‹ Essai de traitement de la migraine et de l'épilepsie par les solutions hypertoniques. Étude clinique et expérimentaleChapitre 8 sur 86 · OBSERVATION DE M. L. G · texte numérisé non relu

OBSERVATION DE M. L. G

M. L. G., né en 1899, entre à la maison de santé le 10 décembre 1932 pour une série de troubles de la sensibilité subjective et des impulsions à fuguer. L’hérédité de ce malade est lourde, il est fils unique, son père, alcoolique et fugueur, s’est suicidé à l’âge de 32 ans, par pendaison.

Dans les antécédents personnels du malade, on note deux traumatismes craniens en 1915 et 1918 (pariéto-occipitaux droits) qui ont provoqué : le 17€, un coma de 7 heures, le 2€, un coma de quelques heures suivi d’un état confusionnel de 6 jours.

Depuis cette époque, le malade s’est livré, par intervalles, à des excès alcooliques.

En 1927 : un zona thoracique droit, — quelques poussées de furonculose intercurrentes.

A partir de 1928, débutent les troubles qui ont amené le malade à consulter. Ce sont d’abord des troubles du caractère à type paranoïaque : défiance, craintes vagues de préjudice, humeur sombre et taciturne en permanence. Sur ce tableau permanent, viennent se greffer de temps à autre des périodes d’exaltation, de gaité immotivée, d’hyperactivité intense, qui durent quelques jours. Peu à peu, les troubles évoluent, et en 1930, apparaissent des fugues d’une durée de 48 heures en moyenne.

En 1932, ces fugues sont devenues si fréquentes que le malade se décide à entrer à la maison de santé. Les choses se sont, à ce moment, systématisées très nettement, et l’on peut diviser les troubles qu'il présente en trois phases :

La première phase dure de 24 à 72 heures, elle est caractérisée par une hémicéphalée droite intense, continue, lancinante, avec des paroxysmes extrêmement douloureux, par une amblyopie de l'œil droit, par un état nauséeux, par des troubles vaso-moteurs avec rougeur intense de toute la face prédominante à la partie supérieure de l’hémiface droite et en particulier, à la conjonctive de l'œil droit, par de la bradycardie à 50 environ, enfin, par une bradypsychie progressive aboutissant à un état subconfusionnel d’où une seul idée à type d’obsession-impulsion émerge : «il faut partir ».

La deuxième phase qui survient immédiatement après la première consiste en une fugue. Le malade sort de chez lui, se rend à Paris

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(il habite Orléans) et là, pendant 2 ou 3 jours, erre sans but, conservant cependant un habitus extérieur suffisamment normal pour ne jamais avoir eu d'incidents avec la Police. Il se livre cependant à des actes incohérents, un jour d’été, il se rend dans un poste de Police, déclare aux agents qu’il fait chaud et qu'ils doivent avoir soif, va commander de la bière dans un débit voisin et trinque avec le Poste sans aucune raison valable.

Une autre fois, il rentre de Paris à Orléans en taxi et, arrivé devant chez lui, signe un chèque au conducteur et lui dit : (tu écriras toi-même sur le chèque la somme que je te dois, quant à moi, ça ne m'intéresse pas ».

Dans une troisième phase, le malade, sitôt rentré chez lui, tombe dans un sommeil comateux qui dure une trentaine d'heures. À son réveil, 11 ne garde de sa fugue qu’un souvenir très flou et très fragmertaire : l’histoire du chèque en blanc nous a été racontée par la femme du malade à laquelle le chauffeur vint le rendre. Le malade, lui, n’en a gardé aucun souvenir et s’est montré très surpris lorsqu’on lui a mis entre les mains un chèque signé par iui au nom de M. X. chauffeur de taxi, et dont 1l avait laissé le montant en bianc.

La fugue de la deuxième phase ne se produit pas toujours, elle est remplacée perfois, tantôt par une crise comitale généralisée unique, tantôt par un état de mz21 d’une durée de quelques heures.

Entre les crises, le malade est calme, triste, d’un naturel sobre, il a de temps à autre des impulsions dypsomaniaques au cours desquelles il absorbe des quantités considérables d'alcool.

Au moment où nous le voyons, les périodes intercalaires normales sont de très courte durée, 3 à 4 jours au plus. Au cours de la première phase douloureuse, il demande à ce qu’on le protège contre lui-même en s’opposant à la fugue qu’il sent imminente, mais lorsque l'impulsion survient, il devient extrêmement violent si l’on cherche à s’opposer à la réalisation de son désir de fuite.

A l’examen somatique, on ne note que peu de choses : aspect floride, tendance à l’obésité (poids 81 kilogrammes, taille 1 m. 62). Foie augmenté de volume, régulier, un peu douloureux à la pression. L'examen neurologique révèle une très légère hypotrophie gauche, quelques secousses nystagmiques dans le regard latéral droit avec hypoacousie droite. Douleur provoquée par la pression au point d’émergence du grand nerf occipital d’Arnoïld droit.

Outre les crises que nous avons décrites, le malade présente, très rarement d’ailleurs, des vertiges et parfois, de l’énurésie nocturne.

Il a été pratiqué, en 1932 et au début de 1933, deux ponctions

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