE chez les migraineux.

L. Van Boë AERT, J. HELsMooRTEL et L. BAUWEN, rapportent des dbseiyations d'attaques de vertige de Ménigre, de migraine, alternant les unes avec les autres, et aussi, avec des angiospasmes cérébraux plus ou moins étendus, ils concluent qu'il existe chez leurs malades

un facteur constitutionnel sous la forme de malformations d’origine embryonnaire et qui règle la topographie des spasmes ;

des facteurs déclenchant l’accès, et parmi eux, des oscillations brusques du tonus végétatif ou des variations de l’activité neuro-elandulaire.

Ricurer a publié deux observations de migraine chez des sujets porteurs d’une tumeur du médiastin ; il attribue les accès à l’englobement, par le néoplasme, dû sympathique thoracique.

Les arguments thérapeutiques sont, eux aussi, discutés : Jonnesco, Desrez (de Laiége), Hezwic, Vrrzer, Sicarp et Jacques Lermoyez, ont obtenu des sédations importantes

par des interventions portant sur le sympathique et, en particulier, par la dénudation de la carotide primitive, de la Garotidé externe jusqu'à l’origine de la linguale et de la carotide interne aussi haut que possible, voire même par la dénudation de la temporale.

Wizper PENFIELD, au contraire, publie en 1932 trois cas sur lesquels la sympathectomie unilatérale — avec ablation du ganglion cervical supérieur — ne supprimait pas les crises, tandis que la neurotomie subtotale du trijumeau arrêta net les accès.

Enfin, on a cité de nombreux cas de migraines provoquées par une émotion. On sait que les recherches sur les phénomènes physiologiques qui accompagnent les émotions violentes ont montré que le chaînon principal reliant entre eux tous les phénomènes observés serait l'excitation du sympathique avec, pour corollaire, augmentation de la sécrétion drone par les ON Se longuement décrit les modifications du rythme cardiaque et respiratoire, l’inhibition des fonctions digestives et des sécrétions externes. Vuzpran insiste sur la vaso-constriction cutanée avec vasodilatation abdominale. Caxnox signale une hyper-irrigation des poumons, du cœur, du système nerveux central ct une hypo-irrigation des organes abdominaux. Tous ces arguments viennent encore renforcer l'hypothèse qui permet de considérer la crise migraineuse comme un brusque déséquihbre du système neuro-végétatif ; cependant, la variabilité des résultats observés chez un même malade, à des périodes différentes, permet de conclure avec Pasreur-VALLERY- Rapor et Hamgurcer que « m les recherches sur le spasme vasculaire cérébral, ni les travaux cliniques sur les migraines, ne permettent de mettre de façon certaine la erise migraineuse sous la dépendance du sympathique ».

Glandes endocrines. — L'hypothèse qui tend à mettre la migraine sous l'influence directe du système endocrinien est neo Souvent, en effet, on constate une corrélation entre Îa enr Mo des accès et le dysfonctionnement de telle ou telle glande.

Beaucoup d’auteurs dont Liveine, Lasècue, Léopold Lé-

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Treces, Lumrs, ont voulu rattacher la mugraine à um trouble ovarien en raison de 1a fréquence avec laquelle on note un dysfonctionnement ovarien chez les migrameuses. Tantôt, on observe des migraines après la castration, ét qui sont, très souvent, améliorées par des extraits Ovariens, tantôt, au contraire, la castration ou la ménopause guérissent la migraine, On sait que la migraine menstruelle survient le plus souvent immédiatement avant les règles, au plus tard pendant le 2e jour de celles-ci. Ces migraines disparaissent au cours de la grossesse et cessent aprèsla ménopause.

Tous ces faits permettent de penser que des troubles da fonctionnement ovarien peuvent jouer un rôle dans da reproduction des aecès.

Les relations de la migraine avee le fonctionnement #hyroïdien ont été mises en évidence par APerr, CHaRRIX, Rir- BIÈRE, BOUvEYRON, CaRLEs, GAUTHIER, de CHAROLLES, Consrezio, Franz, Borrex, et l’on peut considérer aetuellement comme démontrée l’existence de migrames hées à l'insuffisance thyroïdienne.

Pour Léopold Lévr, presque toutes les mmgraines sont d'origine endocrinienne et surtout, les migraines de l'enfant. IL appuie son opinion sur la fréquence des petits signes d’hypothyroïdisme et d'instabilité thyroïdienne et surtout, sur les bons effets de la thyroïdo-thérapie qu'il estime être la médieation de choix de la migraine commune et des aecidents fluxionnatres du neuro-arthritisme, il considère que le traitement thyroïdien est à la fois régulateur du métabohsme et anti-anaphylactique.

G. Maranon suppose que l'élément fondamental de Ja migraine consiste en une perturbation nerveuse neuro-végétative constitutionnelle et héréditaire analogue à Ja RER sition épile ptique, et à la prédisposition asthmatique, il ne

s’agit mi d'hypo, ni d’hyperfonctionnement endocrinien, mais de déséquilibre, Le traitement thyroïdien agit comme un régulateur,

C. L Parnox estime que le traitement thyroïdien et patathyroïdien modifie le terrain, de même que le bromure, le

gardénal, Ja papavérine, et les analgésiques ‘habritaels ‘qui

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agissent surtout contre les accès, modifient d’une façon durable l'excitabihité cérébrale et finissent par retentir ainsi sur la rvépétruon ‘des accès.

Jacossonx, VerLesen, ont constaté, ainsi que Léopold Léva, l'apparition de migraines au cours de l’évolution d’une maladie de Basedow. |

FRAENKEN a rapporté six cas de migraines améliorées par nvadiation de la thyroïde.

Pour Jacques Sépriror, le substratum anatomique de Ja crise de migraine est une poussée congestive soudaine et temporarre intéressant parfois la totalité, et le plus souvent, une moitié seulement de l’hypophyse en liaison très fréquemment avec un important trouble hépatique.

Beaucoup d’autres auteurs ont soutenu cette théorie et. apportent à son appui des observations de modifications du champ visuel au cours de la crise migraineuse. Parmi eux, Erxexxe, Drougr et Gauzr, ont publié un cas de migraine avec rétrécissement du champ visuel pour le blane et Île rouge, pendant la crise.

D'autres auteurs admettent, outre eette action mécanique, une action sécrétorre.

Times rapporte qu'il a trouvé dans les antécédents héréditaires de nombreux migraineux, des cas de gigantisme hypophysarre, on sait, d'autre part, les bons résultats obtenus par l’opothérapie hypophysaire.

On a recherché dans les urmes des migraineux, par la réaction de Zonnek, la présence de principe hypophysaire. Rice, Bricxner et Kuzrok, ont constaté l’éhmmation du prolan hypophysaire dans la période qui précède immédiatement la crise.

Drougr, Marmieu et Corzessow, ont démontré l’élimination de principe post-hypophysaire dans les urines des mipraineux avant, pendant et immédiatement après la crise.

En conclusion, on peut admettre que les dysfonctionnements endocriniens que l’on constate si fréquemment chez les migraineux ont certainement un rôle dans la production et le retour des accès et on peut les considérer comme faisant, en quelque sorte, partie intégrante du terram migraineux. Mais la diversité des résultats enregistrés, dont le bref ré-

sumé des quelques travaux que nous rapportons donne une faible idée, tend à faire penser que si le déséquilibre endocrinien joue un rôle important chez le migraineux, on ne saurait sans forcer les faits en faire le primum movens de toute migraine. À plus forte raison, vouloir incriminer une glande et une seule nous paraît une contre-vérité.

Troubles des fonctions hépato-digestives. — Les perturbations portant sur le tube digestif des migraineux et les relations qu’elles peuvent avoir avec la reproduction des accès, ont été depuis longtemps étudiées et commentées.

KezLoc, en 1895, incrimine une mauvaise digestion des albuminoïdes.

Brown, Box», Mixor, soulignent l'importance du rôle joué par les hydrates de carbone.

Pasreur-Vazcery-Rapor et HamBurGEr ont observé la disparition des crises par la suppression, dans le régime alimentaire, de la viande, du poisson et des œufs.

LASÈGUE avait remarqué que ce ne sont pas les gastropathies graves qui sont en cause chez les migraineux, et il écrit en 1884 : « Il existe, à côté ou plutôt au-dessous de la grande pathologie de lestomac, une petite pathologie expulsée des traités classiques, mais qui oceupe une place importante dans la pratique médicale. C’est à ces troubles multiples, mal classés, qu'il faut s'adresser si l’on veut avoir une notion exacte de la solidarité du mal d'estomac et du mal de tête MISraAINEUX )».

A. C. GuiLLauMe conclut une étude sur le mécanisme physio-pathologique de la migraine, en soulignant la prépondérance du facteur hépato-biiaire.

Le facteur joue un rôle indiscutable et, dans certains cas; il est au premier plan du tableau clinique, à tel point qu’on a pu décrire une migraine hépato-bihaire.

SÉDILLOT pense que dans 90 % des cas, la migraine relève d’un dysfonctionnement hépato-biliaire. Dramonn publie une stalistique qui confirme cette hypothèse ; 91 9%, de'ses malades présentaient une cholémie exagérée. G. Faro trouve de la congestion hépatique chez 24 % des migraineux.

G. Ertenxne et L. Cozcesson publient 75 observations de

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migraineux. Chez tous, ils ont trouvé des signes d’atteinte hépatique. Tous leurs malades ont été améliorés par le traitement hépatique mis en œuvre.

Carray et Trisoucer observent, en 1925, que certaines migraines sont très améliorées par le tubage duodénal.

Pasreur-VaLLery-RaporT et BLamourTier ont tenté de prévoir par l’examen clinique quels malades réagiraient à ce traitement et ils sont arrivés ainsi à isoler et à décrire un type clinique bien spécial : la migraine biliaire. Ils insistent sur la fréquence et l’abondance des vomissements, sur leur aspect bilieux et sur le fait qu’ils soulagent la céphalée. D'autre part, en dehors des crises, les malades atteints de migraine biliaire présentent des signes de dyspepsie rebelle, et souvent, des poussées subictériques. Tous ces symptômes s’exagèrent dans la période pré-critique et disparaissent à peu près complètement après la migraine.

Pour E. AuBerrTin, de Bordeaux, le facteur capital de toute migraine serait la stase bihiaire. La crise serait due au passage, dans les humeurs, de substances toxiques ou shockantes, par suite de l’insuffisance fonctionnelle du foie et notamment, de son rôle sur le métabolisme azoté. Pour cet auteur, la plupart des migraines dites anaphylactiques ne reléveraient, en réalité, que de ce mécanisme.

On voit donc que si les opinions des différents auteurs varient sur le mode d’action des troubles hépato-digestifs, tous admettent comme certaine leur existence. Enfin, il est difficile de faire le départ, dans certains cas, entre les manifes- . tations anaphylactiques dues à l’ingestion de tel ou tel aliment, et le simple dysfonctionnement hépato-digestif.

Migraine et anaphylaxie. — Les rapports entre l’anaphylaxie et la migraine sont actuellement extrêmement discutés. Pacnwiez et À. Nasr écrivent, en 1920, que la crise de migraine peut être provoquée par l’ingestion de certains aliments qui agissent à la façon de cause toxique du type anaphylactique. Il n’est pas surprenant de voir la migraine guérie ou suspendue, chez certains malades, par une thérapeutique basée sur les principes de l’anti-anaphylaxie ali-

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mentaire. Cette méthode, parfois inefficace, peut donner une désensibilisation temporaire ou définitive. Ces auteurs rapportent l'observation d’un malade qui avait remarqué que le chocolat était capable de déclencher, chez lui, une migraine. Ïls ont tenté, à diverses reprises, de provoquer une crise par lingestion de chocolat, 1ls ont essuyé plusieurs échecs au cours desquels la formule sanguine est restée absolument normale après le repas d'épreuve. Le 31 octobre 1919, ils font ingérer à leur sujet à jeun : 200 grammes de pain, 25 grammes de beurre, 200 grammes de lait et 60 grammes de chocolat. Deux heures 45 après le repas, ils constatent une chute leucocytaire intense (de 6.000 à 3.700). Quelques heures après, apparaît un état nauséeux, puis, une véritable migraine expérimentale s’installe.

Boucné et Husrix ont décrit des modifications de la formule et de la crase sanguine qu'ils réunissent sous le nom de shock vaso-trophique. Ils retrouvent ce shock vaso-trophique dans l’urticaire, l’asthme et l’épilepsie, et l’ont constaté souvent au début des crises migraineuses.

Rocu, de Genève, rapporte un cas de migraine amblyopique avec floculation des milieux oculaires, les attaques migraineuses de son malade semblaient dépendre d’une sensibilité anaphylactique à l'œuf.

Pasreur-VazLery-Rapor et HamBurGer s'élèvent contre cette manière de voir. Pour ces auteurs,les migraines anaphylactiques constituent un type étiologique rare. [ls appuient leur opinion sur des constatations cliniques, on ne constate à peu près Jamais le retour des crises à chaque con- Lact du sujet sensibilisé avee lantigène sensibilisant. Ce n’est seulement que de temps à autre que ce contact déclenche l'accès. Les tests habituels et l'épreuve de PrAusNITz- Küsener qui démontrent la sensibilisation d’un sujet à tel ou tel antigène, ne sont pas toujours retrouvés dans bien des cas étiquetés migraines anaphylactiques.

Ils font cependant une réserve à leurs conclusions et écrivent : Q1l est possible que de nombreux sujets soient sensibilisés non pas aux aliments eux-mêmes, mais à une protéine de désintégration, hypothèse qui expliquerait que

les tests biologiques d’anaphylaxie tels que nous les pratiquons, soient, en général, négatifs dans les migraines ».

Ainsi done, la question du rôle joué par les phénomènes colloïdo-classiques dans la migraine est actuellement extrêmement controversée. Cependant, le fait qu’on ait pu individualiser des cas, rares ou fréquents suivant les auteurs, de migraines nettement anaphylactiques, ainsi d’ailleurs que la réserve formulée par Pasreur-Vazzery-RADorT et HamBurGer à leurs conclusions, nous incite à penser que les troubles de l’équilibre colloïdal sont fréquents chez les migraineux et qu’une des caractéristiques importantes du terrain migraineux doit être une instabilité colloïdale à rapprocher de celle des asthmatiques.

Quoi qu’il en soit, on peut invoquer comme cause déclenchante des séries de perturbations qui aboutissent à la crise migraineuse, le passage, dans les humeurs, d’une substance toxique exo ou endogène, passage facilité ou même créé de toutes pièces par les déficiences digestives, hépatiques, glandulaires, humorales ou nerveuses, inhérentes au terrain migraineux.

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